Dans la série cadeaux professionnels, plusieurs de mes fournisseurs m’ont récemment offert des moon-cakes.
Mais quesako me diras-tu, toi qui parle mieux le patois que l’anglais ?
Vers l’arrivée de l’automne, notion qui n’a aucun sens en Malasie, donc disons plutôt, vers septembre, selon le calendrier lunaire, arrivent le Moon Cake Festival, ou encore festival de la mi-automne ou fête de la lune, qui est, après le nouvel an, le deuxième plus important des innombrables festivals chinois qui ponctuent l’année. En Malaisie, il s’agit aussi du festival des lanternes, mais là, si tu l’permets, j’vais plutôt te parler des moon cakes, ou gâteau de lune comme on dit dans la langue de Pierre Arditi.
A cette occasion, les Chinois s’offrent et mangent des moon cakes, sorte de gâteaux ronds comme une lune, avec un beau symbole chinois dessus dont je connais toujours pas la signification, fourré entre autre à la pâte de Lotus, de soja à la purée de haricot rouge ou autre excentrique garniture. Le fin du fin, c’est d’avoir un œuf pourri, cuit heureusement, au cœur du gâteau. Les Chinois raffolent de ce mélange sucré-salé. Pour ma part, j’aime mieux que les choses soient clairs : un gâteau, c’est sucré. Point. Pas d’œuf siouplait ! Mais comme de toutes façons tout est marqué en chinois, j’ai parfois des surprises.
A l’origine, ils se servaient de ces gâteaux pour faire passer des messages cachés. C’est paraît-il comme ça que fut organisée la révolte des chinois Han contre la dynastie mongole Yuan. La guerre étant temporairement finie, le message est remplacé par un œuf pourrite.
Ces moon cakes ont aussi la fâcheuse tendance d’être ultra calorique. Bien que mesurant moins une dizaine de centimètres de diamètre – plutôt petit pour une lune – ça suffit à nourrir une famille complète, y compris les grands parents, pendant une bonne semaine. Alors, oui, les Chinois sont petits et n’ont généralement pas beaucoup d’enfant, mais quand même ! Je serai d’avis qu’on remplace les rations de survie dégeux qu’on trouve dans les radeaux de sauvetage par ces moon cakes plus parfumés et tout aussi nourrissant.
Tous à vos balances !
mardi 25 septembre 2007
Moon Cakes Festival
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lundi 3 septembre 2007
Ma peau de chagrin
Dans leur boulot, certains reçoivent des cadeaux du genre publicitaire : tee-shirt, stylo, montre, pin’s à une certaine époque, généralement sérigraphié de façon plus ou moins discrète ; d’autres reçoivent des pots-de-vin en espèce ou en nature ; enfin, certains ne reçoivent rien du tout. Mais combien d’entre vous ont reçu un cadeau vraiment original ?
Un des gars de mon équipe, dont je vous ai déjà parlé m’a gentiment offert un souvenir made in Bornéo : un chat léopard, qu’il a bravement chassé, tué, dépessé, mangé et dont il a patiemment tanné la peau pour me l’offrir.
C’est-y pas mignon ? Il m’a suggéré de la tendre sur un cadre, m’assurant que ça ferait une décoration du meilleur goût dans mon salon.
N’empêche que, aussi honoré et touché que je sois par un tel cadeau, je suis bien emmerdé ! D’une part parce que ça fout la pétoche aux nanas qui daigneraient venir dans mon appart, mais aussi, parce que c’est bibi qui risque de finir au trou pour trafic de fourrures d’espèces protégées si j’essaye de la ramener en France.
Depuis l’épisode du pangolin, j’avais un peu zappé l’histoire du bibelot en peau de machin. Il m’a tristement annoncé que son beauf lui avait embarqué la peau du dit-pangolin qu’il trouvait très assortit à la table de sa cuisine ! Quand on sait que la région d’où vient Joachim est célèbre pour ses tribus de chasseurs de tête, j’commence à me faire du souci pour la mienne, de peau.
En attendant de trouver mieux, Isidor – le chat léopard un peu mort – a élu résidence sur un des accoudoirs de mon canapé. Si vous avez une meilleure suggestion, je suis preneur !
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samedi 1 septembre 2007
Marins en lutte
Un cocktail à l’ambassade…encore ! Un ministre en visite …encore ! Du champagne et des petits fours…encore !
Et toujours les mêmes discussions :
- Et sinon, vous faites quoi dans la vie ?
- Euh, bein, je fais des barrages (pour faire simple). Et vous ?
- Avant j’étais plongeur-démineur, nageur de combat… et maintenant, je suis Capitaine de Frégate sur « le Var ». Nous sommes amarrés à Port Klang
- Ah ! Quand même ! Ça claque, ça !
- Ca vous direz de venir faire la fête sur le bateau avec nous ce soir ?
- (…)
- On vous emmène et on vous ramène !
- (…)
- Il y a plein de champagne à bord !
- (…)
Bon, ok, j’exagère un peu mais faut m’excuser, j’ai quand même passé deux ans à Marseille. Ca laisse des traces. Ceci est loin d’être une discussion ordinaire. C’est le genre de proposition qu’on ne reçoit pas tous les jours. C’est vrai qu’avec tous ces gars en uniforme blanc, on aurait put se douter de quelques chose. Mais de là à les suivre pour faire la bringue sur un gros bateau, au frais du contribuable – vous, toujours pas moi – y a quand même de la marge. Et puis, sans vouloir être de mauvaise langue, je pense qu’être en compagnie de jolies jeunes filles a contribué un peu (beaucoup) à la spontanéité de l’invitation du commandant.
Bref, après avoir remercier l’ambassadeur, nous nous éclipsons en compagnie de ces gars de la Marine, direction Port Klang. Permission de monter à bord ? Accordé ! C’est très important de respecter le protocole.
La soirée commence – ou se poursuit – par un autre cocktail sur la plage arrière du bateau. Celle-ci est suffisamment grande pour recevoir plusieurs centaines de personnes, une piste de danse, quelques canons et un hélicoptère. Après quelques coupes, le comandant vient nous proposer une visite du navire, que nous acceptons bien volontiers. Puis, en sortant du poste de commandement, nous nous voyons inviter à rejoindre l’amiral (oui, parce que ce bâtiment héberge aussi l’état-major de la zone Océan Indien) dans son carré. Nous sommes en petit comité, en compagnie d’attachés d’ambassade un peu plus décontractés qu’au cocktail. Au menu, champagne, fromage et excellent vin rouge. Dans la Marine, on sait recevoir.
J’en profite pour réviser mes leçons sur les grades et la hiérarchie – ce sur quoi je ne suis toujours pas au top. Quelques coupes plus tard, le commandant nous fait signe de le suivre dans le carré des officiers où l’ambiance est, paraît-il, plus jeune et plus festive. Il ne nous a pas mentit. Nous entrons pile au moment ou ces officiers, dont la plus part on pratiquement notre age, entonnent gaiement, bien que nous soyons le 1er Septembre, « Le 31 du mois d’Août »
Je passe vite fais sur les anecdotes diverses qui ponctuent la soirée. Comme j’aime à mentionner que le monde est ridiculement petit et que j’aime encore plus argumenter sur ce sujet, je me permets d’ajouter que j’ai rencontré sur ce navire, un gars avec qui j’ai fait une partie de caps il y a 4 ou 5 ans, et qui est maintenant pilote d’hélicoptère dans la Marine Nationale (le dit hélicoptère étant sur là où a eu lieu le cocktail, faut suivre). Incroyable, non ? Quand Max apprendra ça, il va halluciner !
Les bonnes choses ayant une fin, nous nous éclipsons juste avant le chant du clairon et le lever des couleurs, en remerciant une millième fois tout l’équipage pour cette fabuleuse soirée et en disant : « à la prochaine ! »
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