mardi 24 octobre 2006

Happy Deepavali & Selamat Hari Raya Aidilfitri

Afin de satisfaire une partie très ciblée, mais aussi très influente, de mon lectorat, je vais tenter de parfumer ce carnet de bord en mettant de vrais morceaux de culture à l’intérieur…

Octobre en Malaisie.

Ce qu’il y a de bien lorsqu’on vit dans un pays pluri-ethnique et par conséquent pluri-dogmatique c’est qu’il y a toujours quelque chose à célébrer. Et qui dit célébration, dit jours fériés : ça vaut l’coût de croire en Dieu ! En ce moment, c’est Deepavali pour les Hindous et Hari Raya pour les Malais.
Deepavali, qui signifie « rangée de lumières » en Sanskrit, est le nouvel an Hindou, qui a lieu le dernier jour du calendrier de Vikram, contrairement à notre nouvel an qui a lieu le dernier jour du calendrier des PTT. Cette célébration symbolise le renouvellement de la vie, et en conséquence il est commun de porter de nouveaux vêtements le jour du festival. A l’époque où confectionner des vêtements était long et onéreux, les hindous profitaient de cet évènement pour renouveler leur garde-robe. Il existe deux légendes associées à l’origine de Deepavali. Selon la première, les dipavalivas ont fêté le retour du Rama, roi de Ayodhya, de sa femme Sita et de son frère Lakshmana à Koshala après une guerre au cours de laquelle il tua le démon Ravana. Le jour tombant, les gens dont il croisa le chemin allumèrent des lampes pour illuminer leur chemin. La seconde fait de Deepavali la commémoration de la mort de Narakasura, un mauvais démon tué par Kishna. Deepavali est donc un festival symbolisant la destruction des forces du mal.
Hari Raya marque la fin du Ramadan, le moment le plus important de l’année dans la religion musulmane. Inutile de vous faire un cours là-dessus. La Malaisie est un pays principalement musulman. Pour ceux qui se posent la question, il semble que l’islam ait été introduit en Indonésie, tout d'abord sur l’île de Sumatra, en l’an 1300 et des bananes, par des marchands indiens. Il s’est ensuite répandu dans les autres îles de l’archipel indonésien et à franchi le détroit de Malacca pour se propager en Malaisie. Pendant le ramadan les musulmans ne mangent qu’entre le crépuscule et l’aurore. Dès le coucher du soleil, les rues sont envahies d’étales vendant toutes sortes de nourriture, halal bien évidement. Tout le monde se retrouve pour célébrer la fin de la journée et partager un copieux repas. C'est un moment très joyeux, durant lequel tout le pays semble être en effervescence. Vers la fin du ramadan, le pays semble tourner au ralenti. Je ne sais pas si c’est dû à la fatigue du jeun ou l’ambiance fébrile, comparable à celle de Noël chez nous, mais tout le monde semble se désintéresser de son boulot. Et au fur et à mesure qu’on approche du jour fatidique, c’est de pire en pire : plus personne ne répond au téléphone, impossible de fixer un rendez-vous, les livraisons sont arrêtées … c’est l’bordel ! Un gentil bordel, du genre nonchalant, un peu créole, mais un bordel quand même.
Il y a plusieurs moment dans l’année où l’économie se fige. Cela se produit également au moment du nouvel an chinois. N’étant pas basée sur notre calendrier, la date change tous les ans. L’année prochaine, ça sera en février.
Dans un pays qui met un point d’honneur à célébrer tous les évènements marquant de chaque culture et de chaque religion, en accordant à chaque fois des jours fériés, c’est un miracle d’arriver à maintenir une illusion d’économie. Ceci dit, toutes réflexions libérales mises à part, ça me fait toujours chaud au cœur de voir toutes ces communautés, si différentes, vivre ensemble dans le respect, la joie et la bonne humeur. Quelques personnes m’ont timidement avoué que cette harmonie n’est que poudre aux yeux. Ça se passe bien car ils n’ont pas le choix : si ça se passe mal, on leur coupe la tête !
J’espère qu’ils plaisantent…

dimanche 15 octobre 2006

Octobre: Retour au Pays

Bien que profondément toulousain – pardon français – dans mon âme et dans mon cœur ce pays sera le mien pour les 18 prochains mois. Je vais manger malaisien, vivre malaisien, dormir malaisien … bref, être malaisien !
Je vous ai suffisamment présenté la Malaisie durant les 6 derniers mois, vous ne m’en voudrez donc pas trop si je nous épargne les commentaires habituels : c’est beau, c’est chaud, c’est … enough already, comme disent les malais (mais avec l’accent) !
Je retrouve un cadre familier : j’ai toujours le même appartement (celui avec piscine, salle de gym, laverie … je sais, ça énerve !) et je travaille toujours au même endroit. Pas de différence notable. Ah, si, désormais, je dois tourner à gauche en sortant de l’ascenseur au lieu de tourner à droite. J’espère m’habituer à ce changement d’ici quelques semaines.
Je retrouve aussi les amis. Il y a de nouvelles têtes, quelques-unes unes ont disparus. C’est ça la vie d’expat. Les gens vont et viennent, d’un pays à l’autre. J’avais l’habitude de faire partie de ceux qui partent ; je vais devoir m’habituer à regarder partir les autres. Je voudrais en profiter pour saluer ces êtres chers qui nous ont quitté trop vite : Paul, le beau gosse de L’Oréal (parce qu’il le vaut bien) ; Arthur, le danseur fou des soirées kuala-lumpurienne, dresseur d’Orang-Outan à ses heures perdues; et bien sûr, « le p’tit », surnommé « baby boy » par ses collègues de travaille, je veux bien sure parler de Fix. Il m’arrive quelques fois de parler dans le vide, comme s’il était encore à coté de moi, un peu comme ces soldats qui ont perdu une jambe à la guerre et qui sentent pourtant des démangeaisons au niveau des orteils. Le plus dur, c’est devant « Lost » ou « 24 hours », c’est dans ces moments qu’il me manque le plus (Ndlr : Je tiens à préciser que ces gens ne sont pas morts mais juste partis ; mais partir, n’est ce pas mourir un peu ?)
Fix, désolé, c’était plus fort que moi ! Cependant, comme tu ne lis jamais ce blog, tu m’en voudras pas ! D’ailleurs, pour me rattraper, je tiens à annoncer publiquement que, pour l’avoir observé attentivement pendant 6 mois et contrairement à ce que prétend Rosa, Fix est quelqu’un de beaucoup moins méchant qu’avant. Je finirai bien par dire gentil un de ces jours mais il faut du temps.
Cette séquence « inside joke », aux airs trompeurs de lynchage public et qui n’aura intéressé/amusé qu’une poignée de personnes, étant terminée – les autres, je vous pris de bien vouloir m’excu… et puis zut, je fais ce que je veux ! – j’en reviens à mes moutons.
Je disais donc, me revoici en Malaisie pour raison professionnelle. Maintenant, je travaille. Fini les petites conneries de stagiaire, maintenant, c’est pour de vrai. On arrête de rigoler et faire du charme à la secrétaire. C’est triste mais c’est comme ça. Et puis, je ne devrai pas trop ma plaindre : je suis dans un pays sympa, pour faire un boulot sympa, avec une équipe sympa … tout est sympa ! En plus, je travaille à mi-temps, seulement 12h par jour… c’est pas beau ça ?
Je peux me vanter de faire partie du club très select des employés qui ont une carte d’accès 24h/24, 7J/7. Je tiens à remercier mon supérieur pour l’honneur qu’il me fait. Pour fêter ça – et aussi pour la frime – je suis même venu bosser dimanche ! Ici, le jour du seigneur, c’est plutôt le vendredi, donc ça compte pas vraiment ! Enfin, un peu quand même …

Au fait, quand je reviendrai en France, vous aurez sûrement grandit, grossit, vieillit … alors pour que je puisse vous reconnaître, envoyez-moi des quelques photos de temps en temps, ou mieux : Venez prendre un verre à la maison !

Nota : La photo ci-dessus vous est présentée avec l’aimable autorisation de Guilhem. Vous pouvez voir d’autres de ses photos en cliquant ici !!!