lundi 22 octobre 2007

Full Moon Party

Sans rapport aucun avec la fameuse soirée plage de Ko Pha Ngan qui consiste à se trémousser sur de la musique électronique, si possible en laissant tout un tas de seringues usagées sur une île du sud de la Thaïlande, la Full Moon pour les Chinois se fêtent 1 mois après la naissance de leur bébé. Même si ce n’est pas pile poil le jour de la pleine lune, mais chut !
Pour cette occasion, la coutume veut que l’heureux papa distribue à ses collègues de bureau une superbe boite-panier-repas comprenant, entre autre, du riz (encore et toujours), un œuf peint en rouge – couleur synonyme de bonne nouvelle – et quelque chose qui s’apparente à première vue à de la pâte d’amande, mais ici, on sait jamais ! Si Forest Gump était là, il dirait, la bouffe chinoise, c’est comme une boite de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber. Sauf qu’avec les chocolats, à part celui dégeux à la liqueur, même quand c’est pas génial, c’est quand même bon.
J’ai reçu mon premier Mac Full Moon aujourd’hui, dans une ravissante boite en carton sur laquelle figure une chouette photo d’une maman avec son bébé, tous deux de type franchement caucasien, à la peau très claire et aux cheveux très blonds. Heureusement, la boite précise aussi que c’est « un cadeau parfait pour célébrer la nouvelle lune du nouveau-né de manière traditionnelle » Si c’est marqué sur la boite, c’est rassurant !
Et comme on est en Malaisie, le panier repas se décline en version halal pour les collègues malais et en version végétarienne pour les collègues indiens. Malheureusement, il n’y a pas encore de version vin & fromage pour les collègues français.
Tant pis, j’vais continuer à manger du riz !


p.s : après vérification, il s’avère que ce n’est pas de la pâte d’amande mais plutôt une sorte de pâte de lotus, ultra-calorique, le tout ayant une bi-consistance pour le moins étrange. C’est finalement pas si mauvais.

mercredi 10 octobre 2007

Plus près de toi, mon Dieu !

Et d’un ! Le premier Malaisien vient de partir dans l’espace.
C’est un grand pas pour l’homme, mais un pas de géant un pays qui, rappelons le, a pour objectif de rejoindre le rang des pays développés d’ici 2020. Le fameuse « vision 2020 » ou plus localement « Wawasan 2020 – Malaysia Boleh ! »
C’est aussi un bon prétexte pour vendre des ticheurte dédicacés en faisant de la pub pour Astro, la bonne vieille télé par satellite, mais ce n’est pas le sujet de cette brève.
Le cas de Sheikh Muszaphar Shukor, promu au rang de héros national, a quand même pas mal pris la tête des autorités religieuses du pays, forcées de statuer sur un cas plus qu’inhabituel : comment observer l’Ibadah quand on est dans l’espace ? Ah oui, parce que pour ceux qui ne sont pas au courrant, non seulement ce jeune docteur part faire la bringue avec les buveurs de vodka à bord d’un vaisseau commandé par une femme, mais en plus, il part pendant le ramadan ! En Malaisie, on plaisante de moins en moins avec la religion et, quand un malais doit faire la une de la presse internationale, il vaut mieux faire bonne figure.
Alors, il y a un peu plus d’un an, l’agence spatiale de Malaisie et le ministère du développement islamique se sont réunis pour répondre à tout un tas de questions essentielles que personne ne s’était jamais posé, à savoir :
- Comment prier accroupis sur un tapis lorsqu’on flotte dans l’air ?
- Comment prier en direction de la Mecque quand on fait 16 fois le tour de la Terre en une journée ?
- L’astronaute doit-il effectuer ses 5 prières quotidiennes à chaque révolution terrestre, soit un total de 80 prières en 24h ?
- Comment faire ses ablutions en apesanteur ?
- Comment l’astronaute doit-il respecter le jeûne dans ces conditions ? Doit-il obligatoirement faire 16 Buka Puasa par jour et prendre une douzaine de kilo avant de rentrer sur terre
Heureusement, en Malaisie, on a peur de rien. Là où il y a un problème, il y a une solution. Toutes ces questions et bien d’autres ont finalement trouvé réponse : de longues heures de travail acharné ont abouti à la genèse du petit guide « comment pratiquer l’islam à bord dans l’espace » dans lequel il est dit que, par exemple, l’astronaute se réglera sur l’heure de Baïkonour pour tout ce qui concerne prière et jeûne et il utilisera au moins 3 serviettes jetables imbibées à la place de l’eau pour les ablutions.
Un guide à se procurer de toute urgence si le réchauffement climatique s’accélère.

mardi 25 septembre 2007

Moon Cakes Festival

Dans la série cadeaux professionnels, plusieurs de mes fournisseurs m’ont récemment offert des moon-cakes.
Mais quesako me diras-tu, toi qui parle mieux le patois que l’anglais ?
Vers l’arrivée de l’automne, notion qui n’a aucun sens en Malasie, donc disons plutôt, vers septembre, selon le calendrier lunaire, arrivent le Moon Cake Festival, ou encore festival de la mi-automne ou fête de la lune, qui est, après le nouvel an, le deuxième plus important des innombrables festivals chinois qui ponctuent l’année. En Malaisie, il s’agit aussi du festival des lanternes, mais là, si tu l’permets, j’vais plutôt te parler des moon cakes, ou gâteau de lune comme on dit dans la langue de Pierre Arditi.
A cette occasion, les Chinois s’offrent et mangent des moon cakes, sorte de gâteaux ronds comme une lune, avec un beau symbole chinois dessus dont je connais toujours pas la signification, fourré entre autre à la pâte de Lotus, de soja à la purée de haricot rouge ou autre excentrique garniture. Le fin du fin, c’est d’avoir un œuf pourri, cuit heureusement, au cœur du gâteau. Les Chinois raffolent de ce mélange sucré-salé. Pour ma part, j’aime mieux que les choses soient clairs : un gâteau, c’est sucré. Point. Pas d’œuf siouplait ! Mais comme de toutes façons tout est marqué en chinois, j’ai parfois des surprises.
A l’origine, ils se servaient de ces gâteaux pour faire passer des messages cachés. C’est paraît-il comme ça que fut organisée la révolte des chinois Han contre la dynastie mongole Yuan. La guerre étant temporairement finie, le message est remplacé par un œuf pourrite.
Ces moon cakes ont aussi la fâcheuse tendance d’être ultra calorique. Bien que mesurant moins une dizaine de centimètres de diamètre – plutôt petit pour une lune – ça suffit à nourrir une famille complète, y compris les grands parents, pendant une bonne semaine. Alors, oui, les Chinois sont petits et n’ont généralement pas beaucoup d’enfant, mais quand même ! Je serai d’avis qu’on remplace les rations de survie dégeux qu’on trouve dans les radeaux de sauvetage par ces moon cakes plus parfumés et tout aussi nourrissant.
Tous à vos balances !

lundi 3 septembre 2007

Ma peau de chagrin

Dans leur boulot, certains reçoivent des cadeaux du genre publicitaire : tee-shirt, stylo, montre, pin’s à une certaine époque, généralement sérigraphié de façon plus ou moins discrète ; d’autres reçoivent des pots-de-vin en espèce ou en nature ; enfin, certains ne reçoivent rien du tout. Mais combien d’entre vous ont reçu un cadeau vraiment original ?
Un des gars de mon équipe, dont je vous ai déjà parlé m’a gentiment offert un souvenir made in Bornéo : un chat léopard, qu’il a bravement chassé, tué, dépessé, mangé et dont il a patiemment tanné la peau pour me l’offrir.
C’est-y pas mignon ? Il m’a suggéré de la tendre sur un cadre, m’assurant que ça ferait une décoration du meilleur goût dans mon salon.
N’empêche que, aussi honoré et touché que je sois par un tel cadeau, je suis bien emmerdé ! D’une part parce que ça fout la pétoche aux nanas qui daigneraient venir dans mon appart, mais aussi, parce que c’est bibi qui risque de finir au trou pour trafic de fourrures d’espèces protégées si j’essaye de la ramener en France.
Depuis l’épisode du pangolin, j’avais un peu zappé l’histoire du bibelot en peau de machin. Il m’a tristement annoncé que son beauf lui avait embarqué la peau du dit-pangolin qu’il trouvait très assortit à la table de sa cuisine ! Quand on sait que la région d’où vient Joachim est célèbre pour ses tribus de chasseurs de tête, j’commence à me faire du souci pour la mienne, de peau.
En attendant de trouver mieux, Isidor – le chat léopard un peu mort – a élu résidence sur un des accoudoirs de mon canapé. Si vous avez une meilleure suggestion, je suis preneur !

samedi 1 septembre 2007

Marins en lutte

Un cocktail à l’ambassade…encore ! Un ministre en visite …encore ! Du champagne et des petits fours…encore !
Et toujours les mêmes discussions :

- Et sinon, vous faites quoi dans la vie ?
- Euh, bein, je fais des barrages (pour faire simple). Et vous ?
- Avant j’étais plongeur-démineur, nageur de combat… et maintenant, je suis Capitaine de Frégate sur « le Var ». Nous sommes amarrés à Port Klang
- Ah ! Quand même ! Ça claque, ça !
- Ca vous direz de venir faire la fête sur le bateau avec nous ce soir ?
- (…)
- On vous emmène et on vous ramène !
- (…)
- Il y a plein de champagne à bord !
- (…)

Bon, ok, j’exagère un peu mais faut m’excuser, j’ai quand même passé deux ans à Marseille. Ca laisse des traces. Ceci est loin d’être une discussion ordinaire. C’est le genre de proposition qu’on ne reçoit pas tous les jours. C’est vrai qu’avec tous ces gars en uniforme blanc, on aurait put se douter de quelques chose. Mais de là à les suivre pour faire la bringue sur un gros bateau, au frais du contribuable – vous, toujours pas moi – y a quand même de la marge. Et puis, sans vouloir être de mauvaise langue, je pense qu’être en compagnie de jolies jeunes filles a contribué un peu (beaucoup) à la spontanéité de l’invitation du commandant.
Bref, après avoir remercier l’ambassadeur, nous nous éclipsons en compagnie de ces gars de la Marine, direction Port Klang. Permission de monter à bord ? Accordé ! C’est très important de respecter le protocole.
La soirée commence – ou se poursuit – par un autre cocktail sur la plage arrière du bateau. Celle-ci est suffisamment grande pour recevoir plusieurs centaines de personnes, une piste de danse, quelques canons et un hélicoptère. Après quelques coupes, le comandant vient nous proposer une visite du navire, que nous acceptons bien volontiers. Puis, en sortant du poste de commandement, nous nous voyons inviter à rejoindre l’amiral (oui, parce que ce bâtiment héberge aussi l’état-major de la zone Océan Indien) dans son carré. Nous sommes en petit comité, en compagnie d’attachés d’ambassade un peu plus décontractés qu’au cocktail. Au menu, champagne, fromage et excellent vin rouge. Dans la Marine, on sait recevoir.
J’en profite pour réviser mes leçons sur les grades et la hiérarchie – ce sur quoi je ne suis toujours pas au top. Quelques coupes plus tard, le commandant nous fait signe de le suivre dans le carré des officiers où l’ambiance est, paraît-il, plus jeune et plus festive. Il ne nous a pas mentit. Nous entrons pile au moment ou ces officiers, dont la plus part on pratiquement notre age, entonnent gaiement, bien que nous soyons le 1er Septembre, « Le 31 du mois d’Août »
Je passe vite fais sur les anecdotes diverses qui ponctuent la soirée. Comme j’aime à mentionner que le monde est ridiculement petit et que j’aime encore plus argumenter sur ce sujet, je me permets d’ajouter que j’ai rencontré sur ce navire, un gars avec qui j’ai fait une partie de caps il y a 4 ou 5 ans, et qui est maintenant pilote d’hélicoptère dans la Marine Nationale (le dit hélicoptère étant sur là où a eu lieu le cocktail, faut suivre). Incroyable, non ? Quand Max apprendra ça, il va halluciner !
Les bonnes choses ayant une fin, nous nous éclipsons juste avant le chant du clairon et le lever des couleurs, en remerciant une millième fois tout l’équipage pour cette fabuleuse soirée et en disant : « à la prochaine ! »

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samedi 25 août 2007

Ils chutent en riant

Vous avez déjà vu quelqu’un tomber à pic ?
Au sens propre du terme, j’entends …
Alors que je passais en Jaguh sur Jalan Sultan Ismail - oui, parce que j’ai une Jaguh - j’ai vu un homme tomber du haut de la KL Tower . Un peu comme dans la chanson de Jacques Higelin. Croyez-moi, ça tombe vite ! Au bout de quelques interminables secondes et à peine quelques dizaines de mètres du sol, il eut la bonne idée d’ouvrir un parachute !
Une fois n’est pas costume, le week-end dernier, le gouvernement a donné son autorisation à toute une bande de fou désirant faire du Base Jump du haut de la KL Tower .
Ne t’inquiète pas Maman, même si j’eusse voulu (j’eusse bien voulu en fait), ce n’était ouvert qu’à une poignée de base-jumpers expérimentés, licenciés, baptisés et pré-extrême-onctiés, ayant à leur actif des milliers de sauts et une énorme médaille de Saint-Christophe.
Même si le cadre semble se prêter idéalement à ce sport (haute tour, beau surplomb minimisant les risques de fracassages de têtes sur la paroi) mes quelques cours de physique me laissent penser que 300m, c’est quand même court pour sauter, ouvrir un parachute, s’emmêler les pinceaux, paniquer, éviter la paroi et son pote qu’à voulu sauter en même temps pour faire une blague…et finalement s'arrêter avant d'embrasser brutalement la forêt primaire qui entoure la Menara.
Statistiquement, il paraît quand même que c’est moins dangereux que de faire de la moto à Kuala Lumpur. J’devrais peut-être changer de moyen de locomotion, moi !

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mercredi 15 août 2007

Quel beau métier, professeur !

Afin d’épargner quelques secondes de doute à ceux d’entre vous qui ont toujours un pied au XIX siècle, je vous propose de lire un petit article très bien fait sur le thème « comme regarder mes photos »
Pour cela, il vous suffit de cliquer sur : Professeur Rémi

Pour ceux qui ne parleraient pas couramment le rosbif, il y une fonction «traduction », en bas a droite de la page web. Par contre, faudra que je pense à lui demander de faire une note pour expliquer comment s’en servir.

vendredi 10 août 2007

La Thaïlande, ses Temples, ses Ping-Pong Shows

J’ai parfois l’impression d’écrire une saga. Pour rendre ça plus palpitant, j’devrai peut être commencer avec une voix grave et un résumé des épisodes précédent. Ça donnerait un truc du genre : « Previously au Laos … ». Malheureusement, je sais pas trop écrire avec une voix grave.
Le plus fatigant dans les voyages, c’est les transports. Les cuites avec les locaux aussi, mais en premier, ce sont les transports. Après 14h de train pas couchettes et pas suspensions, nous sommes éreintés. Pour une raison qui m’échappe, le train de 18h15 , arrivant à 4 plombes du mat à Ayutayah avait des couchettes. Mais 4h, avouez que c’est une heure bâtarde. Y a pas pire pour débarquer dans un bleb : les bars sont déjà fermés et les GH (lisez GuestHouse) sont pas encore ouvertes. Du coup, nous préférons prendre le train de 19h20 qui arrive à Ayutayah vers 7h du mat et du retard. Tant pis pour les couchettes.
Après avoir déposé nos sacs chez Tony’s Place, nous louons des vélos pour voir un peu les ruines.
Séquence histoire : Ayutayah est l’ancienne capitale du royaume Siam. C’est très joli plein de temples en ruines. Comme des temples, nous avons bien dû en voir 453 297 pendant notre périple, nous nous contentons de nous promener entre les ruines dans une ambiance de détente.
Et puis finalement, nous posons un pied dans la cité des anges – bien que les anges d’ici ne ressemblent que très peux à ceux de nos campagnes. Après l’ancienne capitale, la nouvelle. Bangkok pour les touristes, Krung Thep (1) de son petit nom.
Bangkok, c’est un peu comme le "point rencontre" dans les super marchés ou les aéroports. On y croise en permanence des gens qu’on a croisé quelques semaines auparavant au Laos, en Thaïlande ou en ailleurs en Asie. C’est la ville des retrouvailles. En ce qui nous concerne, nous y retrouvons des amis de Caro qui reviennent du Sud (de la Thaïlande, bien sûr) Ils passent une dernière journée a Bangkok avant de s’envoler pour l’Europe.
Nos quelques jours à Bangkok se partagent entre visite de temples, encore et toujours, et surtout shopping. Bangkok est l’endroit idéal pour acheter tout un tas de conneries inutiles, de cadeaux a ramener et surtout, comme c’est la fin du voyage, on a pas besoin de se coltiner tout ce farda de bus en tuk-tuk, à pied en voiture à cheval … et en bateau à voile.
Bangkok est également l’endroit idéal pour assister au ping-pong show, mais la bienséance et me protectrice Môman m’interdisent de conduire ma sœur dans ces lieux de perdition pour marin égaré et touristes hollandais. Tant pis, j’irai avec Guilhem, après le départ de Caro.

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(1) Son nom complet sonne un peu comme: Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit ; ce qui veut dire un truc du genre: Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn !!!
T’as compris qu’on s’mouche pas du coude en Thaïlande !

mardi 7 août 2007

Le Laos, ses Croissants, sa Pétanque

Luang Prabang.Je ne serai pas vraiment dire pourquoi, mais Luang Prabang m’attire depuis pratiquement le début de mon séjour en Asie. C’est donc avec un poil d’émotion, un brin d’excitation et surtout les jambes ankylosées par 2 jours de botepipole que nous débarquons dans cette ancienne cité coloniale. C’est un joli petit bled, plutôt calme et propre pour une ville asiatique – sûrement depuis qu’elle est classée patrimoine mondial par l’Humanité et par l’UNESCO – où l’on ressent très largement l’influence coloniale française. Beaucoup de vieux laotiens parlent encore français. On vend des sandwichs dans la rue, des vrais, fait dans de la baguette ! On trouve même des boulangeries qui vendent des croissants ! Et surtout, fin du fin: les Laotiens jouent à la pétanque !!! Par contre, il semble que le Pasti’ ait disparu. Comme quoi, ils ont un curieux sens des priorités, ces gens là !
Luang Prabang est notre plus grosse étape. Nous y passons un peu plus de 4 jours, à se balader dans les rues ou sur le bord du Mekong, à visiter quelques pagodes, à se lever à 6h du mat’ pour assister à la collecte du riz par les moines, à exploser notre budget dans les marchés de jour et de nuit, boire quelques Beerlao, à gravir des cols super raid en vélo – hein, Caro ? – pour aller voir quelques chutes d’eau … bref, à profiter du temps qui passe.
C’est d’autant plus appréciable qu’il est relativement rare que, pendant un voyage, je me pose aussi longtemps au même endroit. Si j’étais un vrai écrivain du Guide Vert (j’t’ai déjà dit qu’il fallait pas l’acheter celui là ?), j’me permettrai des petites comparaisons olé olé du genre : Luang Prabang, c’est comme la bière locale, c’est meilleur frais et ça se déguste à petite gorgée.
Faudra que j’pense à mettre un copyright sur celle là, avant qu’on me la pique.
Après avoir bien profité de notre séjour et surtout comme tout à une fin (sauf le saucis… quoi ? Tu la connais déjà ?) nous partons pour Vang Vieng. En fait, l’idée, c’est surtout de faire une halte pour couper la route entre Luang Prabang et Vientiane, car ce que j’ai entendu de Vang Vieng m’a pas vraiment emballé.
La route entre les deux villes collerait la gerbe à quiconque n’a pas l’estomac monter sur amortisseurs Citroën. Et pas d’bol, le minibus n’en a plus, lui, d’amortisseurs. Ca tourne dans tous les sens, à tel point qu’on se demande si on ne tourne pas en rond. Heureusement c’est zolie. Et quand on arrive près de Vang Vieng, pardonnez-moi mais, ça tabasse ! Immense falaise de Limestone (j’crois que c’est calcaire en français, si quelqu’un peu me confirmer…), des rizières … un paysage de carte postale qui colle pas mal à l’idée que je me faisais du Laos.
Vang Vieng en soit, c’est moche ! C’est juste un tas de guesthouses, de bars , de resto dans lesquels on peut s’avachir sur des cousins – oui, je sais, papa, c’est pas bien d’être avachi – et … c’est a peu prêt tout. Enfin, Vang Vieng a ceci de commun avec le Cambodge que toute les boissons peuvent se boire « happy », j’entends, avec des vrais morceaux d’herbes de Provence à l’intérieur qui vous rendent « happy » ou très malade !
Vang Vieng, c’est moche, mais les alentours : excuse-moi, mon neveu ! Pour satisfaire ma sportive de sœur qui a voulu que ce voyage soit « physique », nous nous inscrivons pour une journée Kayak-Spéleo. Nous partons à quelques 20 bornes au nord de la ville où nous commençons par mettre un pied dans la grotte (le gauche, hein, c’est mieux). Aux total, nous visitons 3 grottes : Tham Chang (grotte de l’éléphant), Tham Hoi (grotte de l’escargot) et une autre dont j’ai pas bien saisi le nom. Ensuite commence la descente en Kayak. Quelques petits rapides (vraiment petit) nous rafraîchissent et nous avons tout loisir de nous en mettre plein la vue avec ce superbe paysage. Je me répète ? Vas-y faire un tour, tu comprendras !
En fait, la spécialité de Vang Vieng, c’est le tubbing. Mais qu’est ce que le tubbing me demandes-tu, toi qui parlent à peine français ? Le tubbing, c’est un sport de backpacker Australien bourré (pléonasme) qui consiste à se vautrer sur une chambre à air de tracteur pour descendre la rivière jusqu’au premier bistrot et continuer ainsi de bar en bar jusqu’au village. Nous rejoignons les « tubbers » sur la fin de notre ballade en Kayak. 2 ou 3 kilomètres en amont de Vang Vieng. C’est à peu prêt au même endroit que nous quittons le calme laotien pour rentrer dans les décibels boitedenuitesque, le tout sans quitter la rivière ! Bien qu’étant surpris – et bien que trouvant aussi ce genre de « délire » à ne manquer sous aucun prétexte – je suis un peu déçus de trouver ça au Laos. Comment dire … c’est juste pas le bon endroit !
Nous quittons cette ville de filles et de jeux pour rejoindre la capitale, en Bus VIP. Je précise parce pendant tout le voyage, une question tourne et retourne dans notre tête comme dans celle des autres passagers: est-ce que c’est ça le bus VIP ou est ce que c’est juste le bus qui nous conduit à la gare de bus, d’où on prendra le bus VIP ?
Arrivé à Vientiane, la question ne se pose plus !
Vientiane en soit, c’est mimi mais un peu trop calme. C’est le genre d’endroit qui rentre dans la catégorie bien-pour-y-vivre-mais-pas-top-à-visiter. A voir tout de même, Xieng Khuan, aussi connu sous le nom de Buddha Park, où un illuminé notoire a rassemblé tout plein de sculptures, pas du tout historique, un peu hindo-buddhiste, assez néo-contemporaine.
Après tout juste 24h à Vientiane, nous passons le pont de l’amitié lao-thailandaise , qui comme son nom l’indique, permet de traverser le Mekong en toute amitié pour aller du Laos à la Thaïlande – et inversement. Puis, nous rejoignons la gare de train de Nongkai, terminus de la ligne Northeastern Line, à quelques centaines de mètres après la frontière, pour prendre un train de nuit jusqu’à Ayutayah.

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mercredi 1 août 2007

Along the Mekong

Bon, je me mets un coup de pied au c** sinon j’trouverai jamais le temps de vous raconter ces trois dernières semaines.
Trois semaines de voyage pendant lesquelles le boulot s’est accumulé sur mon bureau à un tel point que je ne vois même plus le soleil. Mais comme nous nous sommes tacitement mis d’accord sur le fait que ma vie professionnelle ne vous intéresse pas – ou ne vous regarde pas – je vais plutôt vous raconter mes vacances. Enfin, nos vacances, car cette fois, je suis parti à la découverte de nouvelles contrées en compagnie de ma sage-femme de sœur qui aura passé – je l’espère – des vacances plutôt pas déguex !
Apres un petit week-end aux Perhentians en guise d’apéritif, nous partons à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande. Moi, j’aime bien la Thaïlande. On y mange bien, les gens sont gentils, les paysages variés, les filles jolies, les tuk-tuk my friends et les massages pas chers. Caro, de la Thaïlande, elle connaissait que l’aéroport et la route entre Bangkok et la frontière cambodgienne, ce qui est bien mais pas top. Du coup Chiang Mai, c’est bien pour commencer.
Deuxième ville du pays, la « Rose du Nord », comme signifie son nom en Thaï, est beaucoup plus calme et culturelle que la Capitale. Avec environs 1600 temples à visiter, ça laisse pas mal de possibilité pour le 3ème age en vacance. En fait, les pagodes t’en as vu une … tu m’as compris ! Mais bon, c’est toujours sympa à voir. Alors on fait comme tout le monde. On visite des temples, prends des photos de Bouddhas et surtout, on oublie pas de se déchausser en rentrant.
Le deuxième jour, nous louons une moto pour aller se balader sur le Doi Suthep, à 15km au nord ouest de la ville. Au programme, pour changer, visite d’un temple : le Wat Phrathat Doi Suthep , puis les jardins d’hiver du roi (que nous ne pouvons pas visiter car ils sont fermés), un village Hmong , puis Bo Sang, un autre village spécialisé dans la fabrication d’ombrelles et San Kamphaeng, qui d’après le Lonely Planet serait spécialisé dans la fabrication de la soie mais qui en vrai ne présente pas vraiment d’intérêt.
Comme nos visas pour le Laos nous ont coûté environ 40 $ chacun et que nous avons hâte de les faire tamponner, nous prenons un bus Chiang Khong, petit bled situé sur les bords du Mékong, en plein cœur du Triangle d’Or et qui sert de poste frontière avec le Laos. Rien de particulièrement passionnant ici : c’est une ville étape. Les gens sont là parce que c’est le seul point d’entré au Laos sur des centaines de kilomètres mais personne n’a envie d’y passer plus d’une nuit. C’est à peut prêt ce que nous essayons gentiment d’expliquer à « l’étudiante en tourisme » qui nous fait remplir un questionnaire de satisfaction sur le développement du touriste dans la province (développement ? ). A noter cependant, un Thaï un peu fou qui a construit un véritable tipi, digne d’un grand sachem. Le premier étage (c’est un duplex !) lui sert de logement, le rez-de-chaussé étant un bar lounge ! Attention, c’est très concept. Nous y faisons connaissance avec une bonne partie de ceux qui seront avec nous sur le bateau le lendemain. Je recommande fortement cet endroit à ceux qui seraient de passage a Chiang Khong.
Debout de bonne heure, nous ingurgitons un petit déjeuner diététique et nous partons pour la frontière. J’ai oublié de vous dire que c’est un package que nous avons booké à Chiang Mai, comprenant, le bus jusqu'à Chiang Khong, la nuit en GH avec les repas, le transfert jusqu'à Huai Xai (ville frontière laotienne, en face de Chiang Khong) et 2 jours de bateau jusqu'à Luang Prabang. Ca revient presque au même prix et on évite des heures de négociations inutiles. Mais malgré tout c’est fou les extras que l’on doit payer, même quand on a un forfait « tout compris » :
-5 Baht a la frontière Thai … il paraît que ce sont des frais de sortit !
-10 Bath pour traverser le Mekong en bateau … en fait les 10 B, c’est pour les sacs à dos, le ticket « tout compris », qui comprend aussi la traversée du fleuve, c’est juste pour toi ! Ton sac fait pas partit du package, il est en supplément. Tu penses s’ils doivent en croiser beaucoup des voyageurs sans bagages !
-20 Bath au poste frontière du Laos. C’est sûr, on a déjà payé 40$ pour le visa, mais c’était sans compter le coup de tampon de Môssieur. le douanier !
Et nous voilà enfin en RDP Laos. RDP pour République Démocratique du Peuple. Faut vraiment pas avoir la conscience tranquille pour appeler son pays comme ça ! En règle générale, chaque fois qu’on a à faire à un c’est un machin-chose « du peuple », il y a toujours une minorité qui s’en met plein les poches et le peuple en question, il a pas un Carambar. Niveau libertés, c’est pas mieux. Note que ça marche aussi avec « populaire ».
Cette petite élucubration terminée, je reprends le fil de l’histoire.
Nous voguons maintenant sur le Mékong. A droite, la Thaïlande, à gauche, Le Laos. C’est beau, c’est paisible mais surtout, c’est lent. Environs je-sais-pas-combien de km, à parcourir en bateau, ça prends environs 16h en 2 jour. Les premières heures sont fantastiques. Une fois qu’on a réussi à se trouver une place pour ses jambes aux milieux des dizaines d’autres passagers – si possible à l’avant du bateau pour éviter le bruit du moteur – le paysage est vraiment impressionnant. Et puis la lassitude s’installe, les muscles s’ankylosent et ce pu***n de bateau ne va toujours pas assez vite.
Je me relis et je réalise que j’ai l’air d’être de sacrement de mauvais poil. Je vais mettre ça sur le compte de la fatigue et m’arrêter là. Je reprendrai la suite de l’histoire en arrivant à Luang Prabang, après une bonne nuit de sommeil.


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