Ca y est papa, je suis un homme !
A 25 ans, il serait temps me direz-vous. Vous n’avez pas tord. Je ne fais cependant pas référence à une quelconque puberté tardive. Non, aujourd’hui je suis un homme car je viens d’avoir mes premières cartes de visites à mon nom !
En Malaisie – et plus généralement, en Asie – la carte de visite est l’accessoire indispensable qui vous permet de distinguer l’homme de l’animal. Si vous n’en avez pas, c’est que vous ne travaillez pas et donc, soit vous êtes un clochard ivrogne incapable de trouver un travail, soit vous êtes un fainéant qui refuse tout type d’activité. Dans les cas vous n’êtes pas digne d’intérêt. CQFD !
Autant vous dire que jusque là, les gens me regardaient bizarrement ! Il m’arrivait de mentir, prétextant que je les avais oubliées ou, mieux, que j’avais épuisé tout mon stock ; ce dernier mensonge ayant l’avantage d’enfoncer mon interlocuteur en le laissant supposer que j’étais quelqu’un de très important, rencontrant beaucoup de monde et que lui n’aurait pas la chance de voir figurer mon nom dans son agenda. Je sais, c’est mesquin, mais c’est l’Asie !
Les Asiatiques distribuent leurs cartes de visite comme un pion aigri des heures de colles. L’échange précède – ou remplace – la poignée de main. Mais attention, vous qui êtes habitué à la mode européenne, n’allez pas croire que ce soit aussi simple que chez nous où l’échange se s’effectue rapidement et sans cérémonies. Distribuer des cartes de visites, c’est tout un art.
Attention, la séquence qui va suivre demande un effort de visualisation :
L’échange se décompose en trois étapes
Première étape. Position de départ : debout ; pied joint ; la carte de visite, une fois saisie dans le portefeuille, doit être tenue à deux mains. Ensuite, toujours tenue à deux mains, la carte est tendue à son interlocuteur. Le mouvement s’accompagne d’une légère inclinaison du buste et de la tête vers l’avant.
Jusque là tout paraît simple. Malheureusement, la personne effectue le même enchaînement au même moment. Chacun se retrouve donc le buste incliné, la carte tendue à deux mains. Comment saisir la carte de l’autre dans ces conditions ?
Deuxième étape. Les deux adversaires se retrouvent figées dans la position dite du Majordome, essayant de saisir la carte de l’autre sans qu’aucune main ne se libère de sa prise initiale. Cela peut s’apparenter à un combat de pouce en moins sanguinaire.
Troisième étape. Une fois les cartes échangées, les bustes se redressent lentement. Le regard se pose alors sur le trophée durement gagné. La coutume veut que l’on passe quelques instant à étudier la carte et que l’on pose quelques questions sur l’entreprise ou la fonction qu’y occupe par le propriétaire de la carte. Il est bon d’avoir en tête un panel de questions « passe-partout » que l’on pose machinalement sans vraiment écouter la réponse.
Cet échange peut s’avérer encore plus délicat quand, surpris par la vivacité des réflexes de votre adversaire vous dégainez votre portefeuille en retard. Pris de panique, vous conservez votre portefeuille dans la main au lieu de le remettre dans la poche arrière de votre pantalon, tout ça afin de rattraper vos quelques secondes de retard. Dans ce cas précis, il est conseillé de placer le portefeuille sous la carte et de s’en servir comme d’un mini plateau. Cela passe davantage inaperçus et permet aux deux partis de conserver la face.
Une carte tombée à terre lors de l’échange met immédiatement et définitivement un terme aux relations diplomatiques entre les deux partis.
A 25 ans, il serait temps me direz-vous. Vous n’avez pas tord. Je ne fais cependant pas référence à une quelconque puberté tardive. Non, aujourd’hui je suis un homme car je viens d’avoir mes premières cartes de visites à mon nom !
En Malaisie – et plus généralement, en Asie – la carte de visite est l’accessoire indispensable qui vous permet de distinguer l’homme de l’animal. Si vous n’en avez pas, c’est que vous ne travaillez pas et donc, soit vous êtes un clochard ivrogne incapable de trouver un travail, soit vous êtes un fainéant qui refuse tout type d’activité. Dans les cas vous n’êtes pas digne d’intérêt. CQFD !
Autant vous dire que jusque là, les gens me regardaient bizarrement ! Il m’arrivait de mentir, prétextant que je les avais oubliées ou, mieux, que j’avais épuisé tout mon stock ; ce dernier mensonge ayant l’avantage d’enfoncer mon interlocuteur en le laissant supposer que j’étais quelqu’un de très important, rencontrant beaucoup de monde et que lui n’aurait pas la chance de voir figurer mon nom dans son agenda. Je sais, c’est mesquin, mais c’est l’Asie !
Les Asiatiques distribuent leurs cartes de visite comme un pion aigri des heures de colles. L’échange précède – ou remplace – la poignée de main. Mais attention, vous qui êtes habitué à la mode européenne, n’allez pas croire que ce soit aussi simple que chez nous où l’échange se s’effectue rapidement et sans cérémonies. Distribuer des cartes de visites, c’est tout un art.
Attention, la séquence qui va suivre demande un effort de visualisation :
L’échange se décompose en trois étapes
Première étape. Position de départ : debout ; pied joint ; la carte de visite, une fois saisie dans le portefeuille, doit être tenue à deux mains. Ensuite, toujours tenue à deux mains, la carte est tendue à son interlocuteur. Le mouvement s’accompagne d’une légère inclinaison du buste et de la tête vers l’avant.
Jusque là tout paraît simple. Malheureusement, la personne effectue le même enchaînement au même moment. Chacun se retrouve donc le buste incliné, la carte tendue à deux mains. Comment saisir la carte de l’autre dans ces conditions ?
Deuxième étape. Les deux adversaires se retrouvent figées dans la position dite du Majordome, essayant de saisir la carte de l’autre sans qu’aucune main ne se libère de sa prise initiale. Cela peut s’apparenter à un combat de pouce en moins sanguinaire.
Troisième étape. Une fois les cartes échangées, les bustes se redressent lentement. Le regard se pose alors sur le trophée durement gagné. La coutume veut que l’on passe quelques instant à étudier la carte et que l’on pose quelques questions sur l’entreprise ou la fonction qu’y occupe par le propriétaire de la carte. Il est bon d’avoir en tête un panel de questions « passe-partout » que l’on pose machinalement sans vraiment écouter la réponse.
Cet échange peut s’avérer encore plus délicat quand, surpris par la vivacité des réflexes de votre adversaire vous dégainez votre portefeuille en retard. Pris de panique, vous conservez votre portefeuille dans la main au lieu de le remettre dans la poche arrière de votre pantalon, tout ça afin de rattraper vos quelques secondes de retard. Dans ce cas précis, il est conseillé de placer le portefeuille sous la carte et de s’en servir comme d’un mini plateau. Cela passe davantage inaperçus et permet aux deux partis de conserver la face.
Une carte tombée à terre lors de l’échange met immédiatement et définitivement un terme aux relations diplomatiques entre les deux partis.