lundi 25 décembre 2006

Xmas Blues

Noël, ça se fête famille. La mienne étant à 11 000 km, je vais devoir déroger à la règle. Ceci dit, si vous retirez à Noël la neige, les sapins et toutes connotations culturelles ou religieuses, il ne reste plus qu’une vaste mascarade commerciale dénuée de symbolique et sans intérêt. Un peu comme Halloween en France, Noël en Malaisie, c’est pas vraiment Noël. Depuis quelques semaines, les centres commerciaux vomissent leurs décibels de chant de Noël grotesques. Les sapins synthétiques fleurissent (ou pas) un peu partout, dans l’indifférence générale des malaysiens. Peuple fier, ils résistent encore et toujours au matraquage publicitaire cherchant à promouvoir l’invasion d’une fête qui n’est pas la leur. Ils ont déjà tellement de fête au long de l’année qu’il n’est pas nécessaire d’en rajouter.
Bien que fiers et ombrageux, les malaysiens n’en sont pas moins large d’esprit. Ils acceptent toutes les cultures. C’est ainsi que vendredi, l’intégralité des employés, dont je ne connais qu’une moitié, a défilé devant mon bureau pour me souhaiter un joyeux Noël. Je me suis dit au début qu’ils étaient contents d’avoir, pour une fois, quelqu’un à qui souhaiter ça, mais en fait, ils étaient sincèrement heureux pour moi. Et même s’ils ont largement surévalué l’importance de Noël dans ma vie, le geste était vraiment touchant. Après tout, combien d’entre vous/nous ont déjà souhaité une joyeuse Aid-El-Kebir ou un joyeux Hanoukka à un collègue de bureau ? Honnêtement, la plus part du temps, on ne sait même pas quand ça tombe.
Et puis, emmètre des suppositions quant à l’obédience de quelqu’un serait, grand dieu, politiquement incorrect, voir même, répréhensible. Le christianisme est la seule religion encore considérée comme laïc en France. On peut dire joyeux Noël sans choquer personne. Les états-uniens ont poussé le politiquement correct jusqu'à se souhaiter de « happy holidays », comme ça, pas d’erreur possible. Les québécois se souhaiteraient de « joyeuses vacances » mais heureusement, ils sont pas aussi barges !
Mais revenons à nos bonhommes de neige. Il était hors de question de fêter Noël dans un bar ou dans une boite de nuit. D’une part parce que j’aime pas les boites, d’autres part parce que ça aurait fait de la peine à ma Maman. Et j’aime pas lui faire la peine. Alors, en bon fils, j’ai mis mon habit du dimanche, je me suis coiffé avec la raie sur le coté et je me suis rendu chez des amis où nous avons partagé un excellent repas. Nous étions une dizaine d’orphelin géographique. La maîtresse de maison s’était donnée beaucoup de mal pour que Noël soit présent jusque dans les moindres détails : un sapin illuminé, une table joliment décoré, du rouge, du blanc, du vert foncé et des paillettes dorées. De quoi en oublier les 35°C à l’extérieur ! Nous avons même eu droit à du foie gras, de la dinde, du saumon. Un repas de fête dans toute sa splendeur.
Le 25 au matin, quelle fut ma surprise de trouver des cadeaux dans mes souliers ! Je n’ai pourtant pas de cheminée. Peut-être est-il passé par la fenêtre ? Quoi qu’il en soit, le gros monsieur en rouge m’avait déposé deux paquets. Dans le premier, des photos/posters de la place du Cap’, des les quai de la Daurade et du Pic du Midi de Bigorre (avé l’accent). Dans le second, le Best Of de Nougaro (avé l’accent aussi). En fait, la surprise, c'était pas vraiment les paquets cadeaux mais plutôt (Mickey ?) ce qu'il y avait à l'intérieur. Mister Coca-Cola les avait cachés dans ma valise lors de mon re-départ en Malaisie avec interdiction de les ouvrir avant le jour J. Une petite piqûre de rappel, bourrée de nostalgie et qui me rappelle que ... et bien que je suis pas chez moi pour Noël.
Y a pas à dire, les parents savent toujours comment nous faire culpabiliser !

mercredi 20 décembre 2006

Samaritain des temps modernes

Noël, ça se fête famille. La mienne étant à 11 000 km, je vais devoir déroger à la règle. Ceci dit, si vous retirez à Noël la neige, les sapins et toutes connotations culturelles ou religieuses, il ne reste plus qu’une vaste mascarade commerciale dénuée de symbolique et sans intérêt. Un peu comme Halloween en France, Noël en Malaisie, c’est pas vraiment Noël. Depuis quelques semaines, les centres commerciaux vomissent leurs décibels de chant de Noël grotesques. Les sapins synthétiques fleurissent (ou pas) un peu partout, dans l’indifférence générale des malaysiens. Peuple fier, ils résistent encore et toujours au matraquage publicitaire cherchant à promouvoir l’invasion d’une fête qui n’est pas la leur. Ils ont déjà tellement de fête au long de l’année qu’il n’est pas nécessaire d’en rajouter.
Bien que fiers et ombrageux, les malaysiens n’en sont pas moins large d’esprit. Ils acceptent toutes les cultures. C’est ainsi que vendredi, l’intégralité des employés, dont je ne connais qu’une moitié, a défilé devant mon bureau pour me souhaiter un joyeux Noël. Je me suis dit au début qu’ils étaient contents d’avoir, pour une fois, quelqu’un à qui souhaiter ça, mais en fait, ils étaient sincèrement heureux pour moi. Et même s’ils ont largement surévalué l’importance de Noël dans ma vie, le geste était vraiment touchant. Après tout, combien d’entre vous/nous ont déjà souhaité une joyeuse Aid-El-Kebir ou un joyeux Hanoukka à un collègue de bureau ? Honnêtement, la plus part du temps, on ne sait même pas quand ça tombe.
Et puis, emmètre des suppositions quant à l’obédience de quelqu’un serait, grand dieu, politiquement incorrect, voir même, répréhensible. Le christianisme est la seule religion encore considérée comme laïc en France. On peut dire joyeux Noël sans choquer personne. Les états-uniens ont poussé le politiquement correct jusqu'à se souhaiter de « happy holidays », comme ça, pas d’erreur possible. Les québécois se souhaiteraient de « joyeuses vacances » mais heureusement, ils sont pas aussi barges !
Mais revenons à nos bonhommes de neige. Il était hors de question de fêter Noël dans un bar ou dans une boite de nuit. D’une part parce que j’aime pas les boites, d’autres part parce que ça aurait fait de la peine à ma Maman. Et j’aime pas lui faire la peine. Alors, en bon fils, j’ai mis mon habit du dimanche, je me suis coiffé avec la raie sur le coté et je me suis rendu chez des amis où nous avons partagé un excellent repas. Nous étions une dizaine d’orphelin géographique. La maîtresse de maison s’était donnée beaucoup de mal pour que Noël soit présent jusque dans les moindres détails : un sapin illuminé, une table joliment décoré, du rouge, du blanc, du vert foncé et des paillettes dorées. De quoi en oublier les 35°C à l’extérieur ! Nous avons même eu droit à du foie gras, de la dinde, du saumon. Un repas de fête dans toute sa splendeur.
Le 25 au matin, quelle fut ma surprise de trouver des cadeaux dans mes souliers ! Je n’ai pourtant pas de cheminée. Peut-être est-il passé par la fenêtre ? Quoi qu’il en soit, le gros monsieur en rouge m’avait déposé deux paquets. Dans le premier, des photos/posters de la place du Cap’, des les quai de la Daurade et du Pic du Midi de Bigorre (avé l’accent). Dans le second, le Best Of de Nougaro (avé l’accent aussi). En fait, la surprise, c'était pas vraiment les paquets cadeaux mais plutôt (Mickey ?) ce qu'il y avait à l'intérieur. Mister Coca-Cola les avait cachés dans ma valise lors de mon re-départ en Malaisie avec interdiction de les ouvrir avant le jour J. Une petite piqûre de rappel, bourrée de nostalgie et qui me rappelle que ... et bien que je suis pas chez moi pour Noël.
Y a pas à dire, les parents savent toujours comment nous faire culpabiliser !

vendredi 15 décembre 2006

Esprit, es-tu là ?

Il ne faut pas sous-estimer la force du coté obscur !
Sur ce point, Georges Lucas et Joachim sont d’accord. Joachim est un membre de la communauté des Orang Mulu, une tribu de Sarawak, Bornéo, dont les croyances spirituelles sont partagées de manière équitable et sans aucune jalousie, entre l’église catholique apostolique et la magie noire. Il travaille aussi sur le barrage dont à propos duquel je vous ai déjà parlé si vous avez bien tout suivi.
La semaine dernière, j’ai du me rendre sur le dit-barrage. Joachim est venu me récupérer à l’aéroport pour me conduire, cahin-cahan, sur le chantier, à 4h de route. Il conduit un gros 4x4 dont les amortisseurs ont sûrement été enlevés pour des raisons esthétiques et, au lieu d’emprunter la belle route toute neuve et toute lisse dont le gouvernement vient de faire cadeaux à la province de Sarawak, il préfère prendre le chemin traditionnel. La raison est simple la nouvelle route est hantée. En fait cela se traduit par un nombre considérable et inexplicable de panne et d’accident.
Evidement, de tels propos me turlupinent. Je lui pose quelques questions pour en savoir plus. Il se trouve que les fantômes sont assez puissants sur Bornéo. Il m’explique que le mois dernier, juste en bas du barrage, deux quidams péchant dans la rivière Balui se seraient fait happer par des esprits affamés pour être engloutis dans les remous boueux du cours d’eau. En gros, ils se seraient noyé. Afin d’éviter d’autre accident de ce genre, qui font désordre sur le bureau de l’entrepreneur, un employé de la Commission Hygiène et Sécurité est allé poser un grillage autour du lieu du drame, interdisant ainsi l’accès aux éventuels pêcheurs. Le lendemain, les fantômes courroucés lui faisaient avoir un accident mortel sur la route entre le barrage et Bintulu, faisant de lui un des leurs.
Coïncidences ? On ne plaisante pas avec ces choses là.
La voiture de Joachim n’étant pas non plus équipée de ceintures de sécurité, l’histoire du fantôme qui te fait avoir des accidents de la route me plait moyen. D’autant plus qu’il est bientôt minuit. Heureusement, qui dit fantômes, dit sorciers, chamans ou vaudous aux pouvoirs surnaturels et discutables. Je me permets de demander à Joachim s’il n’a pas l’adresse d’un marabout qui pourrait m’approvisionner en amulettes anti-accident. Les « black magic men » ne sont pas forcement des mauvais bougres. Il faut juste éviter leur chercher de noises. Quand ils sont sympas, ils font même des potions qui attirent les nanas. Joachim m’explique qu’il y a cependant un petit bémol : la magie noire n’opère que sur ceux qui ont été élevé au sein maternel.
Afin de conserver un tant soit peu de vie privée, je m’abstiendrai de révéler si je suis éligible pour de telles pratiques, mais sachez que je compte bien aller me faire prescrire un gri-gri protecteur, à prendre deux fois par jour entre les repas. Comme disent les marins : « je suis pas superstitieux … mais on sait jamais. »
Bornéo est une île étrange, hébergeant, en plus des fantômes et autres esprits farceurs, un nombre hallucinant d’espèces animales et végétales mystérieuses, pour la plus part endémique. J’ai eu tout le loisir de m’en apercevoir en empruntant de nuit la route pour aller au barrage. Nous avons croisé des animaux dont je n’ai pas encore trouvé le nom, comme un hybride castor-porc épic. Un peu comme un centaure, mais en plus ridicule. Le principal problème de ces animaux, c’est qu’ils se croient chez eux, même sur la route. Comme ils ne sont pas équipés de feux de signalisations, l’inévitable se produit parfois.. Joachim a fait marche arrière pour ramasser le pauvre Manis Javanica. Bien que protégé, ce petit pangolin n'en a pas moins la chair délicate et parfumée. Il m’a dit qu’il me ferait un je-sais-plus-trop-quoi avec la peau écailleuse de la bestiole.
Pourvu que les esprits de la forêt ne nous en tiennent pas rigueurs…

vendredi 1 décembre 2006

La semaine prochaine, promis !

Travailler en Malaisie, c’est un peu comme étudier au collège.
On envoie un appel d’offres en demandant explicitement une réponse avant une date limite. Le jour dit, tout le monde répond … pour dire qu’ils remettront leur devoir, pardon, leur offre, un peu en retard. Il demande un petit délai supplémentaire.
Oh, bien sur, ce n’est pas leur faute. C’est celle du fournisseur qui n’a pas encore renvoyé les nouveaux tarifs pour les matériaux, c’est celle de l’ordinateur qui a planté, celle du téléphone qui est en panne, celle du chien de la voisine qui a mangé le dossier …
Alors il faut rappeler, insister, prier les fournisseurs de bien vouloir avoir l’aimable obligeance et l’immense magnanimité de bien vouloir envoyer leur réponse…
Dans le même registre, j’ai cru comprendre en que dans les pays occidentaux, le sous-traitant était taillable et corvéable à merci (des bruits qui courent). Ici, il se permet d’arriver avec 2h de retard à un rendez-vous. Et là où le sous-traitant occidental se confondrait en excuses, le malaisien s’en contre-fout royalement et ne prend même pas la peine de mentionner son retard, vous laissant le soin d’entamer la discussion :
- « Nous avions rendez-vous a 9h, me semble t’il »
- « Je croyais que c’était à 10h »
- « Je vous ai envoyé un mail et je vous ai téléphoné hier pour re-confirmer »
- « J’ai confondu, je pensais que c’était à 10h »
- « ….mais, mais … il est 11h ! »
- « C’est à cause des bouchons … »
J’abandonne. Pourtant je m’y connais en mauvaise foi. J’ai même terminé 3ème au championnat du monde de mauvaise foi, à Edinburgh en 2004. Mais là, c’est hors concours. Il suffit de passer une semaine à KL pour comprendre qu’il y a toujours des bouchons. 24h/24, 7j/7. Tout le monde sait qu’il faut prendre de bonne grosse marge, alors le coup du malaisien qui s’est laissé surprendre par un bouchon impromptu, désolé mais j’prends pas !
Enfin, j’aimerai terminer sur une curiosité physique, tout droit sortie des bouquins sur la relativité de ce cher Einstein : un malaisien arrive toujours « dans 10 minutes ». Et ça ne rate jamais !
Je pense que mes propos manque de clarté alors je m’en vais vous les illustrer par un exemple choisi au hasard : lundi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince avaient rendez-vous chez un sous-traitant. Le lieu de rendez-vous étant assez loin et dans une zone industrielle dans laquelle une chatte aurait du mal à retrouver ses petits, ils firent appel à l’un des chauffeurs de taxi avec lequel ils ont l’habitude de se déplacer. Au moins, ils seront conduits sans détours jusqu’au lieu de rendez-vous. Il fut convenu la veille que le chausseur passât les prendre en bas de l’immeuble à 8h. A 8h15, personne ! L’empereur appelle. Le chauffeur est pris dans les embouteillages. Je me permets rappeler, à ce stade de la narration, que les chauffeurs de taxi sont par définition ceux qui ont la plus grande expérience du trafic urbain. Passons. Le brave chauffeur répond qu’il arrive « dans 10 minutes ». L’empereur, sa femme et le p’tit prince ayant prévu large pour être à l’heure, sont encore dans les temps. Au bout de 15 minutes, toujours rien. L’empereur rappelle. « J’arrive dans 10 minutes » lui répond plein d’assurance l’effronté. L’empereur, bonne poire, acquiesce en lui précisant cependant de faire fissa.
J’abrége. Ce petit jeu dure une bonne heure. A la fin, le taxi finit par arriver et le chauffeur se fait aussitôt étrangler par l’empereur fou de rage.
Dans la culture asiatique, commettre une erreur équivaut à perdre la face, ça qui est pire que la mort, alors les gens préfèrent vous entretenir dans l’idée qu’ils vont arriver dans peu de temps, 10 minutes pour être précis, plutôt que d’admettre qu’ils sont grave à la bourre. Pourquoi 10 et pas 15 ? J’en ai fichtrement aucune idée. Ce qui est amusant (sic) c’est que cela vaut pour les taxis comme pour toutes les personnes avec qui vous pouvez avoir rendez-vous.
En fait, la plus grosse partie de mon travail n’a pas grand chose à voir avec l’ingénierie. Cela consiste le plus souvent jongler entre diplomatie, fermeté et patience (je crois que j’étais absent le jour où on a distribué ces qualités) pour arriver à respecter des délais utopiques, tout ça sans s’énerver et sans perdre, ni faire perdre, la face !
Je vous parlerai un peu de cette question de face dans une note que je compte publier « dans 10 minutes »

mercredi 15 novembre 2006

Simple comme bonjour

Ca y est papa, je suis un homme !
A 25 ans, il serait temps me direz-vous. Vous n’avez pas tord. Je ne fais cependant pas référence à une quelconque puberté tardive. Non, aujourd’hui je suis un homme car je viens d’avoir mes premières cartes de visites à mon nom !
En Malaisie – et plus généralement, en Asie – la carte de visite est l’accessoire indispensable qui vous permet de distinguer l’homme de l’animal. Si vous n’en avez pas, c’est que vous ne travaillez pas et donc, soit vous êtes un clochard ivrogne incapable de trouver un travail, soit vous êtes un fainéant qui refuse tout type d’activité. Dans les cas vous n’êtes pas digne d’intérêt. CQFD !
Autant vous dire que jusque là, les gens me regardaient bizarrement ! Il m’arrivait de mentir, prétextant que je les avais oubliées ou, mieux, que j’avais épuisé tout mon stock ; ce dernier mensonge ayant l’avantage d’enfoncer mon interlocuteur en le laissant supposer que j’étais quelqu’un de très important, rencontrant beaucoup de monde et que lui n’aurait pas la chance de voir figurer mon nom dans son agenda. Je sais, c’est mesquin, mais c’est l’Asie !
Les Asiatiques distribuent leurs cartes de visite comme un pion aigri des heures de colles. L’échange précède – ou remplace – la poignée de main. Mais attention, vous qui êtes habitué à la mode européenne, n’allez pas croire que ce soit aussi simple que chez nous où l’échange se s’effectue rapidement et sans cérémonies. Distribuer des cartes de visites, c’est tout un art.
Attention, la séquence qui va suivre demande un effort de visualisation :
L’échange se décompose en trois étapes
Première étape. Position de départ : debout ; pied joint ; la carte de visite, une fois saisie dans le portefeuille, doit être tenue à deux mains. Ensuite, toujours tenue à deux mains, la carte est tendue à son interlocuteur. Le mouvement s’accompagne d’une légère inclinaison du buste et de la tête vers l’avant.
Jusque là tout paraît simple. Malheureusement, la personne effectue le même enchaînement au même moment. Chacun se retrouve donc le buste incliné, la carte tendue à deux mains. Comment saisir la carte de l’autre dans ces conditions ?
Deuxième étape. Les deux adversaires se retrouvent figées dans la position dite du Majordome, essayant de saisir la carte de l’autre sans qu’aucune main ne se libère de sa prise initiale. Cela peut s’apparenter à un combat de pouce en moins sanguinaire.
Troisième étape. Une fois les cartes échangées, les bustes se redressent lentement. Le regard se pose alors sur le trophée durement gagné. La coutume veut que l’on passe quelques instant à étudier la carte et que l’on pose quelques questions sur l’entreprise ou la fonction qu’y occupe par le propriétaire de la carte. Il est bon d’avoir en tête un panel de questions « passe-partout » que l’on pose machinalement sans vraiment écouter la réponse.
Cet échange peut s’avérer encore plus délicat quand, surpris par la vivacité des réflexes de votre adversaire vous dégainez votre portefeuille en retard. Pris de panique, vous conservez votre portefeuille dans la main au lieu de le remettre dans la poche arrière de votre pantalon, tout ça afin de rattraper vos quelques secondes de retard. Dans ce cas précis, il est conseillé de placer le portefeuille sous la carte et de s’en servir comme d’un mini plateau. Cela passe davantage inaperçus et permet aux deux partis de conserver la face.
Une carte tombée à terre lors de l’échange met immédiatement et définitivement un terme aux relations diplomatiques entre les deux partis.

mardi 24 octobre 2006

Happy Deepavali & Selamat Hari Raya Aidilfitri

Afin de satisfaire une partie très ciblée, mais aussi très influente, de mon lectorat, je vais tenter de parfumer ce carnet de bord en mettant de vrais morceaux de culture à l’intérieur…

Octobre en Malaisie.

Ce qu’il y a de bien lorsqu’on vit dans un pays pluri-ethnique et par conséquent pluri-dogmatique c’est qu’il y a toujours quelque chose à célébrer. Et qui dit célébration, dit jours fériés : ça vaut l’coût de croire en Dieu ! En ce moment, c’est Deepavali pour les Hindous et Hari Raya pour les Malais.
Deepavali, qui signifie « rangée de lumières » en Sanskrit, est le nouvel an Hindou, qui a lieu le dernier jour du calendrier de Vikram, contrairement à notre nouvel an qui a lieu le dernier jour du calendrier des PTT. Cette célébration symbolise le renouvellement de la vie, et en conséquence il est commun de porter de nouveaux vêtements le jour du festival. A l’époque où confectionner des vêtements était long et onéreux, les hindous profitaient de cet évènement pour renouveler leur garde-robe. Il existe deux légendes associées à l’origine de Deepavali. Selon la première, les dipavalivas ont fêté le retour du Rama, roi de Ayodhya, de sa femme Sita et de son frère Lakshmana à Koshala après une guerre au cours de laquelle il tua le démon Ravana. Le jour tombant, les gens dont il croisa le chemin allumèrent des lampes pour illuminer leur chemin. La seconde fait de Deepavali la commémoration de la mort de Narakasura, un mauvais démon tué par Kishna. Deepavali est donc un festival symbolisant la destruction des forces du mal.
Hari Raya marque la fin du Ramadan, le moment le plus important de l’année dans la religion musulmane. Inutile de vous faire un cours là-dessus. La Malaisie est un pays principalement musulman. Pour ceux qui se posent la question, il semble que l’islam ait été introduit en Indonésie, tout d'abord sur l’île de Sumatra, en l’an 1300 et des bananes, par des marchands indiens. Il s’est ensuite répandu dans les autres îles de l’archipel indonésien et à franchi le détroit de Malacca pour se propager en Malaisie. Pendant le ramadan les musulmans ne mangent qu’entre le crépuscule et l’aurore. Dès le coucher du soleil, les rues sont envahies d’étales vendant toutes sortes de nourriture, halal bien évidement. Tout le monde se retrouve pour célébrer la fin de la journée et partager un copieux repas. C'est un moment très joyeux, durant lequel tout le pays semble être en effervescence. Vers la fin du ramadan, le pays semble tourner au ralenti. Je ne sais pas si c’est dû à la fatigue du jeun ou l’ambiance fébrile, comparable à celle de Noël chez nous, mais tout le monde semble se désintéresser de son boulot. Et au fur et à mesure qu’on approche du jour fatidique, c’est de pire en pire : plus personne ne répond au téléphone, impossible de fixer un rendez-vous, les livraisons sont arrêtées … c’est l’bordel ! Un gentil bordel, du genre nonchalant, un peu créole, mais un bordel quand même.
Il y a plusieurs moment dans l’année où l’économie se fige. Cela se produit également au moment du nouvel an chinois. N’étant pas basée sur notre calendrier, la date change tous les ans. L’année prochaine, ça sera en février.
Dans un pays qui met un point d’honneur à célébrer tous les évènements marquant de chaque culture et de chaque religion, en accordant à chaque fois des jours fériés, c’est un miracle d’arriver à maintenir une illusion d’économie. Ceci dit, toutes réflexions libérales mises à part, ça me fait toujours chaud au cœur de voir toutes ces communautés, si différentes, vivre ensemble dans le respect, la joie et la bonne humeur. Quelques personnes m’ont timidement avoué que cette harmonie n’est que poudre aux yeux. Ça se passe bien car ils n’ont pas le choix : si ça se passe mal, on leur coupe la tête !
J’espère qu’ils plaisantent…

dimanche 15 octobre 2006

Octobre: Retour au Pays

Bien que profondément toulousain – pardon français – dans mon âme et dans mon cœur ce pays sera le mien pour les 18 prochains mois. Je vais manger malaisien, vivre malaisien, dormir malaisien … bref, être malaisien !
Je vous ai suffisamment présenté la Malaisie durant les 6 derniers mois, vous ne m’en voudrez donc pas trop si je nous épargne les commentaires habituels : c’est beau, c’est chaud, c’est … enough already, comme disent les malais (mais avec l’accent) !
Je retrouve un cadre familier : j’ai toujours le même appartement (celui avec piscine, salle de gym, laverie … je sais, ça énerve !) et je travaille toujours au même endroit. Pas de différence notable. Ah, si, désormais, je dois tourner à gauche en sortant de l’ascenseur au lieu de tourner à droite. J’espère m’habituer à ce changement d’ici quelques semaines.
Je retrouve aussi les amis. Il y a de nouvelles têtes, quelques-unes unes ont disparus. C’est ça la vie d’expat. Les gens vont et viennent, d’un pays à l’autre. J’avais l’habitude de faire partie de ceux qui partent ; je vais devoir m’habituer à regarder partir les autres. Je voudrais en profiter pour saluer ces êtres chers qui nous ont quitté trop vite : Paul, le beau gosse de L’Oréal (parce qu’il le vaut bien) ; Arthur, le danseur fou des soirées kuala-lumpurienne, dresseur d’Orang-Outan à ses heures perdues; et bien sûr, « le p’tit », surnommé « baby boy » par ses collègues de travaille, je veux bien sure parler de Fix. Il m’arrive quelques fois de parler dans le vide, comme s’il était encore à coté de moi, un peu comme ces soldats qui ont perdu une jambe à la guerre et qui sentent pourtant des démangeaisons au niveau des orteils. Le plus dur, c’est devant « Lost » ou « 24 hours », c’est dans ces moments qu’il me manque le plus (Ndlr : Je tiens à préciser que ces gens ne sont pas morts mais juste partis ; mais partir, n’est ce pas mourir un peu ?)
Fix, désolé, c’était plus fort que moi ! Cependant, comme tu ne lis jamais ce blog, tu m’en voudras pas ! D’ailleurs, pour me rattraper, je tiens à annoncer publiquement que, pour l’avoir observé attentivement pendant 6 mois et contrairement à ce que prétend Rosa, Fix est quelqu’un de beaucoup moins méchant qu’avant. Je finirai bien par dire gentil un de ces jours mais il faut du temps.
Cette séquence « inside joke », aux airs trompeurs de lynchage public et qui n’aura intéressé/amusé qu’une poignée de personnes, étant terminée – les autres, je vous pris de bien vouloir m’excu… et puis zut, je fais ce que je veux ! – j’en reviens à mes moutons.
Je disais donc, me revoici en Malaisie pour raison professionnelle. Maintenant, je travaille. Fini les petites conneries de stagiaire, maintenant, c’est pour de vrai. On arrête de rigoler et faire du charme à la secrétaire. C’est triste mais c’est comme ça. Et puis, je ne devrai pas trop ma plaindre : je suis dans un pays sympa, pour faire un boulot sympa, avec une équipe sympa … tout est sympa ! En plus, je travaille à mi-temps, seulement 12h par jour… c’est pas beau ça ?
Je peux me vanter de faire partie du club très select des employés qui ont une carte d’accès 24h/24, 7J/7. Je tiens à remercier mon supérieur pour l’honneur qu’il me fait. Pour fêter ça – et aussi pour la frime – je suis même venu bosser dimanche ! Ici, le jour du seigneur, c’est plutôt le vendredi, donc ça compte pas vraiment ! Enfin, un peu quand même …

Au fait, quand je reviendrai en France, vous aurez sûrement grandit, grossit, vieillit … alors pour que je puisse vous reconnaître, envoyez-moi des quelques photos de temps en temps, ou mieux : Venez prendre un verre à la maison !

Nota : La photo ci-dessus vous est présentée avec l’aimable autorisation de Guilhem. Vous pouvez voir d’autres de ses photos en cliquant ici !!!

samedi 30 septembre 2006

Septembre: Retour au Pays

Et voila, pratiquement 1 an jours pour jours après mon départ pour Montréal et après avoir parcouru :
- 56 650 km en avion (en considérant que les pilotes n’étaient pas bourrés)
- 7 600 km en bus (à vol d’oiseau)
- 2 500 km en stop (sans compter les heures passées sur le bord de la route)
- 700 km en bateau de tout genre (par mer calme)
- ??? km à pied (ça use les souliers)
Tout ça à travers une dizaine de pays avec leurs douaniers si aimables, leurs langues si chantantes, leurs cuisines si colorées, leurs filles si accueillantes (pardon, Maman …), leurs paysages si éclectiques, leurs monnaies si monopoly, dans des températures allant de –30 ºC a + 45 ºC, sur une douzaine de fuseaux horaires, deux hémisphères et une soixantaine de parallèles …
Je rentre enfin en Terre Sainte, heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage […] et puis a retrouvé, après maintes traversées, le pays des vertes allées …
Ô mon "pays", Ô Toulouse !
A moi fromage, magret grillé, vin rouge et pain frais …
A peine le temps d’embrasser le sol, je rejoins mes vieux amis dont un a l’idée saugrenue de se marier pour fêter mon retour (Si ça c’est pas la preuve de mon égocentrisme, qu’est ce qu’il vous faut ?). Je troc mes tongs contre une paire de mocassins trop petits, mon short de bain contre un costume et mon tee-shirt contre une cravate … le changement n’est pas des plus évident ! Soirée fabuleuse, mariée splendide, mariés heureux … de l’émotion, du rire, des larmes et quelques gouttes d’armagnac ; tous les ingrédients d’un mariage réussi étaient là !
Je passe rapidement sur le reste du mois de septembre :
-Paris pour voir quelques amis, faire la fête et surtout passer un entretien d’embauche ;
-Marseille pour en finir avec ces études commencées il y a, fioute, une sacré lurette et surtout passer embrasser ma grand-mère, que je n’ai pas vu depuis trop longtemps ;
-Toulouse pour parler de mes voyages à mon papa et me faire dorloter un peu par ma p’tite maman ainsi que mes innombrables - mais néanmoins inestimables – sœurs adorées ;
-Comigne pour embrasser mes grands-parents et faire une cure de produit du terroir ;
-Bruxelles pour rendre visite à Caroline (l’innombrable nº1) et voir un peu dans quel cadre elle évolue – n’est ce pas normal pour un grand frère que de vouloir s’assurer qu’il n’y pas trop de garçons qui tournent autour de ses sœurs ? Non mais !
-Re-Paris ;
-Re-Toulouse ;
-Re-Kuala Lumpur …

Et oui, après ce très agréable mais indéniablement trop court séjour, je repars en Malaisie, cette fois-ci pour 18 mois. En gros, sans rentrer dans les détails, je vais faire un barrage a Bornéo. La class !!! Comme quand petit je jouais dans les torrents, mais en un peu plus gros. Je vous ai déjà montré des photos… regardez plus bas.

mercredi 30 août 2006

Bangkok & Phnom Penh

Bangkok.
Une ville au nom magique, synonyme de lointain. Mystérieuse, Etrange, Inquiétante, Dépravée ; on raconte tant d’histoire sur Bangkok qu’il semble que cette ville soit sortie d’un conte, d’une légende ou de l’imagination d’un marin ivre. Mais elle existe pour de vrai, grouillante et vivante. Et pour la plupart des voyageurs, Bangkok commence à Khao San Road. Alex Garland écrit dans son roman « The Beach » (qui fut adapté ensuite au cinéma) que Khao San Road est un sas de décompression pour tous ceux qui entrent ou sortent de l’Asie en direction de l’Occident. C’est surtout la rue la plus occidentale de Thaïlande, où déambule touristes à la recherche d’aventure ou de sensation forte et routards ayant un peu trop abusé des « sensations fortes » asiatiques. Ici, tout s’achète et tout se vend, du costume sur mesure au sac à dos usagé, de la contrefaçon en tout genre aux scorpions grillés, du billet de bus aux souvenirs de plus ou moins bon goût … Absolument tout ! Et les Thaïs l’ont bien compris. Un touriste fraîchement débarqué se repère à des kilomètres. Un peu comme dans les reportages du National Géographique sur les lions et les gazelles ! Bon, il ne se fait pas dévoré vivant mais à vite fait de faire « l’affaire de sa vie » en achetant des bricole qui vont l’encombrer pendant le reste de son voyage et qu’il aurait payé 3 ou 4 fois moins cher ailleurs ! C’est pas pour rien que le tourisme est la première ressource économique du pays. L’avantage, c’est que ce quartier regorge de guest-houses pas chères, pas toujours très propres, mais à proximité de nombreux palais et autres lieux culturels inévitables : le Wat Phra Keo, le Wat Poh, you name it …
Peut-être est-ce parce que je suis en Asie depuis 6 mois et que, pour moi, cela fait maintenant partie du décor, mais je m’attendais à ce que la prostitution soit beaucoup plus présente. En fait, c’est comme dans toutes les autres villes. Le quartier de Pat Pong est pratiquement à lui seul responsable de cette réputation : deux rues entièrement dédiées au sexe, sous toutes ses formes, avec des spectacles dont je ne révélerai– ce blog étant destiné à large public – ni la nature, ni le contenue ; mais dont l’originalité des thèmes traités et de la mise en scène laisse perplexe. Molière aurait sûrement apprécié. Bref, ce kilomètre carré de débauche occulte (sans jeux de mots) aux yeux du monde le reste de la ville : une ville avec ses quartiers d’affaires, ses parcs, ses rues bordées d’arbres, ses bus et métros … une ville, quoi !
Après quelques jours, je quitte Bangkok pour me rendre au Cambodge, à Phnom Penh. C’est de loin la ville qui m’a le plus marqué en Asie, peut-être parce que c’est la plus authentique, ou peut-être parce que les cambodgiens ont, derrière leur sourires énigmatique, un coté fascinant. Avant de partir, je me faisais une certaine image de l’Asie, inspirée par des reportages ou des lectures. Je n’ai jamais été au bout de mes surprises et tous mes voyages ne m’ont jamais laissé sur ma faim, mais c’est au Cambodge que j’ai trouvé l’Asie dont je rêvais.
Je débarque donc pour la deuxième fois à Phnom Penh. L’expérience aidant, je n’ai aucun mal à trouver un motodop pour me conduire jusqu’en centre ville sans me faire payer le prix fort. Je vais même jusqu'à lui indiquer la route pour arriver chez Raphaëlle (voir : Semaine 5&6 … plus bas !).
En fait, les motodops remplacent les taxis. Ils sont des milliers en ville et il ne faut jamais plus de quelques secondes pour en trouver un. Parfois, souvent même, ce sont eux qui vous trouvent. Ceux qui attendent à la sortie de l’aéroport ou devant les beaux hôtels parlent un peu anglais, mais ce sont les seuls ! La plupart d’entre eux vous embarquent en vous laissant supposer qu’ils ont compris votre destination et roule paisiblement au milieux d’un torrent de mobylette, sans direction précise, espérant que vous leur indiquerez, par des gestes, le chemin à suivre. Si on est pas au courant, on peut vite se retrouver à faire 3 fois le tour de la ville avant de réaliser qu’on est aussi perdu que le sympathique chauffeur. Bien sûr, ils n’ont pas de compteur, le prix de la course est donc laissé à votre libre appréciation, ce qui donne presque tout le temps lieux à de ferme négociation à l’arrivée. Cela reste de toute façon plus qu’abordable par rapport aux standards occidentaux !
Je retrouve Raphaëlle à l’ambassade pour ensuite aller déjeuner dans une guesthouse du quartier ; après quoi je la laisse retourner au service de la France tandis que je pars me balader sur les berges du Tonlé Sap. J’en profite pour me joindre à quelques khmers pour une partie de pêche. Résultat décevant : tout ce que je réussi à attraper sont quelques herbes et une bouteille en plastique. C’est d’autant plus frustrant que je suis le seul à être brocouille … ce qui a au moins le mérite de faire rire mes compagnons. Je les quitte au moment où le ciel, pour un motif quelconque, décide de déverser des tonnes d’eau sur ma gueule. J’adore ces pluies tropicales qui démarrent sans prévenir et toujours de façon très brutale. En quelques minutes, les rues sont inondées. J’ai de l’eau jusqu’aux genoux et mes tongs ont une fâcheuse tendance à glisser. Heureusement, un bar au premier étage me tend les bras. J’hésite un dixième de seconde entre prendre une bière où rentrer chez Raphaëlle en dos crawlé. La couleur de l’eau est un facteur décisif. Garçon, un demi !
La semaine se passe paisiblement, ponctué de visite, ballade et soirée phnom-penhnoise … Un délicieux cocktail !
Fin de la semaine. Je prends un Tuk-Tuk sous la pluie, le cœur serré, jusqu’à l’aéroport. . « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville » aurait si justement dit ce cher Verlaine. Je rentre en Malaisie pour 24h avant de m’envoler pour la France …


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samedi 12 août 2006

South Thailand

J’ai arrêté de compter …

Départ fin juillet de Kuala Lumpur. Après avoir vidé mon appart, rendu les clés, déposé mes affaires chez des copains, je parts « on the road » avec mon sac à dos. « Live together, travel alone » comme disait un backpacker autrichien que je rencontrerai plus tard et qui avait le sens de la formule. Je prends un bus jusqu’à la frontière thaïlandaise. Le douanier, apparemment de mèche avec le chauffeur du bus, essaye de m'escroquer une poignée de dollars en échange d’un visa gratuit. Qui ne tente rien n’a rien ! En l’occurrence, il n’aura rien. Le bus me dépose enfin à Hat Yaï où je prends un autre bus pour me rendre à Krabi … puis un bateau pour arriver enfin à Koh Phi Phi !
Combien d’heures ou de kilomètres ? J’en sais rien, j’ai arrêté de compter …
Koh Phi Phi, disais-je, est une île très jolie (elles le sont toutes) qui est connue pour être le lieu de tournage du film « The Beach ». Plus tristement, elle fut bien ravagée par le tsunami dont les traces sont encore visibles. Ce coin devait être paradisiaque il y a quelques années mais malheureusement, comme beaucoup d’autres endroits en Thaïlande, le tourisme de masse à tout gâché. Aujourd’hui, ça ressemble de plus en plus à « Sodom et Gomor », à Phuket ou à Ibiza : musique à fond sur la plage dès 10 am, alcool à gogo et pseudo aventuriers friqués ! Mais bon, ça vaut encore le coût d’y jeter un oeil.
Avec le sentiment d’y avoir passé trop de temps, j’embarque à bord d’un bateau pour retourner sur le continent. Plutôt une barque. Un « long tail boat » pour être précis, le bateau thaïlandais typique, appelé ainsi car l’hélice est au bout d’un arbre d’environ 3m, presque à l’horizontal derrière le bateau, ce qui lui permet de continuer à avancer même lorsque la marée est très basse (jusqu’à une certaine limite). Bref, ce taxi-boat me dépose dans 40cm d’eau (la fameuse limite) à quelques encablures de la plage de Railay. Je fini pied nu, avec mon sac à dos, marchant sur des cailloux et des morceaux contondants de coquillages … c’est beaucoup plus sympa en y repensant que ça ne le fut sur le moment ! La vie est ainsi faite !
Railay Bay est une presqu’île qui n'est accessible que par la mer. C’est aussi un spot d’escalade mondialement connu.
À première vue, Railay est assez touristique, mais pour les plus motivés, il y a une plage, au nord-ouest de la péninsule. On ne peut s'y rendre qu'à marée basse et après 20-30 min de marche sur un chemin escarpé… bref, « Ton Sai », ça se mérite. Cette plage est le paradis des grimpeurs : quelques bungalows à louer pour une poignée de Bath, 2 resto-bars très « roots », le tout dans une ambiance très « citoyen du monde ».
Après une journée à me balader d’une plage à l’autre, à essayer l’escalade en tongue (model Cool XXL) et à prendre tout plein de photos pour pouvoir vous montrez comme c’est beau, je retourne à mon bungalow avec l’intention de préparer mon sac pour un départ le lendemain. C’est endroit est jolie, mais un peu trop calme.
Assis en tailleur sur un petit matelas, concept de base du resto thailandais, une tasse de thé sur la table basse et le « Lonely Planet » dans les mains, je planifie la suite de mon voyage. Je suis presque arrivé à un consensus avec moi-même lorsque Marie rentre dans le resto et viens me proposer une partie de carte.
En fait, j’apprends qu’elle s’appelle Marie bien plus tard, mais bon, j’essaye de faire simple, de raconter au présent pour que ça soit plus vivant, mais vous vous doutez bien que je n’écris pas en direct. Par exemple, là, je suis bien installé dans une salle climatisé, alors que sur le coup, je transpirais à grosse gouttes …
Bref, Marie, américaine et prof d’anglais à Bangkok, me présente ses amis : Jaquart, un anglais qui travaille à Hong Kong et Joe, également anglais, qui s’occupe de la tournée asiatique d’un spectacle de danse (Edward Scissorhand me semble t’il ?). Ils se sont connus à Railay il y a quelques jours. On joue au carte, on discute des endroits qu’on a visité auparavant, on parle d’escalade, de montagne. Il me propose de venir grimper avec eux le lendemain. Après tout, pourquoi pas, rien ne presse, je peux décaler mon départ d’une journée.
Je resterai finalement tout une semaine dans ce petit coin de paradis.


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dimanche 30 juillet 2006

Les filles de passage

Je vais essayer de vous résumer les grandes lignes de ce mois et demi d’absence…
Disons qu’on s’est un peu calmé sur les voyages ces derniers temps. Tout d’abord pour profiter de nos week-ends kualalumpurien, mais aussi pour garder des sous pour la suite… je vous en parlerai plus tard.
Et surtout, nous avons eu des visites. Des dames, principalement. Voyageraient-elles plus que les Messieurs ? J’en sais rien. Serait-ce l’effet de notre charme légendaire qui les attire ? Certainement…
Laissez- moi vous les présenter :
Marine, étudiante française émigrée à Montréal, en stage pour 2 mois à Kuala Lumpur. Je sais ce que vous vous dites ! Cette fille me suit à la trace, elle m’a dans la peau. Elle prétendra le contraire bien sûr. Et même si elle va sauter au plafond en lisant ces lignes, je m’en moque. L’avantage d’un blog, c’est que je peux y dire à peu près ce que je veux ! En tout cas, ce fut génial de la retrouver ici. Elle est venue pour faire un stage en développement durable avec une sacrée bande d’étudiant venus des quatre coins du monde. Logés dans des familles d’accueil local et sur-protectrice, ce fut très sympa de les accueillir à KL lorsqu’il faisait le mur. Et puis la finale de la coupe du monde ! Grand moment d’émotion ! Marine, encore merci pour ton rice-ccoker. Je sais vraiment pas où le foutre, mais ce cadeau me touche beaucoup. Merci pour les pancakes et le sirop d’érable. Merci pour tout et qui sait, peut-être qu’on se verra un jour en France ?
Ensuite, nous avons eu la visite de Marie-Clémence et Florence. Ces demoiselles sont passé nous voir, le temps d’une escale entre Toulouse et Kho Phi Phi. Mais qu’allaient-elles faire à Kho Phi Phi ? Travailler bien sur ! (ndlr : Kho Phi Phi est l’une des plus belles îles du sud de la Thaïlande. C’est là que se trouve la plage paradisiaque du film « The Beach »). Encore merci pour cette soirée Karaoké de folie et pour ce confortable caleçon en soie « made in Thaïland » (Ludo, je sais que t’as le même !)
Et surtout, et enfin, last but not least, notre gerçoise internationale, qui ne part jamais de chez elle sans des tonnes de produits du terroir dans les valises. Celle qui ne sait pas voyager sans emmerdes. La seule, l’unique, j’ai nommé : Rosabelle. Après un typhon, un pilote absent, j’en passe et des meilleurs, elle est finalement arrivée à KL avec 12h de retard, manquant malheureusement la réception du 14 juillet à l’ambassade (ça pourrait faire l’objet d’un prochain article). Pendant 1 semaine, Rosa nous à créer une ambiance sud-ouest à KL en débarquant dans les bars au moment de l’apéro avec baguettes de pain et boîte de foie gras ou encore en chantant à tue-tête sur des morceaux de Cabrel en fin de soirée, un verre d’Armagnac à la main. Elle a tout essayé, du Durian au jet d’eau dans les toilettes, de l’escroc de Chinatown aux chauffeurs de taxi qui font exprès de rien comprendre.
Merci à toutes pour l’immense plaisir que vous nous avez fait en passant nous voir. Les mecs, faudrait penser à se réveiller (j’parle pas toi, Damien, j’sais que tu demande qu’à revenir !). Vous êtes tous les bienvenus et si vous avez peur de vous ennuyer, demander aux autres comment c’est !

Le temps passe beaucoup trop vite et je dois finir de vider mon appart. Je quitte temporairement KL. Je pars pour 1 mois en Thaïlande et au Cambodge mais je doute que j’aurai le temps de vous tenir au courrant. Sait-on jamais. Ensuite, retour en France et puis …
Vous verrez bien !


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mercredi 21 juin 2006

Brunei

Je me permets de splitter mon voyage à Bornéo en 2, pour arriver à rattraper mon retard dans la rédaction de ces petites notes. Si vous n’êtes pas content, c'est pareil.
Avouez quand même que je tiens bon. Un article par semaine (ou presque). Et je me fous pas de vous. Je paye ma page word à chaque fois (taille 12 siouplait). Je sais que ça vous occupe, le matin au boulot avec votre tasse de café. Je le vois bien sur les statistiques (gros pic de consultation a 9h). J'suis sympa, hein ?
Bref, comme je vous disais la dernière fois (je crois pas l'avoir dit mais c'est tout comme), mon boss et Sankara repartent de Miri. (prenez une carte). Ils me déposent la avec mes affaires car je vais profiter du fait que je suis sur place pour aller me balader un petit peu. Oh, pas loin … d'abord, je n'ai que 3 jours et ici, le moindre trajet prend des heures et des heures. Je choisis donc d'aller dans un pays où jamais je n'aurai pensé mettre les pieds. Ce pays, tout le monde en a entendu parler, mais personne ne sait ou il se trouve. Non pas que les français soit plus mauvais que d'autres en géographie. Il s'agit juste d'un tout petit pays. Je vous donne un indice : le sultan compte parmi les homes les plus riches du monde (je ne parle pas de Bill Gates). Vous y êtes ?
Je profite donc d'être dans le coin pour passer la frontière est aller voir à quoi ressemble Brunei.
Première constatation : c'est très différent ! À peine passe la frontière, le décor change : des maisons avec de jolis jardins et un 4x4 tout neuf. Explication : il y a des pompes a pétrole au milieu de la pelouse … c'est pas des blagues. Le pays est posé sur une grosse nappe de pétrole, le tout appartenant au Sultan évidement. Ils n'ont qu'à se baisser pour ramasser !
Après quelques heures, une frontière et cinq bus, j'arrive à Bandar Seri Bengawan. Toujours dans une soucis de rendre cette pose matinale à la fois divertissante et instructive, je m'en vais vous présenter Brunei. Avouez que sans ça, c'est bien le dernier pays sur laquel vous vous renseignerez spontanément (moi aussi … et pourtant). Negara Brunei Darussalam (de son nom de jeune fille) est a peine plus grand que l'Andorre, mais sans les montagnes, et sans l'alcool (La vente est interdite depuis 1991, c'e n’est pas la peine non plus de chercher les pubs irlandais !).
Mais que reste-il de l'Andorre si on lui supprime l'alcool et les montagnes, me direz-vous ? J'ai envie de répondre la charcuterie bien sûr … mais y en a pas non plus !
Oublions l'Andorre quelques instants (jusqu'en Septembre ... ensuite si quelqu'un veut m'accompagner pour une petite rando dans les pyrénées, qu'il me le fasse savoir).
Je disais donc, Brunei : classe 161e pour sa superficie, indépendant depuis le 1er janvier 1984, capitale Bandar Seri Bengawan, 61 hab/km2, monnaie : le dollar Brunei, monarchie absolue, nom du Sultan : Haji Hassanal Bolkiah Mu'izaddin Waddaulah.
Ce petit intermède culturel étant terminé, j'en reviens à mes moutons. J'arrive donc a BSB (pour les intimes). Première impression : c'est calme ! No traffic jam at all. Ça change de KL. Je file poser mon sac dans le seul Backpackers Lodge de la ville. Je vais partager ma chambre avec un Japonais dont j'ai pas bien saisi le nom. Il me dit qu'il vient d'Hiroshima … pourquoi pas. Je perds quelques kilos en laissant mes affaires et je retourne vers le centre ville.
Un taxi-boat (espèce de hors-bord qui pullulent sur le bras de mer) me conduit quelques centaines de mètres plus loin, aux portes d'un village flottant. Environ 10 000 personnes habitent là, dans des maisons sur pilotis (donc pas tout à fait flottantes). Des kilomètres de pontons, tels des trottoirs locaux, sinuent entre les habitations. Je vous fais part de ce détail car maman et moi avons une véritable passion commune pour les pontons. Je n'ai jamais pensé à demander une quelconque explication à un psy, mais je ne pense pas que ça soit trop grave. Un jeune étranger - à moins que ce ne soit moi l'étranger - me propose une visite guidée du village et même d'une authentique et maison traditionnelle : la sienne. La méfiance devrait m'habiter, mais je me laisse tenter (et non pas séduire). Brunei étant à la fois un pays relativement riche... et pas du tout touristique, les gens sont adorables et ne regardent pas les Mat Salleh (j'vous ait déjà expliqué, faut suivre) comme des gros paquets de dollars.
Au milieu de du village trône même une mosquée dont le muezzin se met à chanter "mon dieu, tu es grand tu es beau, dieu divin dieu très haut …" mais en arabe littéraire, c'est pour ça que ça sonne différemment. Jimy, car c'est comme ça que s'appelle mon guide intérimaire, m'explique qu'ayant passé la soirée de la veille à picoler avec des amis... et ayant l'intention de recommencer le soir même, il ne serait pas de bon ton qu'il assistasse à la prière.
Le soleil s'apprêtant à se coucher, je me dirige vers une extrémité d'un des pontons pour héler un chauffeur de taxi-boat afin de rejoindre le plancher des vaches. Après avoir nourris mon corps et mon âme avec un copieux nasi goreng, à la terrasse d'un resto en bord de mer, avec vue sur le palais illuminé et couver d'or du Sultan. J'aurai bien évidemment préféré être sur la terrasse du palais avec vu sur le resto, mais c n'est qu'une question de point de vue.
Après une petite visite de BSB by night, avec sa folle vie nocturne, ses boîtes de nuits décadentes et ses gogo-danseuses, j’ai regagné l’auberge de jeunesse pour une bonne nuit de repos. En fait, le patron m’a annoncé qu’il recevait un groupe d’étudiants en vacances et qu’il fallait donc que je dégage avant 7h.
Rien de mieux pour démarrer la journée que de se faire réveiller aux aurores par un brunéien qui , malgré toute l’estime qu’il peut vous porter, est impatient de vous regarder vous éloigner de chez lui, votre sac sur le dos.
Je repars donc, les yeux bouffits de fatigue. Une brève tentative couronnée d’échec, alors que je tente de rentrer dans le palais du Sultan. Une visite de la mosquée où j’aperçois un visage familier : Jimy ! Il bosse ici ! Après tout pourquoi pas. Un peu gêné, il n’ose pas me répondre quand je lui demande si sa soirée avec ses copains s’est bien passée …
Et puis je reprends le bus. Ou plutôt les bus, car je dois changer 5 fois pour arriver à Miri (au même endroit sur la carte). J’arrive malheureusement trop tard pour continuer mon périple vers un endroit plus accueillant. Je prends une chambre dans un hôtel pas trop loin de la gare de bus, dans le vieux Miri. Typique. L’hôtel a le mérite d’être pas cher. Et pour cause. Je m’aperçois rapidement que le tenancier, un homme bedonnant et transpirant, exerce une activité parallèle qui lui permet de mettre du beurre dans le Nasi Goreng ! Le plus vieux métier du monde comme on dit. Après qu’il ait frappé 3 fois à ma porte en moins d’une heure pour me proposer à chaque fois une fille différente (et un peu défraîchie), je décide d’aller faire un tour pour me restaurer et pourquoi pas prendre une bière dans un coin sympa. Mais la vie nocturne de Miri est assez décevante, surtout en semaine et j’ai vite fait le tour des animations touristiques. Je me vois donc obliger de retourner à ma chambre (le plus discrètement possible) où je m’enferme à triple tour (plus la chaîne, sait-on jamais).
Je fini par m’endormir, lové dans mon sac a viande, en faisant bien attention à ce qu’aucune parcelle de ma peau ne soit en contact avec les draps de l’hôtel que je soupçonne plus que douteux.
Levé de bonheur, je file à la gare des bus, en route pour Bintulu. Un voyage sans encombre. J’ai même droit à un film thaïlandais, en VO, sous-titré en malais. Un chef d’œuvre !!! Le bus me dépose en chemin, un peu avant l’arrivée car je compte bien utiliser le temps qu’il me reste pour rejoindre l’aéroport par mes propres moyens et éviter tout contact superflu avec les chauffeurs de taxi, mon seuil de tolérance avec ces gens la ayant atteint ses limites.
Le stop marche relativement bien au début … mais j’ai beaucoup moins de chance alors que je m’approche de l’aéroport. Il me reste que quelques kilomètres que je décide de faire en marchant et pour la deuxième fois de ma vie (depuis Medan), j’arrive à pied à l’aéroport.

Merci à tous ceux qui patientent en attendant des nouvelles. Les statistiques sont en baisse en ce qui concerne les commentaires mais je mets ça sur le compte des vacances. Attention au coup de soleil et bon courage à ceux qui sont en stage. Attention avec la clim, un rhume est vite arrivée ! Il me tarde de vous retrouver. Take care …

To whom it may concern :

Chère Marie-Hélène,
Je comprends ton inquiétude. Mais tu sais ce qu'on dit : pas de nouvelle, bonnes nouvelles. Je mène une vie reposante en Asie. Les débuts furent un peu durs, mais j'ai finalement trouve un superbe papier peint qui imite à la perfection les briques rouges de la ville rose. Pour compléter le tableau, j'ai fait peindre en trompe l'oeil une vue de la Garonne sur l'immeuble d'en face. Le réalisme est époustouflant.
Certes, ma maman me manque terriblement, mais je sais qu'elle pense très fort a moi. Je fais régulièrement mes 14h de sommeil, ce qui me permet d'arriver a l'heure au bureau, frais et dispo. Pour plus de sécurité, j'utilise 5 réveils, symétriquement repartis dans ma chambre. S'il m'arrive de ne me brosser les dents que 2 fois par jour, c'est uniquement pour pimenter un peu ma vie et éprouver une sensation d'aventure. C'est pour ces mêmes raisons qu'il m'arrive de faire une sieste dans mon hamac. Je me suis malheureusement fait piquer mes brassards orange par une petite fille de 4 ans (mes très costaux pour son age). Je profite de la piscine, assis sur le rebord. C'est mieux ainsi. Quant à la mer … je ne pense pas que ce genre de vie extravagante me convienne. Je ne sais pas comment vous pouvez endurer autant d'imprévus. Le fait de ne pas toujours savoir le temps qu'il va faire le lendemain m'empêche parfois de dormir. En ce qui concerne le coté relationnel, tu ne me rencontrais pas. Je me suis fait beaucoup d'amis. Nous nous retrouvons régulièrement sur Internet pour échanger des blagues. Il m'arrive d'avoir mal au ventre tellement je ris.
Non, vraiment, ne te fais aucun souci pour moi. Si tu n'es pas convaincue, je t'invite à me rendre visite pour venir vérifier par toi même…
Gros bisous et à bientôt

Vincent



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jeudi 8 juin 2006

Bakun, Borneo

Je travaille en ce moment sur le projet Bakun, un barrage en construction dans la province de Sarawak, au nord de Bornéo. Afin de voir de prêt à quoi cela ressemble, on me propose d'aller passer quelques jours sur place… l'occasion de joindre l'utile à l'agréable. Et puis … ça changera certainement des plages de sables blancs
Je laisse donc Barnabé et Fix, pour partir en compagnie de Michel, chef de projet pour Bakun et Sankara, un ingénieur … qui apparemment à fait tous les plans tout seul ! Nous arrivons a Bintulu ou Joachim, un local embauché sur le site, nous attend, au volant d’un énorme 4x4.
Un barrage nécessite généralement beaucoup de place, un cours d'eau et du dénivelé. C'est pour cela qu'on les trouve rarement au milieu des grosses métropoles. Il faut environ 4h en 4x4 (autant de 4 … ça va coller des boutons à mes lecteurs chinois) pour rejoindre Bakun. Les traces de civilisation disparaissent considérablement au bout de quelques kilomètres. Nous croisons de temps à autre quelques longhouses, habitations traditionnelles de Sarawak. Comme leur nom l'indique, il s'agit de maisons construites toute en long où vivent tous les membres d’une même famille. De l'arrière grand père au petit-fils, chacun en occupe un tronçon. Quand la famille s'agrandit, la maison aussi.
Un semblant de route a été aménagé pour permettre à tous les engins de rejoindre le chantier, mais cela reste très loin de la nationale … voir de la départementale ou même de la communale … nous sommes plutôt dans le vicinal … et encore !
Nous arrivons néanmoins à destination. De par sa position isolée, le chantier est un petite ville en soit. Des habitations, un bar-restaurant et même, clé de voûte de la culture asiatique, un karaoké !
Le matin, levé de bonheur pour se rendre à la réunion mensuelle de coordination (traduction littérale). Tous les responsables des différents morceaux du barrage se retrouvent une fois par mois pour expliquer au client que c'est la faute de l'autre s’il est en retard. Objection votre honneur, c'est lui qui a pas voulu me faire ma route, il fait rien qu'à m' embêter. Quand on voit à combien s'élèvent les pénalités de retard, ça a de quoi vous faire hausser le ton.
Après ce spectacle (vu mon niveau dans la hiérarchie et mon expérience dans les barrages, vous vous doutez bien que j'ai fermé ma gueule. D'une part parce que j'avais rien à dire et d'autre part, parce que personne ne voulait m'écouter. De toute façon, nous sommes parfaitement dans les délais et le client nous a même donné un bon point. A ce rythme-là, si on se relâche pas et qu'on rend de bonne composition en fin de trimestre, on pourrait même être cité au tableau d'honneur.
Un repas ingurgité en 3 secondes 2 dixièmes avant d'aller au bureau (algeco ?). Un petit tour dans l'entrepôt pour voir des machines démesurées. Ça fait 5 ans qu'on a un problème à la maison avec la pompe de relèvement, j'ai ici quelque chose qui pourrait aisément la remplacer : une espèce d'engin (une pompe en fait) a peine plus grande que moi.
Puis, enfin, arrive la visite de chantier. En plein cagnard, la température sous mon casque doit avoisiner les 800°C … c'est environ à cette température que mon cerveau commence à faire des petites bubulles. Mais de quoi je me plains ? Ça fait tout juste 20 min que je suis dehors et quand je vois des gars qui passent la journée (le Lundi ?) au soleil, un chalumeau a la main, je me dis qu'après tout, il fait pas si chaud.
Le chantier est impressionnant. Nous sommes au pied d'un barrage de 205 m de haut (pour l'instant il n'en fait que 160 … mais c'est déjà pas mal).
Le chantier devrait être terminé dans 3 ou 4 ans (inch allah) et il faudra environ 8 mois pour remplir le lac. Une fois le barrage terminé, il faudra enlever le petit barrage provisoire, reboucher le tunnel qui dévie l'eau sous la montagne et attendre que tout ça se remplisse. Ça donnera naissance à un immense lac. De quoi rêver de dériveurs, de ski nautique, de baignade … mais n'oubliez pas que la nature est hostile. Le lac se remplira d'eau, mais aussi de serpents, crocos, sangsues, insectes bizarres et autre saloperies dont il faut généralement plus qu’un simple pschitt de Baygon pour se débarrasser.
Toujours intéressé ? N'oubliez pas la crème solaire et la cotte de maille !
Le soir, nous nous retrouvons autour de quelques bières, dans une ambiance bon enfant. Chacun y va de ses pronostics et autres commentaires footballistiques, en attendant que le mondiale ne commence.
Moi, vous me connaissez, le foot, je m'en cogne complètement … mais avec une force ! Et ça dure depuis tellement d'années, qu'à part la victoire de la France en 98 (on nous en a tellement fait un flan que même un sourd-muet-aveugle n'a pas pu passer à cote) et sa défaite en 2002 (qui m'a beaucoup fait rire) j'y connais absolument rien. Pas même le nom des joueurs (à part Zizou bien sur !). Je vous raconte pas l'angoisse à l'approche de cette coupe du monde. Évidemment, tout le monde s'enquiert de mon opinion qui ne peut être, étant français, que hautement qualifiée. Comment leurs expliquer ? J'ai bien essayé de leur faire comprendre qu'en tant que bon toulousain, j'étais plutôt rugby … mais que neni : ils veulent mes pronostics.
Alors que voulez-vous, je les leurs donne. Ah ils vont pas être déçu du voyage. J'invente, je bluffe, je tente un avis à contre courrant. Quand je m'enfonce, je me mets à parler encore plus mal anglais pour qu'ils mettent ça sur le coup de la barrière linguistique.
Non, allez, sans rire … Cette année. Je vais me tenir au courrant. Au moins de ce que fais l'équipe de France, comme ça, dans 10 jours, j'suis peinard !
Plus sérieusement, je vois ça comme un sujet universel de discussion. Pendant un mois, on cesse de vous parler des oscillations du baromètre pour vous narrer les exploits de Ronaldino (pardon Zizou) lors du dernier match contre la Papouasie Nouvelle Guinée (mais si, ils sont qualifiés).
Mon coup de gueule terminé, je me dois de préciser que j'ai passé une très bonne soirée … comme quoi !


Merci à ceux qui continuent de lire ce blog. N'hésitez pas à vous manifester, à donner votre avis ou vos pronostics pour la finale. Ça me permettra d'avoir quelque chose à dire la prochaine fois. Sinon, vous pouvez également laisser une bafouille pour dire une connerie. C’est pas interdit non plus. Enfin, toute forme de nouvelle (mail, carte postale, courrier, pigeon voyageur ou signaux de fumée) sera la bienvenue…

lundi 29 mai 2006

Tioman, again ...

Notre période “îles” touche à sa fin. Elle va céder sa place à une période un peu plus “jungle”. Histoire de faire une transition en douceur, nous retournons à Pulau Tioman , mais cette fois ci, pour un petit trek dans la jungle.
Nous partons, Paul, Fix et moi par le Bus du vendredi soir. Nous arrivons Samedi matin à Salang, au nord de l’île. Salang a l’air un peu plus animé et touristique qu’Air Batang (où nous étions la dernière fois). Nous prenons un petit dej’ conséquent et partons à la recherche d’un semblant de trace, supposé rejoindre Tekek. Nous finissons par trouver un passage un peu plus dégagé au milieu de la végétation. Nous faisons à peine quelques et le cadre change complètement. Nous avons beau être proche du village, la jungle est dense et sauvage. Nous avançons en terrain glissant, au milieu des lianes et autres branches. Il y a une ligne électrique (seul détail qui nous rappelle que nous ne sommes pas trop loin de la civilisation) qui court sur le sol. Ce câble est sensé nous indiquer la route, mais en réalité, ce n’est pas si évident de le suivre ! Nous nous écartons à peine pour prendre une photo .. . et c’est le drame : plus de câble, plus de piste. La progression est difficile et la chaleur et l’humidité ambiante n’arrange rien. Mais c’est tellement beau. Comme les Indiana Jones que nous ne sommes pas, nous fonçons tête la première, au milieu de toute cette végétation attachante.
Une rencontre toute aussi impromptue qu’inattendue avec un charmant ophidien , dépourvu de membres chiridiens évidemment (si avec ça vous ouvrez pas un dico …), du genre vert avec des dents. Il ondule gentiment entre les branches et fait mine de se camoufler quand on arrive. Pour mieux nous sauter à la gueule ? J’en doute. Il a l’air très pacifique. Mais bon, si c’est nous qui lui jetons notre gueule dessus, ça risque d’être différent. Du coup, notre progression est légèrement ralentie, non plus par la jungle, mais par la trouille. La trouille de foutre la tête dans les feuilles et de tomber nez à nez (si si, ils ont un nez, j’ai vérifié) avec un de ses cousins.
Nos autres rencontres sont heureusement plus sympathiques : un Pteromyinae, de la famille des Sciuridae, un très beau Saurien de l’ordre des Squamates et de quelques Cercopithecidae de l’ordre des Primates. Si vous vous demandez si ça m’amuse, la réponse est oui, bien évidement !
Nous finissons par arriver par une petite plage charmante. C’est très sympa mais pour continuer, nous n’avons plus que 2 solutions : remonter le pseudo sentier à la recherche de ce fameux câble que nous avons perdu depuis, fioutre, une sacrée lurette, ou bien suivre la côte jusqu’à Monkey Bay, que nous apercevons presque de là où nous sommes. Seulement, il fait trop chaud pour remonter et c’est marée haute … très haute même. Nous optons quand même pour la deuxième solution. Après avoir enfilé nos maillots, nous partons dans l’eau chaude et turquoise, avec nos sacs sur la tête. Malheureusement, comme je vous ai dit, la marée est assez haute et j’hésite à sortir le tuba de mon sac pour le donner à Fix, afin de lui éviter la noyade. Finalement, ça se joue à quelques centimètres, victorieusement gagnés sur la pointe des pieds.
Nous arrivons enfin sur Monkey Beach, où un autochtone nous attend, amusé par notre situation : Ils sont fous ces Matsaleh ! Il vit tranquilou, tout seul sur sa plage. Quelques baraques en bois pour les rares touristes, ainsi que quelques canettes de coca ! Nous discutons le bout de gras (surtout pas de cochons, c’est un malais) et puis, après avoir essayé cette sensation qui s’appelle coke (c’est mieux quand c’est frais) nous repartons dans la jungle.
La fatigue nous rattrape quand nous arrivons à ABC. Du coup, nous décidons de poser nos affaires et de changer de programme. Nous partons faire une petite plongée au-dessus d’un petit récif corallien fort coloré. Le soir, ambiance barracuda grillé (décidemment, c’est vraiment trop bon). Nous allons faire un tour à la grosse fête organisée en l’honneur des 10 ans du Marine Park. C’est très loin de ce à quoi nous nous attendions : tout le monde assis dans l’herbe, à écouter des chanteurs de karaoké, encore plus ringard et mauvais que ceux de la Star’Ac. Nous sommes scotchés par la première chanson (ça surprend pas mal), nous rigolons sur la suivante, puis nous finissons par souffrir (ça vrille les tympans) et enfin, par partir. Un dernier (thé glace) pour la route et nous rentrons nous coucher.
Dimanche matin, temps de merde. Gris et pluvieux. Comme quoi, il ne fait pas toujours beau sous les tropiques. Nous crapahutons jusqu’à Tekek, la principale ville de l’île, pour prendre le bateau. C’est hideux. Un aéroport (une cabane en bois et 1600 m de goudron), des pelleteuses, un peu d’essence qui flotte sur l’eau avant de se déposer sur une plage en béton. C’est crade et (heureusement) très loin de ce qu’on trouve sur le reste de l’île. Les seules choses qui nous font passer ici sont la présence d’un magasin duti-free et d’un embarcadère. C’est léger comme avantage quand on voit à quel point c’est moche.
Une fois les emplettes terminées, nous nous installons au bout de la jetée, le regard droit, face à l’horizon (pas tout à fait mais ça sonne bien). Nous embarquons sur le toit d’un rafiot, en route pour Mersing. Au bout d’un 30min, la situation se dégrade : il pleut, il vente, il bruine, il mouille, c'est la fête à la grenouille. Avec Paul, nous essayons de resister le plus longtemps possible. Une fois frigorifiés et trempés, nous craquons et allons nous achever à grands coups d’air climatisé à l’intérieur du bateau : si avec ça on n’est pas malade Lundi !

vendredi 19 mai 2006

25 ans à Bali

Vendredi 19 mai 2006
J’ai 25 ans. Un quart de siècle. Beaucoup d’entre vous y ont pensé et j’en suis très touché.
Ça se fête ... et pas n’importe comment.
Ne pouvant pas me libérer complètement de mes obligations professionnelles, je doit travailler le jour de mon anniversaire ! Rendez-vous compte ! Mais le matin seulement.
À midi, je sors du bureau et vais retrouver Fix. Nous attrapons nos sacs (que nous n’avons jamais l’occasion de défaire). Le temps de devenir millionnaire en rupiah et nous partons pour l’aéroport.
Carte d’embarquement. Juste un bagage à main ; merci Madame. Formalités douanières ; merci Monsieur. L’avion décolle pour se poser 3h après. Re-belote. Visa, tampons. Un autocollant dans le passeport en échange de 10 $. Ça commence à faire cher la collection Panini. Après avoir changé de pays, passé l’équateur et changé d’hémisphère, nous voici enfin arrivés à … Bali !
Il est déjà tard. Sans perdre de temps, nous prenons un taxi pour aller à Sanur, petite ville en bord de mer, au Sud de Bali. Nous trouvons un petit hôtel pour poser nos affaires. Mon sac contient 2 choses particulières, que ma famille m’a donné avant de partir. Je laisse la première de côté pour l’instant et je vais mettre la seconde au frais, le temps d’aller grignoter un morceaux. Après une assiette de riz agrémenté de plein de choses, nous passons à l’hôtel récupérer ce que nous avons laissé au frais les « 2 choses » avant d’aller nous balader sur la plage. Au bout de la jetée, nous trouvons une sorte de petite cabane : un toit et un plancher sur pilotis, au bord de l’eau.
Nous y voilà. Avant de partir, ma famille m’a donné un petit paquet et une grosse bouteille. Je n’avais le droit de n’ouvrir ni l’un ni l’autre avant le jour J (et ça n’a pas toujours été facile !). J’ouvre la seconde en premier : un magnum de champagne ! Nous sortons les verres que le resto nous a gentiment prêté. Nous trinquons. J’ouvre enfin le premier paquet : une petite boîte à musique qui joue « joyeux anniversaire » ou « happy birthday to you » ou encore « selamat hari jadi » … ça dépend du pays où l’on se trouve. Comme vous vous en doutez (ou peut-être pas après tout) il y a toute une histoire autour de cette boîte. Je vous la narrerai bien volontiers, mais je préfère attendre et la compter de vive voix à ceux que ça intéressera toujours dans quelques mois.
Pour compléter un tableau déjà parfait, j’ai même droit à un coup de fil de mes parents (et oui, j’ai aussi un numéro de téléphone en Indonésie : la classe !) Vive la technologie. Un peu comme dans cette vielle pub où 2 potes se parlent au téléphone, l’un a Paris (je crois) et l’autre sur la muraille de Chine. Le premier voit le soleil se coucher tandis que le second le regarde se lever. Vous vous souvenez ? Non ? Tant pis ! En tout cas c’est un peu l’effet que ça fait d’entendre toute sa famille vous chanter joyeux anniversaire, à 13 000 Km de là. Le monde n’est pas si grand finalement !
La soirée se poursuit. Nous refaisons le monde. Faut dire que tous les ingrédients sont rassemblés ! Un bilan sur les 25 dernières années. Un programme pour les 25 prochaines…
Le Samedi matin, prenons un p’tit dej et un taxi pour aller a Ubud, à l’intérieur des terres. C’est la capitale culturelle de l’île. Habitée à l’année par des artistes en tout genre, venus de tous les coins du monde (à priori il y en a plus que 4) la ville est une sorte de musée ouvert. Peintures, sculptures, … des galeries d’art à tous les coins de rues. Bali est aussi pauvre que la reste de l’Indonésie, incontestablement beaucoup plus que la Malaisie, mais ici, tout est beau. Les balinais ont un goût incroyable pour la décoration. Le moindre resto ou bar est tellement class qu’à Paris (et peut être même en province !!!) il deviendrait en un clin d’oeil un haut lieu de la vie mondaine.
Nous allons nous balader a Monkey Forest. Une ambiance jungle avec des singes partout et des morceaux de temples recouverts par la végétation (rien à voir avec Angkor mais très jolie quand même). Ensuite, il est temps de partir à la recherche d’un endroit pour passer la nuit. Nous errons dans les rues, ayant pour seule indication le Jazz Café. Il paraît que c’est un bar extraordinaire où ont lieu des concerts de jazz presque tous les soirs. Le but est de trouver une guesthouse à proximité. Nous finissons par atterrir dans un hotel-bungalow-art gallery qui à vue de nez ne paraît pas du tout être dans les moyens des 2 backpackers que nous sommes. Nous tentons quand même le coup. Nous bouilles adorables de jeunes étudiants (profitons en le plus longtemps possible) ainsi que la morte-saison nous valent la sympathie d’un des jeunes qui travaille ici, puis finalement de la patronne. Si bien que nous avons droit à un tarif très privilégié et que ce lieu concurrence, financièrement, les guesthouses que nous avons pu visiter. Pour ce qui est du cadre, c’est incomparable. Nous posons nos affaires dans notre petite maison et nous partons faire un plouf dans la piscine. Le jardin est magnifiquement entretenu, dans l’entrée sont exposés plein de tableaux et par-dessus tout, c’est à deux pas du Jazz Café !
Nous prenons un verre avec la patronne avant d’aller dîner. Elle nous montre sa collection de tableau. Ensuite, nous allons au Jazz Café pour passer la soirée autour d’une coupe de bière. Une ambiance folle, un groupe de haut niveau, des tounes reprises avec brio, le tout une fois de plus dans un cadre somptueux. Vous l’avez compris, si vous avez la chance d’aller à Bali, c’est là qu’il faut passer une soirée.
Dimanche matin, nous partons de bonne heure à la recherche d’un loueur de moto. Pas très difficile à trouver, le premier gars dans la rue accepte de nous en louer une pour environ 4$ la journée, assurance et casques compris ! Nous enfourchons notre superbe cylindrée : un hybride moto-scooter, avec des vitesses, dans la plus pure tradition asiatique, qui a néanmoins une bonne patate. Nous roulons vers le nord, en direction des plantations de riz en terrasse. Nous passons la journée à nous balader dans la région, nous arrêtant de temps à autre pour visiter un temple ou pour boire un verre avec une superbe vue sur la vallée. La journée passe très vite et il est temps de rentrer à Ubud, récupérer nos affaires. Sur le chemin, nous en profitons pour faire quelques courses : des souvenirs à rapporter. L’artisanat local : tout et n’importe quoi sculpté en bois
De retour à Ubud, un des jeunes de l’hôtel nous embarque pour nous conduire à l’aéroport. Nous faisons une petite halte à Dempasar, pour rendre visite à son frère … à l’hôpital. Ce dernier est beaucoup moins dans le style balinais et ne ressemble en rien, malgré un taux de fréquentation assez élevé, à un lieu touristique. Le temps d’attraper une demi-douzaine de maladies nosocomiales et nous reprenons la route. Un petit stop ‘n go sur la plage de Kuta. Rien d’extraordinaire : des boîtes de nuit, des filles, de la drogue. On parle des attentats de Bali, mais Bali n’a rien de dangereux à partir du moment où l’on ne va pas a Kuta. Et soit dit en passant, on perd pas grand-chose.
Selamat tinggal Bali. Dans nos sacs, quelques conneries en bois et un super hamac qui aura parfaitement sa place sur le balcon. Il est temps de rentrer à la maison et de retrouver Barnabé qui doit faire la gueule après un autre we passé tout seul.

Papa, Maman, Caro, Isa et Marine : Merci beaucoup. J’aurai vraiment aimé que vous puissiez me faire la surprise de débarquer comme pour mes 20 ans … la prochaine fois peut être ! Pierre-Eric, si tu savais ce qu’ils font aux huîtres … ils les grillent, ou pire, ils les mangent vivantes avec du Tabasco. C’est cruel… Marine, bienvenue en Malaisie. Julien et Guillaume, on se retrouve où, quand, comment ? Pierre, long time no see…les chinois(es) ont eut raison de toi ? Rosa, comme d’hab. Cam, te laisse pas faire par des sales mioches. Keb, tu te fais à ton nouvel appart ? Raph, y a de la place chez toi en août ?


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lundi 15 mai 2006

Semaine 11: Perhentian

Je vous entends d’ici …
« Semaine … il se fout de nous, il nous parle que des week-ends… »
Tout d’abord, au début, j’avais vraiment l’intention de vous parler aussi de ce que nous faisons la semaine. Seulement, j’arrive à peine à trouver le temps de vous parler des week-ends ! Et n’allez pas vous dire que nos semaines sont monotones (bon, d’accord, c’est le cas), mais je pense que si je commence à vous parler des « Gas Fired Power Plant - Combined Cycle », j’ai très peur de rapidement perdre une partie de l’audimat.
« Parle nous des soirées, des bars, des filles … » me dires-vous. À cela, je répondrai par 3 hypothèses :
1° : Nous sommes de jeunes gens sérieux et nous travaillons toute la semaine.
2° : Nous sommes tellement crevés en rentrant de week-end qu’il nous faut la semaine pour récupérer.
3° : Nous avons donné l’adresse de ce blog à nos parents, oncles, tantes, parrains … et tout n’est pas racontable.
L’histoire jugera …
Allez, promis, un jour, je vous parlerai des bars de KL. En attendant, il faut absolument que je vous raconte quelque chose…
Ca y est, je viens de trouver la perle rare, le paradis. Une carte postale, mais en beaucoup mieux. Une île qui relègue toutes les autres îles aux rangs de vulgaires tas de sables. J’exagère à peine. J’ai trouvé L’île… ou plutôt les îles, car il y en a deux : Pulau Perhentian Kecil et Pulau Perhentian Besar. Petit cours de Bahasa Malaysia pour ceux que ça intéresse : pulau = île ; kecil = petit ; besar = grand … et Perhentian peut se traduire par escale, arrêt, stop over … En gros, Pulau Perhentian, c’est l’île où l’on s’arrête en espérant ne plus repartir. C’est assez clair ? Pour demain, vous me ferez 3 phrases avec besar et 3 phrases avec kecil !
Bref, le malais est pragmatique dans ses appellations et ces îles portent plutôt bien leurs noms.
Un week-end de 3 jours et l’anniversaire de Paul : 2 bonnes raisons de partir dans un endroit sympa. Barnabé ne se sentant pas très bien, Fix reste à l’appart pour s’occuper de lui.
A cause des « publics holidays », les bus sont pleins. J’en prends un de mon coté pour arriver à Jerteh à 4 AM après 8h de route. Après 2h d’attentes dans une gare de bus sordide, au milieu de punaises et sous une lumière pisseuse, je prends un taxi pour Kuala Besut ou je retrouve Paul, Arthur, Aude, Romain, Audrey et Nicolas. Nous prenons un bateau pour aller à Fauna Beach, au sud de la grande île (plus sauvage que la petite). Nous débarquons sur une plage au sable tellement blanc que ça en fait mal aux yeux. Nous trouvons quelques petits bungalows à louer, à quelques mètres de l’eau, ainsi que quelques paires de palmes, masques et tubas.
L’eau est chaude, très chaude … trop chaude. On se brûle un peu au début, mais on finit par s’y habituer. Nous partons barboter au bout de la baie. Spectacle fabuleux. De toute façon, ici, dès qu’on met la tête sous l’eau, c’est beau !
Au bout de quelques temps, nous retournons sur la plage. Nous déjeunons dans un petit resto au bord de l’eau. Des hamacs sont accrochés sous les arbres, juste à la lisière, tout le long de la plage. C’est parfait pour buller un peu. Histoire de s’activer, nous nous lançons dans un magnifique match de beach-volley, sous les ovations délirantes du groupe de chinoises qui ne rate pas une miette du spectacle. Plongeons dans le sable, cries de fureur, frappes viriles… tout est bon pour amuser la galerie ! Et puis le beach-volley, c’est 10% de sport et 90% de frime ! La journée se passe paisiblement au bord de l’eau : snorkling, farniente … Une fois la nuit tombée, nous essayons un autre resto (le seul qui serve des bières). Paul a même droit à un pancake d'anniversaire !
Samedi matin. Réveil tardif. Pour quelques dizaines de ringgits, un local nous prend à bord de son bateau pour nous ammener dans différents spots de plongées autour de l’île. Après 2 ou 3 spots, nous faisons halte sur LA plage. Celle qu’on ne voie qu’en photo. À tel point qu’on finit par se dire qu’elle n’existe pas, que c’est un montage. Et pourtant …
Notre balade en bateau s’est terminée à Long Beach, la plage la plus touristique de la petite Île. Nous négocions un bateau-taxi pour rentrer chez nous, mais plus tard dans la soirée. Ensuite, après s’être nourri et désaltéré, nous partons faire un tour a travers la jungle jusqu'à Coral Beach. C’est une plage très sympa où règne une ambiance bon enfant. Petite précision, ce soir c’est la pleine lune. Peu de chance de croiser un loup garou, l’île ayant été récemment déloupgarifié. C’est surtout l’occasion d’une grosse fiesta organisée pour l’événement à Long Beach. Nous commençons par un bon dîner sur la plage. Au menu, Barracuda et autre poisson grillés sur la braise.
La soirée est loin d’être aussi excentrique que prévu. Rien à voir avec la full-moon party de Kho Phangan mais ça me convient tout à fait : tout le monde sur la plage, quelques jongleurs de feu, des gens du monde entier faisant une halte indéterminée sur l’île, de la musique … que demander de plus ? La soirée se passe paisiblement, au gré des rencontres toutes aussi hétéroclites les unes que les autres. Vers 3h du mat, nous decidons de rentrer mais nous nous retrouvons rapidement confrontés à 3 problèmes :
1 : C’est marée basse … et même très basse. Les coraux affleurent et l’on ne sait pas trop comment le bateau va passer.
2 : Le bateau est trop petit pour que nous puissions tous rentrer dedans.
3 : Notre sympathique navigateur, Surcouf devant l’éternel, est soul comme un Polonais un jour de paye.
Heureusement, comme dit la maxime: « il n’y pas de problèmes, que des solutions ». C’est marée basse, mais avec un petit bateau, ça passe (ou ça casse). Il n’y aura qu’à faire 2 voyages. Quant à Magellan, on peut temporairement se passer de ses services et prendre la barre à se place. C’est la pleine lune, l’eau est calme et l’on a que très peu de chance de se faire arrêter par la police ! Tout s’arrange. La première équipe part. Il faut juste une vingtaine de minutes pour rejoindre l’autre île. Rackam le Rouge, qui n’en est vraisemblablement pas à sa première cuite fait preuve d’une lucidité déconcertante et nous guide à travers les coraux, jusqu’à bon port. Reprenant du poil de la bête, il repart seul, le regard face à l’horizon, pour récupérer l’autre partie du groupe. Ce qui s’est passé entre temps, nul ne le sait (et certainement pas Ulysse). L’hypothèse la plus probable est que, appelé par quelques sirènes, il s’est échoué sur une plage, le temps de cuver un peu. Au bout d’une heure ou deux, il a entrouvert un œil, s’est souvenu de sa mission et a fini par récupérer nos camarades. Quels grands hommes ces marins.
Dernier jour au Paradis. Nous plions bagages et rendons les bungalows. Nous profitons du sable blanc et de l’eau claire pendant les quelques heures qui nous restent. Un bateau passe nous prendre à 15h pour rejoindre le continent. C’est tot, d’autant que les bus ne partent pas avant 21h, mais il paraît que les syndicats ont obtenu une réduction du temps de travail pour les chauffeurs de (bateau) taxi. Retour à Kuala Besut. Le bus pour KL part de Jerteh à 21h. C’est à 20 minutes de routes d’ici. Pour s’y rendre, nous nous entassons à 8 (chauffeur compris) dans une voiture de fabrication malaise. Nous arrivons à destinations presque sans encombre : nous avons juste perdu l’aile droite, un phare et une vache (véridique).
C’est une perte tragique et c’est pas drôle.


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Caro, pensée spéciale pour ton anniversaire. Marie-Hélène, j’espère que les chimpanzés vont bien. Il va bientôt être temps pour eux de partir dans la jungle. Rosa, tu vas vraiment pas t’ennuyer. Vincent et Aurélie, j’ai mon billet, je serai là pour le mariage. Pierre, merci encore pour ta recette de pâtes au roquefort. Keb’, félicitation pour ton taf et garde la trasher attitude.

lundi 8 mai 2006

Semaine 10: Pulau Tioman

Une autre semaine de boulot. Pour éviter le surmenage, il faut penser à décompresser. En guise de traitement prophylaxique, nous partons à Pulau Tioman, une île au sud-est de la Malaise. Départ en bus Vendredi soir a 23h. Nous arrivons à Mersing 6h plus tard. Un peu trop tôt pour prendre un bateau. Nous optons pour un petit dej’ frugal dans les échoppes avoisinantes. Nous faisons la connaissance de Fabien, un allemand de 25 ans qui travaille à KL et qui viens passer deux jours à Tioman pour faire de la plongée. Nous discutons en attendant le premier bateau. L’île est assez éloignée et il nous faut plus d’une heure, avec un ferry rapide, pour rejoindre la plage où nous comptons poser nos affaires.
Nous débarquons au bout d’un grand ponton, après avoir longé la cote paradisiaque et s’être arrêté sur quelques plages, le temps de débarquer du monde. C’est sur le village de Air Batang (ABC pour les intimes) que nous jetons notre dévolu. Fait très surprenant (et plutôt agréable), à notre arrivée, aucun vendeur, bonimenteur ou autre emmerdeur du genre pour se jeter sur nous en nous proposant, soi-disant, l’hôtel, le resto ou le club de plongée le moins cher de l’île. Le calme !
Nous allons réserver un bungalow à quelques centaines de mètres de l’embarcadère. Une petite cahute en bois, au bord de l’eau avec même une salle de bain. Le tout pour le prix d’une bière en France. Il s’agit pas de perdre du temps. Nous enfilons nos maillots et nous rendons au club de plongée à quelques pas de là. De même que Fabien, il me reste quelques plongées à faire pour compléter le Padi. Nous programmons nos plongées pour le reste de la journée et, en attendant, nous allons barboter en face. L’eau est à plus de 30°C. C’est hallucinant. On se sent comme dans une baignoire, sauf que c’est plus grand, plus profond, et qu’il y a des milliers de poissons colorés qui passent dans tous les sens ! Au bout d’une heure, nous sortons pour nous rafraîchir un peu.
Les premières plongées ne sont pas extraordinaires. Il s’agir surtout de faire et refaire des exercices fait et refait en piscine : enlever son masque, le remettre. La même avec la ceinture de plombs, la bouteille et le maillot ! On échange nos détendeurs tout en faisant beaucoup de bulles. On se raconte quelques blagues en langage des signes. Le tout dans la joie et la bonne humeur. Mais à la fin de la journée, nous en avons fini avec toutes ces formalités et sommes fin prêt pour le grand bleu.
Mais ça attendra demain. Dans l’immédiat, nous partons à la recherche d’un resto. Nous en trouvons un très chouette, au bord de l’eau (ici, tout est au bord de l’eau) où nous dégustons du barracuda grillé : un régal ! Ensuite, nous retrouvons l’équipe du club de plongée au Lime-Tree Café, un des seuls bar des environs. Ou en tout cas, ce qui y ressemble le plus. Quelques chaises posées sur le sable. Nous rejoignons la communauté internationale des habitants de Tioman. Quelques malais, un anglo-kenyan assez roots, qui cherche à installer ses bureaux sur l’île, une québécoise à qui appartient le bar, australien, anglais, allemand, français … L’annexe de l’ONU en quelques sortes ! Nous jouons à un petit blind-test musical, sur des morceaux que nous n’avons jamais entendus auparavant. Quelques bières fraîches. Le temps s’est arrêté. Plus de repères. La nonchalance tropicale dans toute sa splendeur.
Mais la fatigue de la journée et la nuit blanche dans le bus nous rattrapent. Nous rejoignons nos bungalows où Morphée nous attend.
8.00 AM. Je retrouve Fabien pour prendre un petit dej’ avant d’aller plonger. Des pancakes aux fruits exotiques, arrosés de miel. Ici pas de sirop d’érable. J’entends déjà les québécois les traiter d’hérétique. N’allez pas dresser le bûcher tout de suite. Laissez- moi le temps d’en reprendre.
Rassasier et légèrement en retard (réflexe occidentale) nous filons récupérer notre matériel avant d’embarquer sur un rafiot qui ne semble flotter que grâce à ses multiples couches de peintures. Nous arrivons sur le lieu prévu pour notre plongée matinale. La mer étant toujours aussi chaude, ce n’est vraiment pas difficile de se mettre à l’eau.
Ca y est, nous y voici. Enfin ! Notre première plongée digne de ce nom. Un aquarium. Et encore, le mot est faible. Nous ne savons plus où donner de la tête. Tout est coloré et bouge autour de nous. Pendant une heure, nous profitons du spectacle son et lumière qui nous est offert. Mais si le temps s’est arrêté à la surface, la jauge de pression nous rappelle que sous l’eau, il n’en est rien et qu’il est temps de remonter. Le bateau est toujours à flot. Nous grimpons dessus et rejoignons le centre, le temps d’évacuer un peu d’azote et de reprendre des bouteilles pleines. Fix est déjà prêt. Il est midi, mais nous n’avons pas le temps d’aller manger. Nous repartons vers le Sud de Tioman.
Cette dernière plongée est de loin la plus belle. Des coraux encore plus colorés, des milliers de poissons de toutes les couleurs,. Nous voilà en plein dans « Le monde de Nemo ». Une grosse tortue passe paisiblement au milieu de nos bulles… Je ne sais pas comment vous décrire tout ça sans tomber dans le banal, le cul-cul ou le ridicule. C’est énorme !

Merci infiniment à tous ceux qui prennent le temps de lire ce blog et encore plus à ceux qui laissent des commentaires. Selamat Hari Jadi à tous ceux du mois de mai : Camille, Pauline, Florent, Caro, Ludo, Vincent, Olivier … et à tous ceux qui me pardonneront (je l’espère) de les avoir oubliés.


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