Sans rapport aucun avec la fameuse soirée plage de Ko Pha Ngan qui consiste à se trémousser sur de la musique électronique, si possible en laissant tout un tas de seringues usagées sur une île du sud de la Thaïlande, la Full Moon pour les Chinois se fêtent 1 mois après la naissance de leur bébé. Même si ce n’est pas pile poil le jour de la pleine lune, mais chut !
Pour cette occasion, la coutume veut que l’heureux papa distribue à ses collègues de bureau une superbe boite-panier-repas comprenant, entre autre, du riz (encore et toujours), un œuf peint en rouge – couleur synonyme de bonne nouvelle – et quelque chose qui s’apparente à première vue à de la pâte d’amande, mais ici, on sait jamais ! Si Forest Gump était là, il dirait, la bouffe chinoise, c’est comme une boite de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber. Sauf qu’avec les chocolats, à part celui dégeux à la liqueur, même quand c’est pas génial, c’est quand même bon.
J’ai reçu mon premier Mac Full Moon aujourd’hui, dans une ravissante boite en carton sur laquelle figure une chouette photo d’une maman avec son bébé, tous deux de type franchement caucasien, à la peau très claire et aux cheveux très blonds. Heureusement, la boite précise aussi que c’est « un cadeau parfait pour célébrer la nouvelle lune du nouveau-né de manière traditionnelle » Si c’est marqué sur la boite, c’est rassurant !
Et comme on est en Malaisie, le panier repas se décline en version halal pour les collègues malais et en version végétarienne pour les collègues indiens. Malheureusement, il n’y a pas encore de version vin & fromage pour les collègues français.
Tant pis, j’vais continuer à manger du riz !
p.s : après vérification, il s’avère que ce n’est pas de la pâte d’amande mais plutôt une sorte de pâte de lotus, ultra-calorique, le tout ayant une bi-consistance pour le moins étrange. C’est finalement pas si mauvais.
lundi 22 octobre 2007
Full Moon Party
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mercredi 10 octobre 2007
Plus près de toi, mon Dieu !
Et d’un ! Le premier Malaisien vient de partir dans l’espace.
C’est un grand pas pour l’homme, mais un pas de géant un pays qui, rappelons le, a pour objectif de rejoindre le rang des pays développés d’ici 2020. Le fameuse « vision 2020 » ou plus localement « Wawasan 2020 – Malaysia Boleh ! »
C’est aussi un bon prétexte pour vendre des ticheurte dédicacés en faisant de la pub pour Astro, la bonne vieille télé par satellite, mais ce n’est pas le sujet de cette brève.
Le cas de Sheikh Muszaphar Shukor, promu au rang de héros national, a quand même pas mal pris la tête des autorités religieuses du pays, forcées de statuer sur un cas plus qu’inhabituel : comment observer l’Ibadah quand on est dans l’espace ? Ah oui, parce que pour ceux qui ne sont pas au courrant, non seulement ce jeune docteur part faire la bringue avec les buveurs de vodka à bord d’un vaisseau commandé par une femme, mais en plus, il part pendant le ramadan ! En Malaisie, on plaisante de moins en moins avec la religion et, quand un malais doit faire la une de la presse internationale, il vaut mieux faire bonne figure.
Alors, il y a un peu plus d’un an, l’agence spatiale de Malaisie et le ministère du développement islamique se sont réunis pour répondre à tout un tas de questions essentielles que personne ne s’était jamais posé, à savoir :
- Comment prier accroupis sur un tapis lorsqu’on flotte dans l’air ?
- Comment prier en direction de la Mecque quand on fait 16 fois le tour de la Terre en une journée ?
- L’astronaute doit-il effectuer ses 5 prières quotidiennes à chaque révolution terrestre, soit un total de 80 prières en 24h ?
- Comment faire ses ablutions en apesanteur ?
- Comment l’astronaute doit-il respecter le jeûne dans ces conditions ? Doit-il obligatoirement faire 16 Buka Puasa par jour et prendre une douzaine de kilo avant de rentrer sur terre
Heureusement, en Malaisie, on a peur de rien. Là où il y a un problème, il y a une solution. Toutes ces questions et bien d’autres ont finalement trouvé réponse : de longues heures de travail acharné ont abouti à la genèse du petit guide « comment pratiquer l’islam à bord dans l’espace » dans lequel il est dit que, par exemple, l’astronaute se réglera sur l’heure de Baïkonour pour tout ce qui concerne prière et jeûne et il utilisera au moins 3 serviettes jetables imbibées à la place de l’eau pour les ablutions.
Un guide à se procurer de toute urgence si le réchauffement climatique s’accélère.
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mardi 25 septembre 2007
Moon Cakes Festival
Dans la série cadeaux professionnels, plusieurs de mes fournisseurs m’ont récemment offert des moon-cakes.
Mais quesako me diras-tu, toi qui parle mieux le patois que l’anglais ?
Vers l’arrivée de l’automne, notion qui n’a aucun sens en Malasie, donc disons plutôt, vers septembre, selon le calendrier lunaire, arrivent le Moon Cake Festival, ou encore festival de la mi-automne ou fête de la lune, qui est, après le nouvel an, le deuxième plus important des innombrables festivals chinois qui ponctuent l’année. En Malaisie, il s’agit aussi du festival des lanternes, mais là, si tu l’permets, j’vais plutôt te parler des moon cakes, ou gâteau de lune comme on dit dans la langue de Pierre Arditi.
A cette occasion, les Chinois s’offrent et mangent des moon cakes, sorte de gâteaux ronds comme une lune, avec un beau symbole chinois dessus dont je connais toujours pas la signification, fourré entre autre à la pâte de Lotus, de soja à la purée de haricot rouge ou autre excentrique garniture. Le fin du fin, c’est d’avoir un œuf pourri, cuit heureusement, au cœur du gâteau. Les Chinois raffolent de ce mélange sucré-salé. Pour ma part, j’aime mieux que les choses soient clairs : un gâteau, c’est sucré. Point. Pas d’œuf siouplait ! Mais comme de toutes façons tout est marqué en chinois, j’ai parfois des surprises.
A l’origine, ils se servaient de ces gâteaux pour faire passer des messages cachés. C’est paraît-il comme ça que fut organisée la révolte des chinois Han contre la dynastie mongole Yuan. La guerre étant temporairement finie, le message est remplacé par un œuf pourrite.
Ces moon cakes ont aussi la fâcheuse tendance d’être ultra calorique. Bien que mesurant moins une dizaine de centimètres de diamètre – plutôt petit pour une lune – ça suffit à nourrir une famille complète, y compris les grands parents, pendant une bonne semaine. Alors, oui, les Chinois sont petits et n’ont généralement pas beaucoup d’enfant, mais quand même ! Je serai d’avis qu’on remplace les rations de survie dégeux qu’on trouve dans les radeaux de sauvetage par ces moon cakes plus parfumés et tout aussi nourrissant.
Tous à vos balances !
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lundi 3 septembre 2007
Ma peau de chagrin
Dans leur boulot, certains reçoivent des cadeaux du genre publicitaire : tee-shirt, stylo, montre, pin’s à une certaine époque, généralement sérigraphié de façon plus ou moins discrète ; d’autres reçoivent des pots-de-vin en espèce ou en nature ; enfin, certains ne reçoivent rien du tout. Mais combien d’entre vous ont reçu un cadeau vraiment original ?
Un des gars de mon équipe, dont je vous ai déjà parlé m’a gentiment offert un souvenir made in Bornéo : un chat léopard, qu’il a bravement chassé, tué, dépessé, mangé et dont il a patiemment tanné la peau pour me l’offrir.
C’est-y pas mignon ? Il m’a suggéré de la tendre sur un cadre, m’assurant que ça ferait une décoration du meilleur goût dans mon salon.
N’empêche que, aussi honoré et touché que je sois par un tel cadeau, je suis bien emmerdé ! D’une part parce que ça fout la pétoche aux nanas qui daigneraient venir dans mon appart, mais aussi, parce que c’est bibi qui risque de finir au trou pour trafic de fourrures d’espèces protégées si j’essaye de la ramener en France.
Depuis l’épisode du pangolin, j’avais un peu zappé l’histoire du bibelot en peau de machin. Il m’a tristement annoncé que son beauf lui avait embarqué la peau du dit-pangolin qu’il trouvait très assortit à la table de sa cuisine ! Quand on sait que la région d’où vient Joachim est célèbre pour ses tribus de chasseurs de tête, j’commence à me faire du souci pour la mienne, de peau.
En attendant de trouver mieux, Isidor – le chat léopard un peu mort – a élu résidence sur un des accoudoirs de mon canapé. Si vous avez une meilleure suggestion, je suis preneur !
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samedi 1 septembre 2007
Marins en lutte
Un cocktail à l’ambassade…encore ! Un ministre en visite …encore ! Du champagne et des petits fours…encore !
Et toujours les mêmes discussions :
- Et sinon, vous faites quoi dans la vie ?
- Euh, bein, je fais des barrages (pour faire simple). Et vous ?
- Avant j’étais plongeur-démineur, nageur de combat… et maintenant, je suis Capitaine de Frégate sur « le Var ». Nous sommes amarrés à Port Klang
- Ah ! Quand même ! Ça claque, ça !
- Ca vous direz de venir faire la fête sur le bateau avec nous ce soir ?
- (…)
- On vous emmène et on vous ramène !
- (…)
- Il y a plein de champagne à bord !
- (…)
Bon, ok, j’exagère un peu mais faut m’excuser, j’ai quand même passé deux ans à Marseille. Ca laisse des traces. Ceci est loin d’être une discussion ordinaire. C’est le genre de proposition qu’on ne reçoit pas tous les jours. C’est vrai qu’avec tous ces gars en uniforme blanc, on aurait put se douter de quelques chose. Mais de là à les suivre pour faire la bringue sur un gros bateau, au frais du contribuable – vous, toujours pas moi – y a quand même de la marge. Et puis, sans vouloir être de mauvaise langue, je pense qu’être en compagnie de jolies jeunes filles a contribué un peu (beaucoup) à la spontanéité de l’invitation du commandant.
Bref, après avoir remercier l’ambassadeur, nous nous éclipsons en compagnie de ces gars de la Marine, direction Port Klang. Permission de monter à bord ? Accordé ! C’est très important de respecter le protocole.
La soirée commence – ou se poursuit – par un autre cocktail sur la plage arrière du bateau. Celle-ci est suffisamment grande pour recevoir plusieurs centaines de personnes, une piste de danse, quelques canons et un hélicoptère. Après quelques coupes, le comandant vient nous proposer une visite du navire, que nous acceptons bien volontiers. Puis, en sortant du poste de commandement, nous nous voyons inviter à rejoindre l’amiral (oui, parce que ce bâtiment héberge aussi l’état-major de la zone Océan Indien) dans son carré. Nous sommes en petit comité, en compagnie d’attachés d’ambassade un peu plus décontractés qu’au cocktail. Au menu, champagne, fromage et excellent vin rouge. Dans la Marine, on sait recevoir.
J’en profite pour réviser mes leçons sur les grades et la hiérarchie – ce sur quoi je ne suis toujours pas au top. Quelques coupes plus tard, le commandant nous fait signe de le suivre dans le carré des officiers où l’ambiance est, paraît-il, plus jeune et plus festive. Il ne nous a pas mentit. Nous entrons pile au moment ou ces officiers, dont la plus part on pratiquement notre age, entonnent gaiement, bien que nous soyons le 1er Septembre, « Le 31 du mois d’Août »
Je passe vite fais sur les anecdotes diverses qui ponctuent la soirée. Comme j’aime à mentionner que le monde est ridiculement petit et que j’aime encore plus argumenter sur ce sujet, je me permets d’ajouter que j’ai rencontré sur ce navire, un gars avec qui j’ai fait une partie de caps il y a 4 ou 5 ans, et qui est maintenant pilote d’hélicoptère dans la Marine Nationale (le dit hélicoptère étant sur là où a eu lieu le cocktail, faut suivre). Incroyable, non ? Quand Max apprendra ça, il va halluciner !
Les bonnes choses ayant une fin, nous nous éclipsons juste avant le chant du clairon et le lever des couleurs, en remerciant une millième fois tout l’équipage pour cette fabuleuse soirée et en disant : « à la prochaine ! »
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samedi 25 août 2007
Ils chutent en riant
Vous avez déjà vu quelqu’un tomber à pic ?
Au sens propre du terme, j’entends …
Alors que je passais en Jaguh sur Jalan Sultan Ismail - oui, parce que j’ai une Jaguh - j’ai vu un homme tomber du haut de la KL Tower . Un peu comme dans la chanson de Jacques Higelin. Croyez-moi, ça tombe vite ! Au bout de quelques interminables secondes et à peine quelques dizaines de mètres du sol, il eut la bonne idée d’ouvrir un parachute !
Une fois n’est pas costume, le week-end dernier, le gouvernement a donné son autorisation à toute une bande de fou désirant faire du Base Jump du haut de la KL Tower .
Ne t’inquiète pas Maman, même si j’eusse voulu (j’eusse bien voulu en fait), ce n’était ouvert qu’à une poignée de base-jumpers expérimentés, licenciés, baptisés et pré-extrême-onctiés, ayant à leur actif des milliers de sauts et une énorme médaille de Saint-Christophe.
Même si le cadre semble se prêter idéalement à ce sport (haute tour, beau surplomb minimisant les risques de fracassages de têtes sur la paroi) mes quelques cours de physique me laissent penser que 300m, c’est quand même court pour sauter, ouvrir un parachute, s’emmêler les pinceaux, paniquer, éviter la paroi et son pote qu’à voulu sauter en même temps pour faire une blague…et finalement s'arrêter avant d'embrasser brutalement la forêt primaire qui entoure la Menara.
Statistiquement, il paraît quand même que c’est moins dangereux que de faire de la moto à Kuala Lumpur. J’devrais peut-être changer de moyen de locomotion, moi !
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mercredi 15 août 2007
Quel beau métier, professeur !
Afin d’épargner quelques secondes de doute à ceux d’entre vous qui ont toujours un pied au XIX siècle, je vous propose de lire un petit article très bien fait sur le thème « comme regarder mes photos »
Pour cela, il vous suffit de cliquer sur : Professeur Rémi
Pour ceux qui ne parleraient pas couramment le rosbif, il y une fonction «traduction », en bas a droite de la page web. Par contre, faudra que je pense à lui demander de faire une note pour expliquer comment s’en servir.
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vendredi 10 août 2007
La Thaïlande, ses Temples, ses Ping-Pong Shows
J’ai parfois l’impression d’écrire une saga. Pour rendre ça plus palpitant, j’devrai peut être commencer avec une voix grave et un résumé des épisodes précédent. Ça donnerait un truc du genre : « Previously au Laos … ». Malheureusement, je sais pas trop écrire avec une voix grave.
Le plus fatigant dans les voyages, c’est les transports. Les cuites avec les locaux aussi, mais en premier, ce sont les transports. Après 14h de train pas couchettes et pas suspensions, nous sommes éreintés. Pour une raison qui m’échappe, le train de 18h15 , arrivant à 4 plombes du mat à Ayutayah avait des couchettes. Mais 4h, avouez que c’est une heure bâtarde. Y a pas pire pour débarquer dans un bleb : les bars sont déjà fermés et les GH (lisez GuestHouse) sont pas encore ouvertes. Du coup, nous préférons prendre le train de 19h20 qui arrive à Ayutayah vers 7h du mat et du retard. Tant pis pour les couchettes.
Après avoir déposé nos sacs chez Tony’s Place, nous louons des vélos pour voir un peu les ruines.
Séquence histoire : Ayutayah est l’ancienne capitale du royaume Siam. C’est très joli plein de temples en ruines. Comme des temples, nous avons bien dû en voir 453 297 pendant notre périple, nous nous contentons de nous promener entre les ruines dans une ambiance de détente.
Et puis finalement, nous posons un pied dans la cité des anges – bien que les anges d’ici ne ressemblent que très peux à ceux de nos campagnes. Après l’ancienne capitale, la nouvelle. Bangkok pour les touristes, Krung Thep (1) de son petit nom.
Bangkok, c’est un peu comme le "point rencontre" dans les super marchés ou les aéroports. On y croise en permanence des gens qu’on a croisé quelques semaines auparavant au Laos, en Thaïlande ou en ailleurs en Asie. C’est la ville des retrouvailles. En ce qui nous concerne, nous y retrouvons des amis de Caro qui reviennent du Sud (de la Thaïlande, bien sûr) Ils passent une dernière journée a Bangkok avant de s’envoler pour l’Europe.
Nos quelques jours à Bangkok se partagent entre visite de temples, encore et toujours, et surtout shopping. Bangkok est l’endroit idéal pour acheter tout un tas de conneries inutiles, de cadeaux a ramener et surtout, comme c’est la fin du voyage, on a pas besoin de se coltiner tout ce farda de bus en tuk-tuk, à pied en voiture à cheval … et en bateau à voile.
Bangkok est également l’endroit idéal pour assister au ping-pong show, mais la bienséance et me protectrice Môman m’interdisent de conduire ma sœur dans ces lieux de perdition pour marin égaré et touristes hollandais. Tant pis, j’irai avec Guilhem, après le départ de Caro.
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(1) Son nom complet sonne un peu comme: Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit ; ce qui veut dire un truc du genre: Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn !!!
T’as compris qu’on s’mouche pas du coude en Thaïlande !
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mardi 7 août 2007
Le Laos, ses Croissants, sa Pétanque
Luang Prabang.Je ne serai pas vraiment dire pourquoi, mais Luang Prabang m’attire depuis pratiquement le début de mon séjour en Asie. C’est donc avec un poil d’émotion, un brin d’excitation et surtout les jambes ankylosées par 2 jours de botepipole que nous débarquons dans cette ancienne cité coloniale. C’est un joli petit bled, plutôt calme et propre pour une ville asiatique – sûrement depuis qu’elle est classée patrimoine mondial par l’Humanité et par l’UNESCO – où l’on ressent très largement l’influence coloniale française. Beaucoup de vieux laotiens parlent encore français. On vend des sandwichs dans la rue, des vrais, fait dans de la baguette ! On trouve même des boulangeries qui vendent des croissants ! Et surtout, fin du fin: les Laotiens jouent à la pétanque !!! Par contre, il semble que le Pasti’ ait disparu. Comme quoi, ils ont un curieux sens des priorités, ces gens là !
Luang Prabang est notre plus grosse étape. Nous y passons un peu plus de 4 jours, à se balader dans les rues ou sur le bord du Mekong, à visiter quelques pagodes, à se lever à 6h du mat’ pour assister à la collecte du riz par les moines, à exploser notre budget dans les marchés de jour et de nuit, boire quelques Beerlao, à gravir des cols super raid en vélo – hein, Caro ? – pour aller voir quelques chutes d’eau … bref, à profiter du temps qui passe.
C’est d’autant plus appréciable qu’il est relativement rare que, pendant un voyage, je me pose aussi longtemps au même endroit. Si j’étais un vrai écrivain du Guide Vert (j’t’ai déjà dit qu’il fallait pas l’acheter celui là ?), j’me permettrai des petites comparaisons olé olé du genre : Luang Prabang, c’est comme la bière locale, c’est meilleur frais et ça se déguste à petite gorgée.
Faudra que j’pense à mettre un copyright sur celle là, avant qu’on me la pique.
Après avoir bien profité de notre séjour et surtout comme tout à une fin (sauf le saucis… quoi ? Tu la connais déjà ?) nous partons pour Vang Vieng. En fait, l’idée, c’est surtout de faire une halte pour couper la route entre Luang Prabang et Vientiane, car ce que j’ai entendu de Vang Vieng m’a pas vraiment emballé.
La route entre les deux villes collerait la gerbe à quiconque n’a pas l’estomac monter sur amortisseurs Citroën. Et pas d’bol, le minibus n’en a plus, lui, d’amortisseurs. Ca tourne dans tous les sens, à tel point qu’on se demande si on ne tourne pas en rond. Heureusement c’est zolie. Et quand on arrive près de Vang Vieng, pardonnez-moi mais, ça tabasse ! Immense falaise de Limestone (j’crois que c’est calcaire en français, si quelqu’un peu me confirmer…), des rizières … un paysage de carte postale qui colle pas mal à l’idée que je me faisais du Laos.
Vang Vieng en soit, c’est moche ! C’est juste un tas de guesthouses, de bars , de resto dans lesquels on peut s’avachir sur des cousins – oui, je sais, papa, c’est pas bien d’être avachi – et … c’est a peu prêt tout. Enfin, Vang Vieng a ceci de commun avec le Cambodge que toute les boissons peuvent se boire « happy », j’entends, avec des vrais morceaux d’herbes de Provence à l’intérieur qui vous rendent « happy » ou très malade !
Vang Vieng, c’est moche, mais les alentours : excuse-moi, mon neveu ! Pour satisfaire ma sportive de sœur qui a voulu que ce voyage soit « physique », nous nous inscrivons pour une journée Kayak-Spéleo. Nous partons à quelques 20 bornes au nord de la ville où nous commençons par mettre un pied dans la grotte (le gauche, hein, c’est mieux). Aux total, nous visitons 3 grottes : Tham Chang (grotte de l’éléphant), Tham Hoi (grotte de l’escargot) et une autre dont j’ai pas bien saisi le nom. Ensuite commence la descente en Kayak. Quelques petits rapides (vraiment petit) nous rafraîchissent et nous avons tout loisir de nous en mettre plein la vue avec ce superbe paysage. Je me répète ? Vas-y faire un tour, tu comprendras !
En fait, la spécialité de Vang Vieng, c’est le tubbing. Mais qu’est ce que le tubbing me demandes-tu, toi qui parlent à peine français ? Le tubbing, c’est un sport de backpacker Australien bourré (pléonasme) qui consiste à se vautrer sur une chambre à air de tracteur pour descendre la rivière jusqu’au premier bistrot et continuer ainsi de bar en bar jusqu’au village. Nous rejoignons les « tubbers » sur la fin de notre ballade en Kayak. 2 ou 3 kilomètres en amont de Vang Vieng. C’est à peu prêt au même endroit que nous quittons le calme laotien pour rentrer dans les décibels boitedenuitesque, le tout sans quitter la rivière ! Bien qu’étant surpris – et bien que trouvant aussi ce genre de « délire » à ne manquer sous aucun prétexte – je suis un peu déçus de trouver ça au Laos. Comment dire … c’est juste pas le bon endroit !
Nous quittons cette ville de filles et de jeux pour rejoindre la capitale, en Bus VIP. Je précise parce pendant tout le voyage, une question tourne et retourne dans notre tête comme dans celle des autres passagers: est-ce que c’est ça le bus VIP ou est ce que c’est juste le bus qui nous conduit à la gare de bus, d’où on prendra le bus VIP ?
Arrivé à Vientiane, la question ne se pose plus !
Vientiane en soit, c’est mimi mais un peu trop calme. C’est le genre d’endroit qui rentre dans la catégorie bien-pour-y-vivre-mais-pas-top-à-visiter. A voir tout de même, Xieng Khuan, aussi connu sous le nom de Buddha Park, où un illuminé notoire a rassemblé tout plein de sculptures, pas du tout historique, un peu hindo-buddhiste, assez néo-contemporaine.
Après tout juste 24h à Vientiane, nous passons le pont de l’amitié lao-thailandaise , qui comme son nom l’indique, permet de traverser le Mekong en toute amitié pour aller du Laos à la Thaïlande – et inversement. Puis, nous rejoignons la gare de train de Nongkai, terminus de la ligne Northeastern Line, à quelques centaines de mètres après la frontière, pour prendre un train de nuit jusqu’à Ayutayah.
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Labels: Laos
mercredi 1 août 2007
Along the Mekong
Trois semaines de voyage pendant lesquelles le boulot s’est accumulé sur mon bureau à un tel point que je ne vois même plus le soleil. Mais comme nous nous sommes tacitement mis d’accord sur le fait que ma vie professionnelle ne vous intéresse pas – ou ne vous regarde pas – je vais plutôt vous raconter mes vacances. Enfin, nos vacances, car cette fois, je suis parti à la découverte de nouvelles contrées en compagnie de ma sage-femme de sœur qui aura passé – je l’espère – des vacances plutôt pas déguex !
Apres un petit week-end aux Perhentians en guise d’apéritif, nous partons à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande. Moi, j’aime bien la Thaïlande. On y mange bien, les gens sont gentils, les paysages variés, les filles jolies, les tuk-tuk my friends et les massages pas chers. Caro, de la Thaïlande, elle connaissait que l’aéroport et la route entre Bangkok et la frontière cambodgienne, ce qui est bien mais pas top. Du coup Chiang Mai, c’est bien pour commencer.
Deuxième ville du pays, la « Rose du Nord », comme signifie son nom en Thaï, est beaucoup plus calme et culturelle que la Capitale. Avec environs 1600 temples à visiter, ça laisse pas mal de possibilité pour le 3ème age en vacance. En fait, les pagodes t’en as vu une … tu m’as compris ! Mais bon, c’est toujours sympa à voir. Alors on fait comme tout le monde. On visite des temples, prends des photos de Bouddhas et surtout, on oublie pas de se déchausser en rentrant.
Le deuxième jour, nous louons une moto pour aller se balader sur le Doi Suthep, à 15km au nord ouest de la ville. Au programme, pour changer, visite d’un temple : le Wat Phrathat Doi Suthep , puis les jardins d’hiver du roi (que nous ne pouvons pas visiter car ils sont fermés), un village Hmong , puis Bo Sang, un autre village spécialisé dans la fabrication d’ombrelles et San Kamphaeng, qui d’après le Lonely Planet serait spécialisé dans la fabrication de la soie mais qui en vrai ne présente pas vraiment d’intérêt.
Comme nos visas pour le Laos nous ont coûté environ 40 $ chacun et que nous avons hâte de les faire tamponner, nous prenons un bus Chiang Khong, petit bled situé sur les bords du Mékong, en plein cœur du Triangle d’Or et qui sert de poste frontière avec le Laos. Rien de particulièrement passionnant ici : c’est une ville étape. Les gens sont là parce que c’est le seul point d’entré au Laos sur des centaines de kilomètres mais personne n’a envie d’y passer plus d’une nuit. C’est à peut prêt ce que nous essayons gentiment d’expliquer à « l’étudiante en tourisme » qui nous fait remplir un questionnaire de satisfaction sur le développement du touriste dans la province (développement ? ). A noter cependant, un Thaï un peu fou qui a construit un véritable tipi, digne d’un grand sachem. Le premier étage (c’est un duplex !) lui sert de logement, le rez-de-chaussé étant un bar lounge ! Attention, c’est très concept. Nous y faisons connaissance avec une bonne partie de ceux qui seront avec nous sur le bateau le lendemain. Je recommande fortement cet endroit à ceux qui seraient de passage a Chiang Khong.
Debout de bonne heure, nous ingurgitons un petit déjeuner diététique et nous partons pour la frontière. J’ai oublié de vous dire que c’est un package que nous avons booké à Chiang Mai, comprenant, le bus jusqu'à Chiang Khong, la nuit en GH avec les repas, le transfert jusqu'à Huai Xai (ville frontière laotienne, en face de Chiang Khong) et 2 jours de bateau jusqu'à Luang Prabang. Ca revient presque au même prix et on évite des heures de négociations inutiles. Mais malgré tout c’est fou les extras que l’on doit payer, même quand on a un forfait « tout compris » :
-5 Baht a la frontière Thai … il paraît que ce sont des frais de sortit !
-10 Bath pour traverser le Mekong en bateau … en fait les 10 B, c’est pour les sacs à dos, le ticket « tout compris », qui comprend aussi la traversée du fleuve, c’est juste pour toi ! Ton sac fait pas partit du package, il est en supplément. Tu penses s’ils doivent en croiser beaucoup des voyageurs sans bagages !
-20 Bath au poste frontière du Laos. C’est sûr, on a déjà payé 40$ pour le visa, mais c’était sans compter le coup de tampon de Môssieur. le douanier !
Et nous voilà enfin en RDP Laos. RDP pour République Démocratique du Peuple. Faut vraiment pas avoir la conscience tranquille pour appeler son pays comme ça ! En règle générale, chaque fois qu’on a à faire à un c’est un machin-chose « du peuple », il y a toujours une minorité qui s’en met plein les poches et le peuple en question, il a pas un Carambar. Niveau libertés, c’est pas mieux. Note que ça marche aussi avec « populaire ».
Cette petite élucubration terminée, je reprends le fil de l’histoire.
Nous voguons maintenant sur le Mékong. A droite, la Thaïlande, à gauche, Le Laos. C’est beau, c’est paisible mais surtout, c’est lent. Environs je-sais-pas-combien de km, à parcourir en bateau, ça prends environs 16h en 2 jour. Les premières heures sont fantastiques. Une fois qu’on a réussi à se trouver une place pour ses jambes aux milieux des dizaines d’autres passagers – si possible à l’avant du bateau pour éviter le bruit du moteur – le paysage est vraiment impressionnant. Et puis la lassitude s’installe, les muscles s’ankylosent et ce pu***n de bateau ne va toujours pas assez vite.
Je me relis et je réalise que j’ai l’air d’être de sacrement de mauvais poil. Je vais mettre ça sur le compte de la fatigue et m’arrêter là. Je reprendrai la suite de l’histoire en arrivant à Luang Prabang, après une bonne nuit de sommeil.
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samedi 14 juillet 2007
Aux verres, Citoyens !
Si j’ai eu la chance d’en profiter l’an dernier, j’ai cependant manqué l’occasion de vous raconter un peu cet évènement tant attendu par les français hors de France. Je précise "hors de France", parce que lorsqu’on a droit en tout et pour tout à un défile sur les Champs retransmit en DolbyStereo et une Allocution Pestilentielle en son THX, la prise de la Bastille, on s’en cogne un peu et au bout de 218 ans tout rond, le symbolisme commence à s’écorner.
Mais à l’étranger, pardon ! Pour se faire pardonner de ne pas avoir réussi à en un faire un jour férié international, les représentant officiels de l’hexagone organisent pour leurs cons citoyens une bamboula du tonnerre.
Selon les termes officiels, nous sommes conviés à un cocktail dans le jardin de l’ambassade, de 18h à 21h. Tenue correcte exigée bien évidemment, nous débarquons avec un brin de retard, en pleine Marseillaise. Dieu Merci, les buffets sont encore intacts.
Je ne cherche absolument pas à faire preuve de mauvais esprit mais bien de réalisme : aussi loin que nous puissions être de notre chère mère Patrie, la Fet’ Nat réveille les tendances franchouillardes tapis perse au fond de chacun de nous. Le 14 Juillet, plus que n’importe quel autre jour de l’année, il nous faut du fromage et du vin rouge. Et en c’qui concerne la matière première, M’sieur l’ambassadeur n’est pas chiche sur les quantités. La qualité aurait pu, aurait du être là si le service des douanes n’avait pas fait de chichis et avait gentiment laissé passer le chargement de Vin, en provenance directe de la seule région du monde ou on sait en produire qui soit digne de ce nom. On a du se contenter d’une gros rouge qui tache, à 25 RM la boutanche (dans ce cas précis, le terme « bouteille » ne s’applique plus). Niveau fromage par contre, rien à dire. Le buffet a été régulièrement réapprovisionné jusque vers 23h et des brouettes. Oui, parce que malgré l’extinction des feux programmés à 21h, les gendarmes gantés de blanc et plutôt détendus ne nous ont poliment mis à la porte que sur les coups de .. j’sais pas exactement mais bien après que le carrosse de cendrillon se soit changé en citrouille.
Pour résumer, une bonne soirée comme on devrait en organiser une fois par mois, sans Rocher Suchard mais avec un buffet qui s’pose là, du Champagne et même du Ricard dans un verre ballon (sans blague), des mondains, des officiels, des officieux, des Dato’ avec leurs Datin’, des gendarmes aux gants blancs, une cantatrice et tout un gros paquet de pic-assiettes, le tout dans la joies et la bonne humeur !
Two thumbs up for the ambassador dont le bon goût sait toujours charmer les invités !
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mardi 10 juillet 2007
Le confesseur s'endort
La première du clan à venir me rendre visite va être reçue comme une princesse. Au menu, un peu d’adaptation à la culture locale et aux chauffeurs de taxi, un peu de plage, un zeste de jungle, une pincée de temples, quelques visites à droite, à gauche, laisser cuire à thermostat 4 jusqu’au 26, et nous partons main dans la main, de tuk-tuk en tuk-tuk, vers de folles aventures au pays des ping-pong shows et au pays du million d’éléphants.
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jeudi 10 mai 2007
Java 2 sans 3 ...
Mais bon, plus on est de fou, plus on rit.
Sans perdre de temps, nous prenons un Bus jusqu’au temple de Prambanan (et non pas « prends banane ! » qui est un peu trop impératif – c’est nul ? et alors ?). Une dizaine de dollars US plus tard, nous nous retrouvons dans une réplique moins imposante des temples d’Angkor, qui a bien souffert des tremblements de terre qui ont eu lieu dans la région au cours des dernières années. Ah oui, j’en profite pour préciser au passage, pour ceux qui lisent jamais les journaux, qu’au jeu des 7 familles des catastrophes naturelles, l’Indonésie, elle a peu bonne pioche à chaque fois: tsunamis, éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations, glissement de terrain, épidémie de grippe aviaire … à chaque fois c’est pour sa poire.
A l’entrée, le guide est navré de nous annoncer que pour des mesures de sécurité, due à l’instabilité des pierres depuis les derniers tremblements de terre, il est interdit de rentrer dans les temples. Le même guide, durant la visite, proposera de nous faire rentrer en échange d’une poignée de rupiahs. A force, on finit par s’habituer à cette sensation de « mais-il-se-foutrait-pas-de-ma-gueule-des-fois-lui ? »
Après la visite de Prambanan, nous reprenons la route en direction de Yogyakarta puis Borobudur, un temple bouddhiste plus imposant et majestueux que Prambanan et surtout, en meilleur état. Le problème, c’est qu’il menace de s’effondrer sous le poids des touristes et des élèves indonésiens qui profitent de ce beau dimanche ensoleillé pour faire une petite sortie de classe. Mais ces derniers ont l’air de nous trouver plus intéressant que l’ouvrage de leurs ancêtres et nous nous faisons agresser à coup de « boleh gambar ?»(1) par les plus polis ; les autres nous prenant sauvagement en photo sans même nous demander la permission. Pour une fois, les rôles sont inversés !
Apres la visite, nous retournons à Yogyakarta, centre culturel et historique de Java, particulièrement réputé pour ses fabriques de batiks, à tel point que ça en est devenu l’arnaque à la monde. C’est dingue le nombre de « seule école officielle de batik financé par le gouvernement » qu’on nous propose de visiter. Achetez, c’est pas cher ! You want batik, my friend ? 50 $ pour un bout de tissus imprimé en machine, probablement made in China, avec des vrais morceaux de batik à l’intérieur.
Nous ne nous attarderons pas trop à Yogyakarta (et nous n’y achèterons pas non plus de batiks) Le lendemain, nous prenons un minibus – 10 heures de trajet en tout – pour aller jusqu’à Probolinggo d’ou nous prenons un autre minibus encore plus rouillé pour arriver au pied du Gunung Bromo. Comme un c… j’ai oublié que le village était à plus de 2000m et que même en Indonésie, à cette altitude, surtout la nuit, y gèle en tabarnac… Du coup, je n’ai rien d’autre pour me couvrir qu’une couverture douteuse, fournie en même temps que la chambre, le lit, les poils et les acariens. Oui, on a décidé de prendre la package, c’était plus avantageux.
Une philanthropie passagère, due à un coca vieux comme Erode consommé quelques temps auparavant et mon manque d’habitude aux températures inférieures à 20°C vont peut être bien avoir raison de ma personne. C’est à 3h du mat’ que cette pensée me traverse, quand il faut se lever pour aller voir le soleil se lever sur les trois volcans. Bon, malgré l’hypothermie, faut quand même reconnaître que c’est bioutifoule au point de vous scotcher les yeux au fond du crane.
Après ce magnifique spectacle, nous partons pour l’ascension du Bromo par la face nord (ce qui est pas si grave puisque nous sommes en hémisphère Sud) accompagné par une horde de touristes. Heureusement, ils ne s’attardent pas et nous nous retrouvons bientôt tout seul pour faire le tour du cratère fumant. En fait, ces volcans sont plutôt « actif ». Le Gunung Semeru, à quelques kilomètres de nous, lâche un petit rototo de fumée noirâtre, toutes les 20 minutes, avec une ponctualité de chef de gare.
Après une bonne journée à respirer le grand air, suivi d’une bonne nuit de sommeil réparateur, nous repartons, toujours en bus, vers d’autres paysages. En fait, « Bus » pourrait être le leitmotiv de ce voyage. En Indonésie, les distances sont grandes et les bus sont lents ; mais les trajets font partit du voyage et les bus de Java méritent d’être visités ! Tout au long du trajet, des vendeurs en tout genre défilent dans le bus surchargé, alternant avec les joueurs de guitare et autre chanteur populaire qui embarquent le temps d’une chanson. Une sacré animation qui rompt la monotonie du voyage.
Après une autre journée de transport où nous avons enchaîné successivement deux bus, un bateau et un bus, nous arrivons sur l’île de Madura, au Nord-Est de Java. Le gouvernement indonésien essaye depuis des années de faire de Madura une île touristique à la mode de Caen, une sorte de Bali bis. A voir les hôtels désertés, les piscines transformés en marécage, il semble que cette tentative soit un échec. Il n’y a pas grand chose en commun entre Madura et Bali. Nous ne nous y attardons pas et si cet endroit possède quoi que ce soit d’intéressant aux yeux des jeunes occidentaux que nous sommes, nous n’avons pas été capables de le voir.
Nous retournons à notre point de départ : Solo. Moins touristiques que sa jumelle Yogyakarta, Solo n’en a pas moins d’intérêt culturel, artistique et historique. Bon d’accord, ça sonne un peu agence de voyage et je me doute que vu l’intérêt que vous portez à la culture, vous allez pas tarder à décrocher si je continue avec mes lieux communs et mes commentaires du genre Guide Vert (que je recommande pas du tout, soit dit en passant). Le plus marquant à Solo, c’est le nombre de sourire que l’ont reçoit en ce baladant dans la rue. Alors qu’à Yogya (pour les intimes) nous étions continuellement harcelés par des arnaqueurs en tout genre, les Surakartais (2) ont l’air d’être foncièrement accueillant, venant nous parler ou nous adressant un sourire, un bonjour, sans arrière pensée, pour le plaisir de nous montrer le meilleur visage de leur ville.
Seul hic, la ville n’étant pas trop touristique, je n’ai trouvé personne qui puisse arranger l’expédition par bateau vers la France d’un magnifique Bouddha, sculpté dans la pierre et pesant un bon quintal, dont j’aurai pu faire l’acquisition pour une bouchée de pain. J’suis sur que mes parents auraient été ravis d’avoir ça au milieu du jardin ! Tant pis ...
(1) Auriez-vous l’aimable obligeance de bien vouloir poser avec moi sur ce cliché photographique que j’aurai par la suite beaucoup de plaisir et de fierté à montrer à mes amis et plus tard à mes enfants ?
(2) J’crois que c’est comme ça qu’on les appelle. Si quelqu’un a une meilleure proposition, merci de laisser un commentaire
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Labels: Indonesie
samedi 21 avril 2007
Epuisé par l'attente, il n'a plus beaucoup de fric
Enfin, pas tout à fait, mais disons que je n’ai vu ça nul par ailleurs dans ma courte vie…
J’habite en centre ville - l’hyper centre même - ce qui signifie que la plupart des manifestations et évènement en tout genre se déroulent généralement dans un rayon de 300m autour de mon appartement. Chaque fois que je sors de chez moi, j’ai droit à des mini-spectacles en tout genre !
Afin de promouvoir une boisson énergétique dont je me refuse à dire le nom, les responsables marketing/communication – que je soupçonne d’avoir fait de longues et brillantes études - ont eu l’idée géniale d’organiser un concours à l’entrée un des centres commerciaux avoisinant. Bref, alors que je profitais d’une petite promenade de santé pour aller m’enquérir de quelques sushis à emporter pour mon dîner, mes pas me conduisirent au lieu du dit concours.
Mis à part les jeux télévisés que je qualifierai de hors-concours, je ne souviens pas avoir vu jeu plus stupide, à part peut être celui qui consiste à se retrouver volontairement dans une piscine en même temps qu’un taureau. Ce jeu à malencontreusement perdu en intérêt, quand les organisateurs ont choisi de remplacer le taureau par une vachette, faisant ainsi courir moins de risques aux imbéciles
En l’occurrence, l’imbécillité est un dilemme étymologique (essayez d’écrire ça sans faute, pour voir) Plus l’appât est gros, plus l’homme est con. L’appât se trouvant être une new-beetle - soit l’équivalent en Malaisie de 40 mois de salaire d’un jeune ingénieur et 65 mois de salaire d’une secrétaire – les imbéciles se bousculaient à l’entrée.
Pour la gagner, il suffit de la toucher. Ca paraît simple ! En fait, il faut la toucher continuellement, garder sa main posée dessus pendant au moins 60 heures d’affilé ! 60 heures sans dormir, sans parler, sans s’asseoir, sans rien faire d’autre que se faire ch… avec droit de temps à autre, à une minute (montre en main) pour aller se soulager la vessie. Six concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Si au bout de 60 heures il reste encore du monde, on continue jusqu'à ce qu’il n’y en ait plus qu’un.
Même TF1 l’a jamais fait celle là ! Un peu comme dans ce bouquin de Stephen King où une centaine de gars partent pour une chouette promenade, sauf que dès qu’ils s’arrêtent, ils se font dégommer, tout ça parce que le dernier gagne plein de sous.
Patience, on va finir par en arriver à des jeux comme ça !
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Labels: Chronique
dimanche 1 avril 2007
Tradition, chasses et fêtes
En ce beau matin d’avril, Rémi et moi partons à cheval sur nos Jaguh respectives – la mienne est plus belle que la sienne – pour aller visiter Colmar.
Bien que nous soyons un 1er avril, ceci n’est pas une blague et j’ai des preuves photographiques de ce que je vous raconte. Pour la petite histoire, le Dr Mahathir, ancien Premier Ministre de Malaisie, en visite en France avec son épouse, serait tombé amoureux du célèbre village alsacien.
De retour dans son pays, toujours sous le coup de l’émotion, il suggère – car en Malaisie, le gouvernement suggère – que l’on érige une réplique de Colmar, sans oublier les géraniums aux fenêtres et les puces du village.
Comme il y avait à Bukit Tinggi de jolis sites pour bâtir, les Malaysiens ne reculant devant rien ont pétri le béton à la tonne pour bâtir ce surprenant « Colmar Tropicale » Rien n’a été oublié, pas même les restaurants servants chouchoutes ou flammekueche. Mais les spécialités alsaciennes ne s’accommodant pas avec le climat malais, nous nous sommes contentés de quelques plats plus légers : une tourte aux cailles suivie d’une escalope sur un lit de salade.
La Malaisie ne compte pas s’arrêter-la : d’ici quelques mois, c’est une reproduction du château du Haut-Koenigsbourg avec ses 200 chambres et suites, qui ouvrira ses portes juste à coté de « Colmar Tropicale » On peut déjà les voir étaler quelques carpettes sur la route.
Au train ou vont les choses, je ne serai pas surpris, d’ici quelques mois, de les voir se lancer dans la construction du Mont Saint-Michel ou dans la reproduction des calanques de Marseille …
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jeudi 22 mars 2007
What happens in Malaysia, stays in Malaysia
Je sais bien qu’il ne s’agit que d’une aventure éphémère. Les lois et les frontières y mettront un terme lorsque je quitterai la Malaisie. Qu’importe, nous vivons au jour le jour, sans nous soucier du lendemain. Notre relation n’en est que plus belle, plus intense.
Mes horaires impossibles ne nous laissent que peu de temps à partager durant la semaine, mais lorsque vient le week-end, nous partons main dans la main pour de folles escapades.
J’aime sentir la chaleur de son corps. J’aime la sentir vibrer durant nos étreintes. J’aime … pardon maman, tu ne devrais lire ça !
Certain dirait, au risque de paraît vulgaire, que c’est un beau châssis. C’est vrai ! Ce n’est pas une grande sportive, mais elle a du répondant et, bien que peu capricieuse, elle a du caractère. Elle n’hésite pas à hausser le ton quand c’est nécessaire.
J’aurai vraiment aimé pouvoir vous la présenter. La majorité d’entre vous ne la rencontreront probablement jamais. Alors pour tout ce qui n’auront pas la chance de faire sa connaissance, vous pourrez voir une photo de Kim et moi, prise à Bukit Tinggi, en cliquant ici .
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mardi 20 mars 2007
L'élu et les locaux
Il ne manqua pas de rappeler que notre devoir de citoyen ne s’arrêtait pas aux frontières métropolitaines et qu’il serait de bon ton que nous votassions lors des prochaines élections. Encore eus t’il fallut que tous ici présent s’inscrivissent à temps !
Après une légère déception - personne ne sentant le besoin de profiter de cette once-in-a-life opportunité pour lui poser une question en direct et en personne - M. le président du Sénat à solennellement déclaré ouverte la ruée vers les petits fours.
Je me demande sincèrement si ces hauts fonctionnaires sont dupes. Ces discours sont une mascarade. S’ils n’étaient pas immédiatement suivis d’une distribution gratuite de coupe de champagne, personne n’y assisterait de son plein gré. Peut être que palabrer devant une foule affamée et assoiffée suffit à leurs faire plaisir ; peut être que l’ambassade aime à rappeler au français loin de chez eux que la France les aime toujours ; peut-être que l’ambassadeur essaye de légitimer un logement de fonction aussi imposant ; peut-être qu’après tout, personne ne se soucis de ces questions car au final … c’est vous qui payez!
Encore merci à mon « contact » pour son aimable invitation. J’suis partant pour la prochaine !
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dimanche 25 février 2007
Elle aime les jolies formes philippines (Philippines 2/2)
Ca ne se voit qu’aux Philippines ! Ca à d’ailleurs bien faillit être la dernière chose intéressante que j’aurai pu voir dans ma chienne de vie.
« Mesdames et Messieurs, votre attention s’il vous plait, nous allons atterrir dans une dizaine de minutes, veuillez regagner votre place et attacher vos ceintures… » - Tu parles, Charles ! Partit comme c’est partit, je doute sérieusement qu’on puisse siroter des Mojitos dans la prochaine demi-heure. Nous approchons, à mon goût, bien trop rapidement du tarmac. Qui plus est, on tangue drôlement. Les maisons s’approchent. On peut voir les gens bronzer sur la plage. Le pilote qui, par télépathie, du sentir mon inquiétude, remet les gaz au dernier moment et annule sa tentative d’atterrissage. Et c’est repartit pour un tour ! Les gens se signent. Mon voisin embrasse sa médaille de Saint Christophe et me demande si je veux en faire autant. Nous reprenons de l’altitude. Un virage à droite, un virage gauche, m’est avis que le pilote doit être un stagiaire ! Peut être juste un job d’été … Bref, nous nous remettons plus ou moins - plutôt moins - dans l’axe de la piste. Cette fois-ci, c’est l’inverse, nous allons très lentement. Mon voisin continue à marmonner des « Ave Maria » en tagalog. Ca doit marcher puisque nous finissons par nous poser – oh, pas en finesse, ni en douceur – mais en tout cas saint et sauf, ce qui est finalement le plus important.
Je récupère mon sac sur la piste (c’est un tout petit aéroport) et je me mets en route pour Loboc. J’emprunte tout d’abord un Tricycle pour me rendre à la Jeepney station. C’est là que je réalise que je ne vous ai pas encore parlé des « Jeepneys », tellement populaire qu’ils pourraient figurer sur le drapeau national. La Thaïlande a ses Tuk-Tuk, le Cambodge ses Motodops, l’Indonésie ses Bemos … si chaque pays à sont moyen de transport folklorique et emblématique, le plus funky et le plus coloré est très certainement le Jeepney ! Fabriqué sur la base de Jeeps de l’armée américaine, le Jeepney est plus qu’un véhicule, c’est un moyen d’expression, un tableau, un lieu de culte. Bariolé, tagué, un portrait du Christ sur le capot, celui de Marie sur le toit, un message du genre « God is my Lord » ou encore « Jesus Forever », de la musique à fond les ballons, on rentre dans un jeepney autant de personnes que possible. Quand y a plus de place, on en met sur le toit. Et comme d’hab’, on n’oublie pas de se signer en montant !
Je finis par arriver au Nuts Huts, célèbre guesthouse que l’on m’a recommandée. En fait, j’arrive plutôt à un panneau marqué Nuts Huts, sur le bord de la route, indiquant un petit sentier s’enfonçant dans la forêt. La guesthouse, se trouve en fait au bout de ce chemin, à environ 1km et des bananes.
C’est en endroit très paisible, propre, au bord de la rivière, où l’on sert de la bonne nourriture … et pas cher ! De plus, c’est tenu par un couple d’européen vraiment sympathique (*). Au cas où certain se demandent si je suis pas en train de faire de la pub, la réponse est oui, parce que cet endroit mérite qu’on lui fasse de la pub. C’est le paradis du Backpacker ! On s’y sent rapidement chez soit. En arrivant, je croise un belge d’a peu près mon age. Je lui dis que je suis français, aussi tôt il me demande « t’es un ami d’Amaya ? » Avouez que ça surprend ! Un peu plus tard, je fais la connaissance de deux américains qui se baladent depuis quelques mois en asie. Il y quelques semaines, ils logeaient chez des amis à KL ! Je veux bien que le monde soit petit, mais là … Si ça continue, un de ses jours, en ouvrant la porte, je vais tomber nez à nez avec mon paternel !
Parmi tous les services proposés par la guesthouse, il y a quelques motos à louer pour la journée. J’en prends une pour visiter l’île. Je vais éviter de me lancer dans de grande description bucolique. Je laisse ça à Rousseau et compagnie. Pour voir comment que c’est zolie Bohol, tu ferais mieux de regarder les photos que j’ai pris la peine de mettre sur ce site. Ca sera plus explicite. En bref et après avoir fait le plein, je pars en direction de Corella pour visiter un centre où l’on protége les tarsiers, petits primates aux yeux démesurés qui ne vivent que sur quelques îles aux Philippines. Ensuite, je poursuis ma route, toujours en moto, à travers la jungle pour aller jusqu’à Sagbayan puis Carmen, deux points de vue sur les Chocolate Hills, ces collines parfaitement rondes qui sont, avec les tarsiers, le symbole de Bohol.
Après avoir roulé toute la journée, je rentre à la guesthouse où je retrouve Damien et Marion. Ils ont passé les premiers jours de leur séjour à Bohol sur l’île de Panglao.
Troisième journée à Bohol. Je profite de la moto pour partir explorer le reste de l’île. Au programme, jardins de papillons, champ de riz en terrasse, mangroves, jungles … Bohol est vraiment l’endroit idéal pour passer quelques jours à se balader, tout en profitant du rythme nonchalant des îles tropicales.
Les quelques jours passent trop vite et il est temps pour moi de rentrer. Petite escale à Manille. Merci Amaya pour ton accueil. C’est finit pour aujourd’hui, vous pouvez éteindre votre ordinateur, à tchao, bon dimanche !
* Anecdotes sur demande
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mardi 20 février 2007
Ne mets pas le feu à Manille (Philippines 1/2)
Je fuis l’effervescence générale et prends une semaine de vacances aux Philippines, d’une part parce que je connais pas encore les Philippines et qu’il paraît que c’est zolie et, d’autres part, parce j’y retrouve Amaya, qui vit à Metro Manila, Marion qui arrive de France et Damien, qui arrive pied par la Chine.
Première impression très dépaysantes, les Philippines n’ont pas grand chose d’asiatique. Colonisé par les Espagnols, puis occupée par les Ricains, il reste plus grand chose de traditionnel. D’après Damien, il y a du Mexique dans ce pays ! Bref, nous sommes chaleureusement accueillis par Amaya et les autres volontaires qui vivent à Makati, dans un charmant petit Baranguay où l’on trouve de tout, même un cercueil posé dans la rue (avec quelqu’un dedans bien sûr) et des gens qui boivent, mangent et jouent aux cartes autour. Apparemment, les familles sont trop pauvres pour enterrer le défunt. En cette funeste occasion, les gens sont exceptionnellement autorisé à jouer de l’argent. Les gains vont dans un pot commun pour financer une sépulture décente. Charmante coutume !
Après avoir déposer sacs et passeport et objet de valeur à l’hôtel, nous partons faire la tournée des bars de Manille. Rassurée par un charmant écriteau stipulant « Merci de déposer vos armes en entrant », nous allons prendre un verre en regardant un groupe de rock filipino, au look « tendance », massacrer quelques classiques des années 80.
Le lendemain, nous commençons par visiter les Malls (1) célèbres de la région, vestige de l’ère amerloque, suivi d’une petite balade dans la partie « historique » de Manille. Notre journée se termine par un mélancolique couché de soleil sur la mer de Chine.
Je suis sûr que tout écrivain romantico-dramatique a un jour rêvé de placer dans un de ses bouquins un petit « coucher de soleil sur la mer de Chine » Des phrases comme celle là, ça fait fondre n’importe qu’elle demoiselle (encore) à la recherche du Prince Charmant. Mais je m’égare…
Lundi matin, laissant Damien et Marion, je pars en (charmante) compagnie d’Amaya pour aller voir de plus prêt le volcan Taal, à quelques heures Manille. C’est un des seuls endroit au monde où l’on peut voir « une île sur un lac sur une île sur un lac sur une île sur un océan ! » J’explique : sur l’île de Luzon se trouve un lac, au milieu duquel se trouve un volcan (l’un des plus petit encore en activité). Dans le cratère de ce volcan se trouve … un lac et, sur ce lac, se trouve … une île ! Une version locale des poupées russes (2), en quelques sortes.
Le proprio de la Guesthouse dans laquelle nous posons nos affaires nous informe gentiment que ce soir, c’est l’anniversaire de sa femme et qu’ils organisent une petite soirée karaoké à la quelle nous sommes fortement conviés. De toute façon, notre chambre n’est séparée de la sono que par un mur si fin qu’il en est presque transparent. Manquant de méfiance, nous nous installons à table avec eux. La scène suivante n’est pas sans rappeler un célèbre passage des « Tontons Flingueurs » (oui, oui, j’parle bien de la scène dans la cuisine). Quand il ne chante pas, le Philippin boit. En deux temps. Un verre à moutarde remplit d’alcool local, cul-sec, suivi d’un grand ver d’eau, cul-sec aussi. Du coup, il chante de plus en plus mal, mais l’essentiel, c’est de participer !
Après beaucoup de fou rire, un peu trop d’alcool et trop peu de sommeil, nous partons faire l’ascension de la face sud du cratère. Le sentier que nous arpentons pourrait être plaisant si nous n’étions pas constamment bousculés et aveuglés par les nuages de poussière soulevés par des hordes coréens qui, pêchant par paresse, préfèrent monter à califourchon sur leur baudet.
Malgré cette marée humaine, la vue du sommet en vaut la peine. La dernière éruption datant de 1977. Quelques geysers de vapeur montrent bien que le volcan est toujours en activité et qu’on pourrait s’en prendre plein la face à n’importe quel moment.
Après cette ballade poussiéreuse et une séance de décrassage au milieu du lac, nous faisons nos adieux à la chaleureuse famille et nous rentrons à Manille, juste à temps pour une séance de dégustation de Baluts, spécialité asiatique, plus particulièrement philippine, réputée pour ses vertues aphrodisiaques et son aspect peu rajoutant. Un balut, ça ne se raconte pas, ça se vit !
(1) Centres commerciaux.
(2) T’as vu le film ? C’est bien, hein ?
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dimanche 18 février 2007
Amène le porc !
Mesdames et messieurs, pour votre plus grand plaisir à tous, après beaujolais nouveaux, le nouvel an chinois est arrivé. Gong Xi Fa Cai, Selamat Tahun Baru Cina, Happy Chinese New Year, Meilleurs Vœux et blablabla.
Bref, en ce nouvel an chinois, la ville est en fête et décorée de lampion rouge. Les entreprises s’arrêtent, les gens sont contents et les centres commerciaux vibrent aux rythmes de musiques chinoises qui me donnent de plus en plus envie de m’enfoncer un tournevis dans les oreilles pour ne plus avoir à entendre ces horreurs. Pardonnez mon manque d’enthousiasme mais c’est mon 3ème nouvel an en 4 mois (tu peux te rafraîchir la mémoire là et aussi là). La nouvelle année, c’est comme tout, on finit toujours par s’enlacer.
Et puis il y a aussi les feux d’artifices et autres pétards. Comme un juste retour des choses, ils rappellent au monde qu’ils ont inventé la poudre et en allument quelle que soit l’heure et l’endroit, si bien que je me réveille régulièrement en sursaut, croyant que la guerre est déclarée. Ca m’a presque valu une crise cardiaque. Cependant, avant que vous ne me traitiez de Schtroumph Grognon (je manque de sommeil) je dois admettre que lorsqu’ils font ça en début de soirée, je suis aux premières loges depuis mon balcon et j’ai droit à mon feu d’artifice privé, ce qui n’est pas désagréable !
Mais surtout, ces évènements marque l’entrée dans l’année du cochon. Comme chaque année, des milliers de statuette, à l’effigie de l’animal célébré, sont en vente sur tous les étalages. Cette année, Nif-Nif, Naf-Naf et Nouf-Nouf vont égayer, avec tout le mauvais goût possible, les intérieurs et les bureaux des membres de la communauté chinoise. Je vous laisse donc imaginer le cauchemar qu’est en train de vivre 60% de la population !
Vous croyez quand même pas que c’est par hasard si j’ai rappelé les chiffres au début. Faut suivre !
Déjà qu’ils étaient pas fanna du chien, qui était à l’honneur l’an dernier, les pauvres malais regardent cette invasion porcine d’un très mauvais œil. Que voulez-vous, le bonheur des uns fait le malheur des autres, ou l’inverse, je sais plus. Pour les chinois, le cochon, c’est un peu notre vache à lait. Qui plus est, 2007 est l’année du « cochon d’or », un truc qui n’arrive qu’une fois tous les 60 ans. C’est le symbole de la prospérité et de la richesse. Selon l’adage, ceux qui sont nés l’année du cochon d’or « gagneront de l’argent sans lever le petit doigt ». Du coup, certains s’attendent à un véritable baby-boom en Chine.
Heureusement pour les malais, dans l’astrologie chinoise, le cochon, est surtout connu pour sa diplomatie et sa nature délicate. Normalement, tout devrait bien se passer.
Alors souhaitons une excellente année à tous les chinois car tout est bon dans le cochon, de la queue jusqu’au menton !
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jeudi 1 février 2007
Thaipusam, ça fait du bien, là où ça fait mal
Tu comprends rien à ce que je raconte ? Et bien c’est normal, ! Ma prof de français en 2nd appelée ça un début « in medias res » (c’est du latin). J’ai juste voulu faire un test.
Bref, histoire de pas trop en perdre en cour de route, je vais commencer par le commencement.
Pouf pouf …
En ce moment, c’est Thaipusam, ou en d’autres termes, l’anniversaire de Muragan, le fils de Shiva, qui tua Târaka éradiquant ainsi le Mal. Je ne sais pas exactement quel âge il a, mais ce qu’est bien avec les dieux, c’est qu’ils prennent pas une ride. Les hindous célèbrent Thaipusam chaque année, au dixième mois lunaire du Calendrier Tamoul, lorsque la constellation Pusam (l’étoile du bonheur) pointe le bout de son nez. Il paraît que ce jour là, le soleil, la lune et les planètes alignés favorisent la spiritualité. La plus grosse célébration à lieu aux Batu Caves, à côté de KL. Un escalier de 272 marches conduit à un temple construit dans une caverne. Une semaine par an, les singes et les touristes, principaux occupants des lieux, sont gentiment chassés pour laisser places à la procession de près d’un million de fidèles, ce qui fait quand même beaucoup d’hindous dans un endroit, finalement pas si grand que ça.
Mais attention, nous sommes loin des cantiques de la messe de minuit et des anges de nos campagnes, l’ambiance générale est plus dans l’esprit néo-rétro-grunge, un peu transe, pas du tout smooth, genre des hindous avec des yeux immenses, dilatés, parfois révulsés; d’autres avec le crâne rasé, recouvert d’une sorte de peinture jaune-orange qui jouent à vas-y-que-j-te-pousse dans une foule déraisonnablement dense. Certains s’amusent à se planter des aiguilles en tout genre dans les bras, la poitrine, les épaules et la tête (alouette) et à s’accrocher à l’aide (au secours !!!) d’hameçons plantés directement dans le dos, des fleurs, des fruits et des « paal kudam » (bouteille de lait). Le lait, c’est un peu l’eau bénite des hindous. Ils aiment les sensation pures.
Le fin du fin, dans la collection printemps-été, c’est le Kavadi, une espèce de cage en acier très lourde, toujours très fioriturée, ornée de plumes de paons, que l’on porte sur les épaules grâce à tout plein de pics et de crochets plantés dans la chaire ! Le plus invraisemblable, c’est qu’il paraît que la foi seule suffit à supporter ces supplices et à les mettre dans cet état de transe. La foi et au moins 48 jours de régime végétarien, d’abstinence et de prière. Même si le doute m’habite, il semblerait qu’ils ne soient sous l’emprise d’aucunes drogues à ce moment là, hormis peut être la fatigue ! Qui plus est, malgré tout ces piercings, ils saignent très peu, voir pas du tout et ne garde aucune cicatrice. Et pour les avoirs vus faire, je vous garantis qu’ils font pas semblant s’embrocher.
Ainsi accoutré, ils gravissent les marches jusqu’au temple où on leur retire tout ce qu’ils se sont plantés dans le corps. L’hygiène est irréprochable : chaque blessure est désinfectée en y frottant un citron vert. Certains dévots sont allongés, plus ou moins évanouis, pendant que leurs proches tentent de les réanimer en secouant sur leur tête des serviettes pleines de cendres.
Ce qui nos apparaît être de la barbarie est surtout une forme extrême de dévotion. En offrant ainsi son corps, le pénitent espère expier ses pêchés et ceux de sa famille. C’est autre chose que se racheter à coup de Pater Noster et d’Ave Maria. Heureusement, seule une minorité pratique ce rituel. Les autres dévots se contentent de gravir les marche, dans une foule compacte, pour aller déposer des offrandes au pied du temple, s’écartant pour laisser passer les porteurs de Kavadi. De nombreuses personnes, y compris des hindous, pensent que Thaipusam, en version ultra violente, dépassent un petit peu les bornes des limites. Cette cérémonie, est d’ailleurs interdite en Inde.
L’année prochaine, je m’y mets !
p.s : A l’instant où j’écrie ces lignes, je suis en transit entre Bornéo et les Philippines, donc dans un état d’extrême précipitation.. Il est fort probable que je fasse quelques corrections ou quelques ajouts lorsque j’aurai un peu plus de temps.
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Labels: Malaisie
mardi 30 janvier 2007
Le tout est trop confus
Tu manges du Nasi Lamak ou des Mee Goreng au p’tit dej
Ton corps n’a plus besoin de laitages
Tu vas faire tes courses au marché du coin en pyjama
Tu ne penses plus que passer devant une file de 30 personnes à la caisse soit si mal que ça
Tu manges « à la bonne franquette » même au restaurant
Tu peux dormir n’importe où et dans n’importe quelle position
Tu pioches dans l’assiette de ton voisin sans même lui demander la permission
Tu ne fais plus du tout attention au code de la route
Tu rotes sans gêne au nez d’inconnus
Tu considères qu’un trottoir étroit est l’endroit idéal pour se garer
Tu ponctues tes phrases de « lah » même dans ta langue maternelle
Tu trouve que les étrangers ont des têtes bizarres
Tu t’arrêtes toujours en haut des escalators pour consulter ton agenda
Tu adores rentrer dans le métro ou l’ascenseur avant que les gens n’en sortent
Tu ouvres la fenêtre pour faire entrer de l’air chaud quand la climatisation est trop forte.
Tu n’envisages pas de rentrer dans un restaurant si celui-ci n’est pas bondé
Tu préfères renifler bruyamment plutôt que de te moucher en public
Tu crois tout ce qui est écrit dans la presse locale
Tu trouves que la mode chinoise, c’est la classe
Tu aimes jouer à « celui qui marche le moins vite » dans la rue
Tu invites tes amis à dîner chez Pizza Hut, MacDo ou KFC
Tu t’arrêtes au milieu de la route, sans raison et sans faire attention à la circulation
Tu demandes le montant de ses revenus à quelqu’un et attends une réponse
Tu parles toujours plus fort que nécessaire
Tu comptes et recomptes ta monnaie une bonne dizaine de fois
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mercredi 24 janvier 2007
Les pages se font à l’usine
En général, on ne voit de ces entreprises que la face émergée de l’iceberg, ce qui, compte tenu de la température locale, ne représente pas grand chose. Au moment de l’appel d’offre, un ingénieur et un commercial viennent nous rendre visite. On leur donne les plans, on discute un peu pour vérifier qu’on est bien sur la même longueur d’onde, si tout va bien, on signe … et avec un peu de chance, quelques semaines plus tard, le produit fini est livré sur le chantier. Si j’y suis pas à ce moment et que la pièce est montée dans les jours qui suivent, tout ce que j’aurai vu de la compagnie XYZ Snd Bhd, ce sont deux sympathiques représentants et les plans des pièces, que j’ai sous les yeux day in and day out…
C’est pour cela qu’il est parfois bon de leur rendre une petite visite à l’occasion, à plus forte raison quand c’est une entreprise avec laquelle nous n’avons pas l’habitude de travailler.
Laissez-moi vous narrer ma dernière visite ; une visite typique, en somme !
Vendredi matin, je parts en voiture avec un collègue, direction Port Klang. Au bout d’une heure de route et en suivant scrupuleusement les indications, nous prenons la 3ème à gauche après la station essence. Nous sommes en rase campagne et nous avons passé la dite station il y a bien 15 bornes. La 3ème à gauche s’avère être un petit chemin en terre qui s’enfonce dans une jungle de bananiers (y a aussi plein d’autres arbres, mais j’ai surtout appris à reconnaître les bananiers) Comme ce chemin ne mène absolument nul part, nous faisons marche arrière (et non pas demi-tour, y a pas la place) pour rejoindre la route principale, afin de voir si, dans notre précipitation, nous ne somme pas déjà passé devant le bon chemin. Je vous passe les détails. Nous finissons, complètement de par hasard, par emprunter le bon chemin qui nous conduit jusqu’à l’usine. C’est pratique, tout de même, le hasard !
Située dans une clairière, certainement défrichée manuellement, cette usine paraît très propre. Un gardien à l’entrée, un portail électrique, des places de parkings, elle a tout d’une grande ! On nous conduit dans une salle de réunion où l’on nous sert les traditionnels Teh Tarik et Kopi Tarik (au choix, café ou thé avec beaucoup de lait concentré très sucré). Même pas le temps de se chopper un diabète carabiné, que commence le défilé des directeurs de ci ou de ça (me demandez pas pourquoi mais ils sont tous directeurs de quelque chose) et le tout aussi traditionnel échange de carte de visite . Après avoir épuisé tout mon stock, je reçois solennellement un pavé sur l’entreprise qui m’aidera peut-être à comprendre pourquoi il y a autant de directeurs, si jamais l’envie saugrenue me prend de vouloir le lire.
Et puis, après quelques mondanités, nous finissons par quitter la salle de réunion pour aller visiter l’usine qui se trouve dans la pièce adjacente, sous-jacente ou sur-jacente, selon le point de vue.
Holly Cow !
Le terme d’usine est un peu exagéré. Ca ressemble un peu au hangar de M. Pouce, le voisin de mes grands-parents…mais en pire ! Pour info et pour tous ceux (et vous êtes nombreux), qui ne voient pas de quoi je parle, c’est dans les Corbières. Un gros fatras métallique : des poutres, des tôles, des vis et des boulons en tout genre, éparpillés d’une façon si parfaite que je me suis demandé un instant si y avait pas un géant qui aurait attrapé l’usine pour la secouer violemment avant de la remettre sa place. Mais ça se peut pas... Autre détail intéressant, il n’y a absolument pas l’ombre d’une machine un tant soit peu automatique. Pas d’ateliers non plus. Je vois quelques gars accroupis par terre ou en équilibre sur des monticules de ferraille, en train de découper, percer ou souder des trucs qui seront plus tard des pièces d’une qualité digne de l’industrie aéronautique. Aussi étonnant que ça puisse paraître, ces gars sont les MacGyver de l’industrie métallurgique. Avec un chewing-gum, un bout de ficelle et un couteau pointu, ils arrivent à faire des trucs par croyables !
La visite dure en général une petite demi-heure. C’est léger après s’être tapé une heure de route. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est le repas auquel nous sommes invités. Le but étant de remplir la panse du client (nous, en l’occurrence) de façon à ce qu’il n’ait pas l’impression d’être venu pour rien. A la demi-heure de visite succède donc 2 (quand c’est pas 3) heure de repas où un nombre incalculable de plat s’enchaîne. Tout un rituel !
Mais ce repas est aussi un test : par politesse, on vous apporte des couverts en plus des baguettes. Mais hors de question de piocher dans le bol de cacahuètes avec les doigts. C’est là que l’entraînement paye : ignorer les couverts et saisir, l’air de rien, les cacahuètes avec les baguettes. Ca paraît rien comme ça (un peu quand même) mais ça suffit à se faire respecter ! Un occidental capable de réussir une telle prouesse, les chinois, ça les épate !
Une fois passé le test des baguettes commence le repas à proprement parlé. Enfin, proprement, c’est vite dit ! Il faut faire abstraction de toutes ses années d’apprentissage des bonnes manières, oublier le manuel du savoir-vivre. La politesse, ici, c’est se de jeter sur la nourriture, se servir goulûment, manger en faisant du bruit et, de préférence, en en foutant partout !
Attention, ce n’est valable pour le repas avec les chinois. Avec les indiens, il faut faire moins de bruit, mais il faut manger avec les doigts. C’est très amusant aussi.
Dans l’ensemble, c’est délicieux et bien présenté. Juste un bémol pour le dernier plat. Une soupe pour être précis. A mon avis (et j’y ai vachement réfléchi) ils ont récupéré tous les restes de la semaine et ils les ont fait bouillir dans de l’eau chaude. Ca se mange avec du vinaigre, comme ça, on a sent le goût ! Heureusement, il est très poli de ne pas finir son assiette. Quand, après vous êtes bâfré comme un ogre, arrive enfin le dernier plat, vous pouvez crier stop, ce qui permet à votre hôte de crier victoire !
S’en suit (s’essuye aussi, faut voir le chantier) le rituel du thé qui fait quand même vachement de bien à la fin du repas. Ca se boit très chaud et c’est servi dans des dés coudre.
Y a pas tortiller, les asiatiques, ils savent recevoir !
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lundi 15 janvier 2007
Taxi for you, my friend ?
Si je vous parle de ça, c’est qu’une partie de l’article a attiré mon attention : « Taxi fares in Kuala Lumpur are also one of the cheapest in the world at US$1.60 (RM5.88) for a 5km trip within the city. A similar trip in New York costs US$11.60 (RM42). »
Pour ceux que la langue de Shakespeare laisse de marbre, il est écrit que les Taxis de Kuala Lumpur sont parmi les moins chers du monde. Je ne sais pas quel est le guignol qui a osé pondre ça, mais il aurait mieux fait de se couper en se rasant ce matin car il n’a, de toute évidence, jamais mis les pieds dans un taxi à Kuala Lumpur !
En bon pays civilisé, les autorités (in)compétentes de Malaisie ont établi le prix de la course et exigent qu’un autocollant indiquant les tarifs soit collé sur la vitre de chaque taxi. La course est facturée 2 RM pour les 2 premières minutes et les 2 premiers km, puis 0.1 RM par tranches de 45 secs et de 100m.
Si on considère qu’on roule à 50 Km/h en ville, en imaginant qu’on roule en ligne droite, qu’il n’y pas d’autres voitures et qu’on ne rencontre aucun feu rouge, il faut 6 min pour parcourir 5 km Un petit calcul rapide (que je vais vous épargner) et beaucoup d’hypothèses nous permet de déterminer le prix de la course : 4.10 RM (sans tenir compte non plus de la baignoire qui fuit dans un train venant en sens inverse par un vent fraîchissant nord-nord ouest …)
Bref, en théorie, j’admets, c’est bien joli, mais alors en pratique …
En pratique, vous avez 1 chance sur 10 que ça se passe comme ça. Lorsque vous avez une jolie bouille d’occidental, vos chances tombent à 1 sur 50. Quand je vous dit que j’ai jamais eu de chances avec les probabilités !
Les chauffards de taxi peuvent se diviser en 3 catégories :
- Les honnêtes braves gens : ils sont malheureusement minoritaires. Quand on en rencontre un, c’est fabuleux, on voudrait faire 3 fois le tour de la ville, juste pour le plaisir. Je tiens ici à rendre hommage à ces honnêtes artisans de la route qui font l’honneur de leur profession.
- Les franc-escrocs : c’est certainement la catégorie la plus importante. Ils refusent tout simplement de mettre le compteur et n’hésitent pas à vous demander un tarif jusqu'à 5 (j’ai eu droit à 10) fois supérieur au tarif normal (celui avec le compteur). C’est aussi la catégorie que j’ai le plus de mal à comprendre : ils préfèrent rouler à vide et brûler joyeusement leur carburant que de vous embarquer au tarif normal. Représentant la catégorie majoritaire, il n’est pas rare de refuser plusieurs taxi avant d’en trouver un qui accepte le compteur. Ils sévissent surtout le soir ou devant les lieux touristiques. Généralement, ils vous proposent, en plus de la courses, tout un panel de services (payant) tels que des « young ladies », des « lady-boys », parfois même du Viagra. Ceci dit, il faut quand même reconnaître qu’ils ont la franchise de vous arnaquer ouvertement. Libre à vous de refuser.
- Les authentiques fripouilles : la catégorie qui m’exaspèrent le plus. Au premier coup d’œil, ils sont quasiment impossibles à distinguer de la 1ère catégorie. C’est aussi la catégorie à laquelle j’ai le plus souvent à faire. Connaissant à peu prêt le prix de la course, je refuse régulièrement de céder au chantage des chauffeurs de la 2ème catégorie. Vous embarquez, confiant, avec un chauffeur de la 3ème catégorie et à la moindre seconde d’inattention, vous vous faites avoir. En avant la grande visite touristique ! Vas-y qu’il prend à droite au lieu de prendre à gauche et c’est parti pour faire 3 fois le tour de la ville, alors que cette fois-ci vous n’avez rien demandé. Ou bien il appuie sur un bouton magique et le montant sur le compteur double instantanément. Ça demande une vigilance permanente, mais surtout, il ne faut jamais leurs faire confiance quand ils disent que c’est un raccourci (qu’ils sont les seuls à connaître) ou qu’ils cherchent à éviter les embouteillages. C’est du flan !
Cependant, ces catégories sont arbitraires et pas toujours aussi distincte qu’il n’y paraît. Certains chauffeurs de la 1ère catégorie peuvent basculer dans la 3ème catégorie après une heure avancée de la nuit ou devant un occidental typique. Certains membres de la 2ème catégorie peuvent se retrouver aussi bien dans la 1ère que dans la 3ème catégorie quand ils finissent par accepter de mettre le compteur. Heureusement, lorsqu’on se fait avoir, ce qui, malgré l’expérience, reste assez fréquent, c’est plus l’orgueil que le portefeuille qui en prend un coup.
Anyway, comme l’a si justement écrit Umberto Eco : « Dans le monde entier, il existe un moyen infaillible de reconnaître un chauffeur de taxi : c'est quelqu'un qui n'a jamais de monnaie »
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