mardi 7 août 2007

Le Laos, ses Croissants, sa Pétanque

Luang Prabang.Je ne serai pas vraiment dire pourquoi, mais Luang Prabang m’attire depuis pratiquement le début de mon séjour en Asie. C’est donc avec un poil d’émotion, un brin d’excitation et surtout les jambes ankylosées par 2 jours de botepipole que nous débarquons dans cette ancienne cité coloniale. C’est un joli petit bled, plutôt calme et propre pour une ville asiatique – sûrement depuis qu’elle est classée patrimoine mondial par l’Humanité et par l’UNESCO – où l’on ressent très largement l’influence coloniale française. Beaucoup de vieux laotiens parlent encore français. On vend des sandwichs dans la rue, des vrais, fait dans de la baguette ! On trouve même des boulangeries qui vendent des croissants ! Et surtout, fin du fin: les Laotiens jouent à la pétanque !!! Par contre, il semble que le Pasti’ ait disparu. Comme quoi, ils ont un curieux sens des priorités, ces gens là !
Luang Prabang est notre plus grosse étape. Nous y passons un peu plus de 4 jours, à se balader dans les rues ou sur le bord du Mekong, à visiter quelques pagodes, à se lever à 6h du mat’ pour assister à la collecte du riz par les moines, à exploser notre budget dans les marchés de jour et de nuit, boire quelques Beerlao, à gravir des cols super raid en vélo – hein, Caro ? – pour aller voir quelques chutes d’eau … bref, à profiter du temps qui passe.
C’est d’autant plus appréciable qu’il est relativement rare que, pendant un voyage, je me pose aussi longtemps au même endroit. Si j’étais un vrai écrivain du Guide Vert (j’t’ai déjà dit qu’il fallait pas l’acheter celui là ?), j’me permettrai des petites comparaisons olé olé du genre : Luang Prabang, c’est comme la bière locale, c’est meilleur frais et ça se déguste à petite gorgée.
Faudra que j’pense à mettre un copyright sur celle là, avant qu’on me la pique.
Après avoir bien profité de notre séjour et surtout comme tout à une fin (sauf le saucis… quoi ? Tu la connais déjà ?) nous partons pour Vang Vieng. En fait, l’idée, c’est surtout de faire une halte pour couper la route entre Luang Prabang et Vientiane, car ce que j’ai entendu de Vang Vieng m’a pas vraiment emballé.
La route entre les deux villes collerait la gerbe à quiconque n’a pas l’estomac monter sur amortisseurs Citroën. Et pas d’bol, le minibus n’en a plus, lui, d’amortisseurs. Ca tourne dans tous les sens, à tel point qu’on se demande si on ne tourne pas en rond. Heureusement c’est zolie. Et quand on arrive près de Vang Vieng, pardonnez-moi mais, ça tabasse ! Immense falaise de Limestone (j’crois que c’est calcaire en français, si quelqu’un peu me confirmer…), des rizières … un paysage de carte postale qui colle pas mal à l’idée que je me faisais du Laos.
Vang Vieng en soit, c’est moche ! C’est juste un tas de guesthouses, de bars , de resto dans lesquels on peut s’avachir sur des cousins – oui, je sais, papa, c’est pas bien d’être avachi – et … c’est a peu prêt tout. Enfin, Vang Vieng a ceci de commun avec le Cambodge que toute les boissons peuvent se boire « happy », j’entends, avec des vrais morceaux d’herbes de Provence à l’intérieur qui vous rendent « happy » ou très malade !
Vang Vieng, c’est moche, mais les alentours : excuse-moi, mon neveu ! Pour satisfaire ma sportive de sœur qui a voulu que ce voyage soit « physique », nous nous inscrivons pour une journée Kayak-Spéleo. Nous partons à quelques 20 bornes au nord de la ville où nous commençons par mettre un pied dans la grotte (le gauche, hein, c’est mieux). Aux total, nous visitons 3 grottes : Tham Chang (grotte de l’éléphant), Tham Hoi (grotte de l’escargot) et une autre dont j’ai pas bien saisi le nom. Ensuite commence la descente en Kayak. Quelques petits rapides (vraiment petit) nous rafraîchissent et nous avons tout loisir de nous en mettre plein la vue avec ce superbe paysage. Je me répète ? Vas-y faire un tour, tu comprendras !
En fait, la spécialité de Vang Vieng, c’est le tubbing. Mais qu’est ce que le tubbing me demandes-tu, toi qui parlent à peine français ? Le tubbing, c’est un sport de backpacker Australien bourré (pléonasme) qui consiste à se vautrer sur une chambre à air de tracteur pour descendre la rivière jusqu’au premier bistrot et continuer ainsi de bar en bar jusqu’au village. Nous rejoignons les « tubbers » sur la fin de notre ballade en Kayak. 2 ou 3 kilomètres en amont de Vang Vieng. C’est à peu prêt au même endroit que nous quittons le calme laotien pour rentrer dans les décibels boitedenuitesque, le tout sans quitter la rivière ! Bien qu’étant surpris – et bien que trouvant aussi ce genre de « délire » à ne manquer sous aucun prétexte – je suis un peu déçus de trouver ça au Laos. Comment dire … c’est juste pas le bon endroit !
Nous quittons cette ville de filles et de jeux pour rejoindre la capitale, en Bus VIP. Je précise parce pendant tout le voyage, une question tourne et retourne dans notre tête comme dans celle des autres passagers: est-ce que c’est ça le bus VIP ou est ce que c’est juste le bus qui nous conduit à la gare de bus, d’où on prendra le bus VIP ?
Arrivé à Vientiane, la question ne se pose plus !
Vientiane en soit, c’est mimi mais un peu trop calme. C’est le genre d’endroit qui rentre dans la catégorie bien-pour-y-vivre-mais-pas-top-à-visiter. A voir tout de même, Xieng Khuan, aussi connu sous le nom de Buddha Park, où un illuminé notoire a rassemblé tout plein de sculptures, pas du tout historique, un peu hindo-buddhiste, assez néo-contemporaine.
Après tout juste 24h à Vientiane, nous passons le pont de l’amitié lao-thailandaise , qui comme son nom l’indique, permet de traverser le Mekong en toute amitié pour aller du Laos à la Thaïlande – et inversement. Puis, nous rejoignons la gare de train de Nongkai, terminus de la ligne Northeastern Line, à quelques centaines de mètres après la frontière, pour prendre un train de nuit jusqu’à Ayutayah.

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