samedi 12 août 2006

South Thailand

J’ai arrêté de compter …

Départ fin juillet de Kuala Lumpur. Après avoir vidé mon appart, rendu les clés, déposé mes affaires chez des copains, je parts « on the road » avec mon sac à dos. « Live together, travel alone » comme disait un backpacker autrichien que je rencontrerai plus tard et qui avait le sens de la formule. Je prends un bus jusqu’à la frontière thaïlandaise. Le douanier, apparemment de mèche avec le chauffeur du bus, essaye de m'escroquer une poignée de dollars en échange d’un visa gratuit. Qui ne tente rien n’a rien ! En l’occurrence, il n’aura rien. Le bus me dépose enfin à Hat Yaï où je prends un autre bus pour me rendre à Krabi … puis un bateau pour arriver enfin à Koh Phi Phi !
Combien d’heures ou de kilomètres ? J’en sais rien, j’ai arrêté de compter …
Koh Phi Phi, disais-je, est une île très jolie (elles le sont toutes) qui est connue pour être le lieu de tournage du film « The Beach ». Plus tristement, elle fut bien ravagée par le tsunami dont les traces sont encore visibles. Ce coin devait être paradisiaque il y a quelques années mais malheureusement, comme beaucoup d’autres endroits en Thaïlande, le tourisme de masse à tout gâché. Aujourd’hui, ça ressemble de plus en plus à « Sodom et Gomor », à Phuket ou à Ibiza : musique à fond sur la plage dès 10 am, alcool à gogo et pseudo aventuriers friqués ! Mais bon, ça vaut encore le coût d’y jeter un oeil.
Avec le sentiment d’y avoir passé trop de temps, j’embarque à bord d’un bateau pour retourner sur le continent. Plutôt une barque. Un « long tail boat » pour être précis, le bateau thaïlandais typique, appelé ainsi car l’hélice est au bout d’un arbre d’environ 3m, presque à l’horizontal derrière le bateau, ce qui lui permet de continuer à avancer même lorsque la marée est très basse (jusqu’à une certaine limite). Bref, ce taxi-boat me dépose dans 40cm d’eau (la fameuse limite) à quelques encablures de la plage de Railay. Je fini pied nu, avec mon sac à dos, marchant sur des cailloux et des morceaux contondants de coquillages … c’est beaucoup plus sympa en y repensant que ça ne le fut sur le moment ! La vie est ainsi faite !
Railay Bay est une presqu’île qui n'est accessible que par la mer. C’est aussi un spot d’escalade mondialement connu.
À première vue, Railay est assez touristique, mais pour les plus motivés, il y a une plage, au nord-ouest de la péninsule. On ne peut s'y rendre qu'à marée basse et après 20-30 min de marche sur un chemin escarpé… bref, « Ton Sai », ça se mérite. Cette plage est le paradis des grimpeurs : quelques bungalows à louer pour une poignée de Bath, 2 resto-bars très « roots », le tout dans une ambiance très « citoyen du monde ».
Après une journée à me balader d’une plage à l’autre, à essayer l’escalade en tongue (model Cool XXL) et à prendre tout plein de photos pour pouvoir vous montrez comme c’est beau, je retourne à mon bungalow avec l’intention de préparer mon sac pour un départ le lendemain. C’est endroit est jolie, mais un peu trop calme.
Assis en tailleur sur un petit matelas, concept de base du resto thailandais, une tasse de thé sur la table basse et le « Lonely Planet » dans les mains, je planifie la suite de mon voyage. Je suis presque arrivé à un consensus avec moi-même lorsque Marie rentre dans le resto et viens me proposer une partie de carte.
En fait, j’apprends qu’elle s’appelle Marie bien plus tard, mais bon, j’essaye de faire simple, de raconter au présent pour que ça soit plus vivant, mais vous vous doutez bien que je n’écris pas en direct. Par exemple, là, je suis bien installé dans une salle climatisé, alors que sur le coup, je transpirais à grosse gouttes …
Bref, Marie, américaine et prof d’anglais à Bangkok, me présente ses amis : Jaquart, un anglais qui travaille à Hong Kong et Joe, également anglais, qui s’occupe de la tournée asiatique d’un spectacle de danse (Edward Scissorhand me semble t’il ?). Ils se sont connus à Railay il y a quelques jours. On joue au carte, on discute des endroits qu’on a visité auparavant, on parle d’escalade, de montagne. Il me propose de venir grimper avec eux le lendemain. Après tout, pourquoi pas, rien ne presse, je peux décaler mon départ d’une journée.
Je resterai finalement tout une semaine dans ce petit coin de paradis.


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