jeudi 10 mai 2007

Java 2 sans 3 ...

Après Sumatra et Bali, je débarque sur Java, posant le pied pour la troisième fois sur le sol indonésien, pour une grosse semaine en colonie de vacances. Nous ne sommes pas moins de 8 kualalumpuriens à passer la douane à l’aéroport de Solo, connu aussi sous le nom de Surakarta, en ce beau matin d’avril. Hasard ou réaction en chaîne, nous allons être un sacré groupe pendant la première partie du voyage, ce qui n’est pas sans m’inquiéter.
Mais bon, plus on est de fou, plus on rit.
Sans perdre de temps, nous prenons un Bus jusqu’au temple de Prambanan (et non pas « prends banane ! » qui est un peu trop impératif – c’est nul ? et alors ?). Une dizaine de dollars US plus tard, nous nous retrouvons dans une réplique moins imposante des temples d’Angkor, qui a bien souffert des tremblements de terre qui ont eu lieu dans la région au cours des dernières années. Ah oui, j’en profite pour préciser au passage, pour ceux qui lisent jamais les journaux, qu’au jeu des 7 familles des catastrophes naturelles, l’Indonésie, elle a peu bonne pioche à chaque fois: tsunamis, éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations, glissement de terrain, épidémie de grippe aviaire … à chaque fois c’est pour sa poire.
A l’entrée, le guide est navré de nous annoncer que pour des mesures de sécurité, due à l’instabilité des pierres depuis les derniers tremblements de terre, il est interdit de rentrer dans les temples. Le même guide, durant la visite, proposera de nous faire rentrer en échange d’une poignée de rupiahs. A force, on finit par s’habituer à cette sensation de « mais-il-se-foutrait-pas-de-ma-gueule-des-fois-lui ? »
Après la visite de Prambanan, nous reprenons la route en direction de Yogyakarta puis Borobudur, un temple bouddhiste plus imposant et majestueux que Prambanan et surtout, en meilleur état. Le problème, c’est qu’il menace de s’effondrer sous le poids des touristes et des élèves indonésiens qui profitent de ce beau dimanche ensoleillé pour faire une petite sortie de classe. Mais ces derniers ont l’air de nous trouver plus intéressant que l’ouvrage de leurs ancêtres et nous nous faisons agresser à coup de « boleh gambar ?»(1) par les plus polis ; les autres nous prenant sauvagement en photo sans même nous demander la permission. Pour une fois, les rôles sont inversés !
Apres la visite, nous retournons à Yogyakarta, centre culturel et historique de Java, particulièrement réputé pour ses fabriques de batiks, à tel point que ça en est devenu l’arnaque à la monde. C’est dingue le nombre de « seule école officielle de batik financé par le gouvernement » qu’on nous propose de visiter. Achetez, c’est pas cher ! You want batik, my friend ? 50 $ pour un bout de tissus imprimé en machine, probablement made in China, avec des vrais morceaux de batik à l’intérieur.
Nous ne nous attarderons pas trop à Yogyakarta (et nous n’y achèterons pas non plus de batiks) Le lendemain, nous prenons un minibus – 10 heures de trajet en tout – pour aller jusqu’à Probolinggo d’ou nous prenons un autre minibus encore plus rouillé pour arriver au pied du Gunung Bromo. Comme un c… j’ai oublié que le village était à plus de 2000m et que même en Indonésie, à cette altitude, surtout la nuit, y gèle en tabarnac… Du coup, je n’ai rien d’autre pour me couvrir qu’une couverture douteuse, fournie en même temps que la chambre, le lit, les poils et les acariens. Oui, on a décidé de prendre la package, c’était plus avantageux.
Une philanthropie passagère, due à un coca vieux comme Erode consommé quelques temps auparavant et mon manque d’habitude aux températures inférieures à 20°C vont peut être bien avoir raison de ma personne. C’est à 3h du mat’ que cette pensée me traverse, quand il faut se lever pour aller voir le soleil se lever sur les trois volcans. Bon, malgré l’hypothermie, faut quand même reconnaître que c’est bioutifoule au point de vous scotcher les yeux au fond du crane.
Après ce magnifique spectacle, nous partons pour l’ascension du Bromo par la face nord (ce qui est pas si grave puisque nous sommes en hémisphère Sud) accompagné par une horde de touristes. Heureusement, ils ne s’attardent pas et nous nous retrouvons bientôt tout seul pour faire le tour du cratère fumant. En fait, ces volcans sont plutôt « actif ». Le Gunung Semeru, à quelques kilomètres de nous, lâche un petit rototo de fumée noirâtre, toutes les 20 minutes, avec une ponctualité de chef de gare.
Après une bonne journée à respirer le grand air, suivi d’une bonne nuit de sommeil réparateur, nous repartons, toujours en bus, vers d’autres paysages. En fait, « Bus » pourrait être le leitmotiv de ce voyage. En Indonésie, les distances sont grandes et les bus sont lents ; mais les trajets font partit du voyage et les bus de Java méritent d’être visités ! Tout au long du trajet, des vendeurs en tout genre défilent dans le bus surchargé, alternant avec les joueurs de guitare et autre chanteur populaire qui embarquent le temps d’une chanson. Une sacré animation qui rompt la monotonie du voyage.
Après une autre journée de transport où nous avons enchaîné successivement deux bus, un bateau et un bus, nous arrivons sur l’île de Madura, au Nord-Est de Java. Le gouvernement indonésien essaye depuis des années de faire de Madura une île touristique à la mode de Caen, une sorte de Bali bis. A voir les hôtels désertés, les piscines transformés en marécage, il semble que cette tentative soit un échec. Il n’y a pas grand chose en commun entre Madura et Bali. Nous ne nous y attardons pas et si cet endroit possède quoi que ce soit d’intéressant aux yeux des jeunes occidentaux que nous sommes, nous n’avons pas été capables de le voir.
Nous retournons à notre point de départ : Solo. Moins touristiques que sa jumelle Yogyakarta, Solo n’en a pas moins d’intérêt culturel, artistique et historique. Bon d’accord, ça sonne un peu agence de voyage et je me doute que vu l’intérêt que vous portez à la culture, vous allez pas tarder à décrocher si je continue avec mes lieux communs et mes commentaires du genre Guide Vert (que je recommande pas du tout, soit dit en passant). Le plus marquant à Solo, c’est le nombre de sourire que l’ont reçoit en ce baladant dans la rue. Alors qu’à Yogya (pour les intimes) nous étions continuellement harcelés par des arnaqueurs en tout genre, les Surakartais (2) ont l’air d’être foncièrement accueillant, venant nous parler ou nous adressant un sourire, un bonjour, sans arrière pensée, pour le plaisir de nous montrer le meilleur visage de leur ville.
Seul hic, la ville n’étant pas trop touristique, je n’ai trouvé personne qui puisse arranger l’expédition par bateau vers la France d’un magnifique Bouddha, sculpté dans la pierre et pesant un bon quintal, dont j’aurai pu faire l’acquisition pour une bouchée de pain. J’suis sur que mes parents auraient été ravis d’avoir ça au milieu du jardin ! Tant pis ...


(1) Auriez-vous l’aimable obligeance de bien vouloir poser avec moi sur ce cliché photographique que j’aurai par la suite beaucoup de plaisir et de fierté à montrer à mes amis et plus tard à mes enfants ?

(2) J’crois que c’est comme ça qu’on les appelle. Si quelqu’un a une meilleure proposition, merci de laisser un commentaire


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1 bafouille(s):

Bene a dit…

Magnifiques photos! Je viens souvent faire un tour sur ton blog, histoires super bien racontees et pas mal d'idees de voyage a prendre! Habitant egalement a KL, ca pourrait bien nous servir pour nos prochaines vacances! Bonne continuation, Bene