mercredi 20 décembre 2006

Samaritain des temps modernes

Noël, ça se fête famille. La mienne étant à 11 000 km, je vais devoir déroger à la règle. Ceci dit, si vous retirez à Noël la neige, les sapins et toutes connotations culturelles ou religieuses, il ne reste plus qu’une vaste mascarade commerciale dénuée de symbolique et sans intérêt. Un peu comme Halloween en France, Noël en Malaisie, c’est pas vraiment Noël. Depuis quelques semaines, les centres commerciaux vomissent leurs décibels de chant de Noël grotesques. Les sapins synthétiques fleurissent (ou pas) un peu partout, dans l’indifférence générale des malaysiens. Peuple fier, ils résistent encore et toujours au matraquage publicitaire cherchant à promouvoir l’invasion d’une fête qui n’est pas la leur. Ils ont déjà tellement de fête au long de l’année qu’il n’est pas nécessaire d’en rajouter.
Bien que fiers et ombrageux, les malaysiens n’en sont pas moins large d’esprit. Ils acceptent toutes les cultures. C’est ainsi que vendredi, l’intégralité des employés, dont je ne connais qu’une moitié, a défilé devant mon bureau pour me souhaiter un joyeux Noël. Je me suis dit au début qu’ils étaient contents d’avoir, pour une fois, quelqu’un à qui souhaiter ça, mais en fait, ils étaient sincèrement heureux pour moi. Et même s’ils ont largement surévalué l’importance de Noël dans ma vie, le geste était vraiment touchant. Après tout, combien d’entre vous/nous ont déjà souhaité une joyeuse Aid-El-Kebir ou un joyeux Hanoukka à un collègue de bureau ? Honnêtement, la plus part du temps, on ne sait même pas quand ça tombe.
Et puis, emmètre des suppositions quant à l’obédience de quelqu’un serait, grand dieu, politiquement incorrect, voir même, répréhensible. Le christianisme est la seule religion encore considérée comme laïc en France. On peut dire joyeux Noël sans choquer personne. Les états-uniens ont poussé le politiquement correct jusqu'à se souhaiter de « happy holidays », comme ça, pas d’erreur possible. Les québécois se souhaiteraient de « joyeuses vacances » mais heureusement, ils sont pas aussi barges !
Mais revenons à nos bonhommes de neige. Il était hors de question de fêter Noël dans un bar ou dans une boite de nuit. D’une part parce que j’aime pas les boites, d’autres part parce que ça aurait fait de la peine à ma Maman. Et j’aime pas lui faire la peine. Alors, en bon fils, j’ai mis mon habit du dimanche, je me suis coiffé avec la raie sur le coté et je me suis rendu chez des amis où nous avons partagé un excellent repas. Nous étions une dizaine d’orphelin géographique. La maîtresse de maison s’était donnée beaucoup de mal pour que Noël soit présent jusque dans les moindres détails : un sapin illuminé, une table joliment décoré, du rouge, du blanc, du vert foncé et des paillettes dorées. De quoi en oublier les 35°C à l’extérieur ! Nous avons même eu droit à du foie gras, de la dinde, du saumon. Un repas de fête dans toute sa splendeur.
Le 25 au matin, quelle fut ma surprise de trouver des cadeaux dans mes souliers ! Je n’ai pourtant pas de cheminée. Peut-être est-il passé par la fenêtre ? Quoi qu’il en soit, le gros monsieur en rouge m’avait déposé deux paquets. Dans le premier, des photos/posters de la place du Cap’, des les quai de la Daurade et du Pic du Midi de Bigorre (avé l’accent). Dans le second, le Best Of de Nougaro (avé l’accent aussi). En fait, la surprise, c'était pas vraiment les paquets cadeaux mais plutôt (Mickey ?) ce qu'il y avait à l'intérieur. Mister Coca-Cola les avait cachés dans ma valise lors de mon re-départ en Malaisie avec interdiction de les ouvrir avant le jour J. Une petite piqûre de rappel, bourrée de nostalgie et qui me rappelle que ... et bien que je suis pas chez moi pour Noël.
Y a pas à dire, les parents savent toujours comment nous faire culpabiliser !

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