mercredi 30 août 2006

Bangkok & Phnom Penh

Bangkok.
Une ville au nom magique, synonyme de lointain. Mystérieuse, Etrange, Inquiétante, Dépravée ; on raconte tant d’histoire sur Bangkok qu’il semble que cette ville soit sortie d’un conte, d’une légende ou de l’imagination d’un marin ivre. Mais elle existe pour de vrai, grouillante et vivante. Et pour la plupart des voyageurs, Bangkok commence à Khao San Road. Alex Garland écrit dans son roman « The Beach » (qui fut adapté ensuite au cinéma) que Khao San Road est un sas de décompression pour tous ceux qui entrent ou sortent de l’Asie en direction de l’Occident. C’est surtout la rue la plus occidentale de Thaïlande, où déambule touristes à la recherche d’aventure ou de sensation forte et routards ayant un peu trop abusé des « sensations fortes » asiatiques. Ici, tout s’achète et tout se vend, du costume sur mesure au sac à dos usagé, de la contrefaçon en tout genre aux scorpions grillés, du billet de bus aux souvenirs de plus ou moins bon goût … Absolument tout ! Et les Thaïs l’ont bien compris. Un touriste fraîchement débarqué se repère à des kilomètres. Un peu comme dans les reportages du National Géographique sur les lions et les gazelles ! Bon, il ne se fait pas dévoré vivant mais à vite fait de faire « l’affaire de sa vie » en achetant des bricole qui vont l’encombrer pendant le reste de son voyage et qu’il aurait payé 3 ou 4 fois moins cher ailleurs ! C’est pas pour rien que le tourisme est la première ressource économique du pays. L’avantage, c’est que ce quartier regorge de guest-houses pas chères, pas toujours très propres, mais à proximité de nombreux palais et autres lieux culturels inévitables : le Wat Phra Keo, le Wat Poh, you name it …
Peut-être est-ce parce que je suis en Asie depuis 6 mois et que, pour moi, cela fait maintenant partie du décor, mais je m’attendais à ce que la prostitution soit beaucoup plus présente. En fait, c’est comme dans toutes les autres villes. Le quartier de Pat Pong est pratiquement à lui seul responsable de cette réputation : deux rues entièrement dédiées au sexe, sous toutes ses formes, avec des spectacles dont je ne révélerai– ce blog étant destiné à large public – ni la nature, ni le contenue ; mais dont l’originalité des thèmes traités et de la mise en scène laisse perplexe. Molière aurait sûrement apprécié. Bref, ce kilomètre carré de débauche occulte (sans jeux de mots) aux yeux du monde le reste de la ville : une ville avec ses quartiers d’affaires, ses parcs, ses rues bordées d’arbres, ses bus et métros … une ville, quoi !
Après quelques jours, je quitte Bangkok pour me rendre au Cambodge, à Phnom Penh. C’est de loin la ville qui m’a le plus marqué en Asie, peut-être parce que c’est la plus authentique, ou peut-être parce que les cambodgiens ont, derrière leur sourires énigmatique, un coté fascinant. Avant de partir, je me faisais une certaine image de l’Asie, inspirée par des reportages ou des lectures. Je n’ai jamais été au bout de mes surprises et tous mes voyages ne m’ont jamais laissé sur ma faim, mais c’est au Cambodge que j’ai trouvé l’Asie dont je rêvais.
Je débarque donc pour la deuxième fois à Phnom Penh. L’expérience aidant, je n’ai aucun mal à trouver un motodop pour me conduire jusqu’en centre ville sans me faire payer le prix fort. Je vais même jusqu'à lui indiquer la route pour arriver chez Raphaëlle (voir : Semaine 5&6 … plus bas !).
En fait, les motodops remplacent les taxis. Ils sont des milliers en ville et il ne faut jamais plus de quelques secondes pour en trouver un. Parfois, souvent même, ce sont eux qui vous trouvent. Ceux qui attendent à la sortie de l’aéroport ou devant les beaux hôtels parlent un peu anglais, mais ce sont les seuls ! La plupart d’entre eux vous embarquent en vous laissant supposer qu’ils ont compris votre destination et roule paisiblement au milieux d’un torrent de mobylette, sans direction précise, espérant que vous leur indiquerez, par des gestes, le chemin à suivre. Si on est pas au courant, on peut vite se retrouver à faire 3 fois le tour de la ville avant de réaliser qu’on est aussi perdu que le sympathique chauffeur. Bien sûr, ils n’ont pas de compteur, le prix de la course est donc laissé à votre libre appréciation, ce qui donne presque tout le temps lieux à de ferme négociation à l’arrivée. Cela reste de toute façon plus qu’abordable par rapport aux standards occidentaux !
Je retrouve Raphaëlle à l’ambassade pour ensuite aller déjeuner dans une guesthouse du quartier ; après quoi je la laisse retourner au service de la France tandis que je pars me balader sur les berges du Tonlé Sap. J’en profite pour me joindre à quelques khmers pour une partie de pêche. Résultat décevant : tout ce que je réussi à attraper sont quelques herbes et une bouteille en plastique. C’est d’autant plus frustrant que je suis le seul à être brocouille … ce qui a au moins le mérite de faire rire mes compagnons. Je les quitte au moment où le ciel, pour un motif quelconque, décide de déverser des tonnes d’eau sur ma gueule. J’adore ces pluies tropicales qui démarrent sans prévenir et toujours de façon très brutale. En quelques minutes, les rues sont inondées. J’ai de l’eau jusqu’aux genoux et mes tongs ont une fâcheuse tendance à glisser. Heureusement, un bar au premier étage me tend les bras. J’hésite un dixième de seconde entre prendre une bière où rentrer chez Raphaëlle en dos crawlé. La couleur de l’eau est un facteur décisif. Garçon, un demi !
La semaine se passe paisiblement, ponctué de visite, ballade et soirée phnom-penhnoise … Un délicieux cocktail !
Fin de la semaine. Je prends un Tuk-Tuk sous la pluie, le cœur serré, jusqu’à l’aéroport. . « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville » aurait si justement dit ce cher Verlaine. Je rentre en Malaisie pour 24h avant de m’envoler pour la France …


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