Après une semaine de repos et une seconde rechute, il est temps de repartir. En Malaisie aussi le 1er mai est un jour férié. Ça fait un long week-end que je compte bien ne pas laisser passer. Je change mes Ringgits contre 1 000 000 de Rupiahs. Cette fois-ci, direction Medan au nord de Sumatra, Indonésie. En soit, Medan ne présente pas grand intérêt, mais c'est le meilleur point de départ pour rejoindre Bukit Lawang et Gunung Leuser National Park pour un trek de 3 jours dans la forêt tropicale indonésienne. C'est également un des rares endroit au monde, avec Bornéo, où l'on peut espérer croiser des orangs-outans (du Bahasa Malaysia : orang = homme ; utan = jungle). Il ne faut pas pour autant s'amuser à appeler orang-outan les tribus aborigènes qui refusent la civilisation !
Rendez-vous samedi à 6h du mat' à KL Sentral avec Arthur, un français en stage chez Lafarge, pour prendre le bus pour l'aéroport. Embarquement. Comme d'hab', les issues de secours se situent à l'arrière, au milieu et à l'avant de l'appareil et en cas de dépressurisation de la cabine, des masques à oxygène tomberont devant notre gueule. Les gilets de sauvetages sont situés sous nos siéges. C'est rassurant !
Une dizaine de minutes avant d'être parti de KL, nous arrivons à Medan (décalage horaire), sans incident majeur. À la sortie de l'aéroport, une pancarte avec mon nom !?! Une des personnes avec qui je travaille est originaire de Medan et il a demandé à sa femme de me récupérer à l'aéroport. Royal ! Elle nous conduit à la gare de bus, ce qui nous évite de longues heures de négociations sur le prix de la course avec les chauffeurs de taxi. En chemin, nous avons droit à toutes les recommandations habituelles. On a droit à : « l'Indonésie est un pays dangereux », au classique : « Mettez vos sous dans différentes poches » et même au plus enfantin : « Ne parlez pas aux inconnus ». Ce dernier risque d'être plus difficile à suivre … l'esprit maternel est universel.
Pour rejoindre Bukit Lawang, nous montons avec une vingtaine d'inconnus, dans un minibus prévus pour 9. Le chauffeur nous explique que le trajet devrait durer 3h ou 3h30 … pour faire 80 Km. Je vous laisse imaginer l'état des routes. Le point positif, c'est que ça ne coûte que 10 000 Rp (1 euro) !!! Ce minibus se transforme en car de ramassage scolaire quand, à une trentaine de kilomètres de l'arrivée, des gamins en uniformes grimpent sur le toit pour rentrer de l'école !!! Entassés comme des sardines, la proximité favorise les contacts. Nous faisons la connaissance d'Erwin, un indonésien dont la femme et le fils habitent à Medan et qui est … guide à Bukit Lawang ! Méfiant par habitude, nous ne nous jetons pas tout de suite sur l'occasion. Mais au bout de 3h, après avoir discuté de tout et de rien, nous avons un feeling et nous acceptons son offre. Il nous invite chez lui pour le déjeuner, le temps d'attraper ses affaires et d'aller acheter nos pass pour le park national. Nous grimpons tous les 3 avec le chauffeur sur une mobylette convertie en side-car pour aller aux portes de la jungle. Nous traversons un pont de singe et … en route pour l'aventure !
Une ballade dans la jungle ressemble à première vue à une ballade dans une forêt un peu touffue. Au bout de 15 secondes et après avoir sué quelques litres, on sent mieux la différence : environ 200% d'humidité, des plantes très attachantes et une faune démesurée. Ca ne semble pas déranger notre guide qui marche allégrement, sans une goutte de sueur et surtout, sans chaussures !!! Nous marchons quelques heures et, après s'être cassé la gueule un certain nombre de fois, en glissant tantôt sur des racines, des pierres couvertes de mousses, ou tout simplement le sol un peu boueux, nous arrivons au premier campement. Quelques bambous et une bâche posée dessus font office de tente. Le tout au bord d'une petite rivière : le paradis en quelques sortes ! Nous faisons la connaissance d’Adi, un ami de notre guide qui a emprunté quelques chemins de traverse pour venir nous ravitailler. Notre chargé logistique est accompagné de son fils, 13 ans, futur guide selon toute vraisemblance ! Nous sommes les seuls à avoir l'air fatigué, à souffler et à suer comme des bœufs. Elle est belle la jeunesse occidentale !
Un petit plouf dans la rivière nous remet d'aplomb ! Notre guide nous appelle pour le thé. Pas de soucis, l'eau vient de la rivière. Autant s'y habituer ! Pendant ce temps, Adi s'affaire au fourneau pour nous préparer un véritable festin à la mode indésienne. Nasi Goreng accompagné d'un cari de légumes et de deux autres plats assez indescriptibles, mais très bon, à base de poissons et de piments… Puis, la nuit et l'orage arrivant, nous nous installons sous la tente pour une petite partie de cartes. Le sommeil ne tarde pas à nous rattraper et nous nous endormons comme des bébés, au milieu de tous ces bruits assez inquiétants.
Après une bonne nuit, presque complète, nous sommes prêt à attaquer une nouvelle journée de trek. Un brin de toilette dans la rivière. Un petit tour dans la jungle, à la recherche d'un coin tranquille. Alors que je suis accroupi, à méditer, je vois passer, l'air de rien, un scorpion noir plus gros que ma main (et j'ai de très grandes mains). Certainement embarrassé de m'interrompre dans ce moment d'intimité, il s'éloigne discrètement. Une chose est sûre, c'est bien plus efficace que l'Imodium. Heureusement, un p'tit déj' de compet' me remet de mes émotions. Notre guide à une recette de pancake à la banane qui mériterait quelques étoiles dans le Michelin.
Pour gagner du temps, on s'habille avec des affaires mouillées. Au bout de quelques minutes, y a pas grande différence. Nous laissons Adi et nous suivons notre guide qui a décidé de partir pied nus dans la rivière, juste après nous avoir montré un joli serpent qui nagait par là. Nous regrettons les sentiers boueux de la veille et nos vielles chaussures qui finalement ne tiennent pas si mal la route. Mais le décor est époustouflant et suffit à nous faire oublier les chutes récurrentes.
Un peu plus tard dans la matinée, nous apercevons quelques gibons qui se baladent de branche en branche. Le spectacle est magnifique, jusqu'au moment où toute cette horde de gibons commence à s'approcher de nous, de manière un peu agressive, certainement à cause du parfum subtil que dégagent nos sacs : biscuits, bananes et autres fruits … Nous en rescapons indemne, content d'avoir pu les voir de très, très prêt (même si sur le moment, nous n'étions pas très fier !!!). Nous continuons notre trek. Ça monte, ça descend pour remonter ensuite … La vie est un éternel recommencement !
Nous arrivons enfin à notre campement, où nous attend une maman Orang Outan avec son petit. Nous l'observons. La ressemblance avec les humains est frappante. On dirait un vieil Irlandais … Tout aussi roux, mais en plus poilus. La glace est brisée. Nous entamons la discussion … Apparemment, elle a réservé le gîte. Même dans la jungle, le premier arrivé est le premier servi. Nous partons donc à la recherche d'un autre camp, non sans s'être serré la main en guise d'adieu. Différence de culture, ici, on ne se fait pas la bise.
Second campement, même confort, au bord d'une rivière, mais nettement plus boueuse que la veille. Nous posons nos affaires et attrapons nos maillots de bains. Erwin nous conduit à la piscine : une cascade qui se jette dans un bassin suffisamment profond pour nager, au milieu de la jungle, des lianes, des racines, des arbres et de leurs milliers de feuilles qui laissent à peine passer la lumière du jour. Un régal : l'eau est clair et à température idéale.
Nous rentrons au camp pour le thé. Adi prépare le repas. Il nous propose une descente en rafting pour le lendemain. Nous acceptons. Nous croisons quelques autochtones, qui travaillent dans les plantations d'hévéas avoisinantes (nous sommes juste à la limite du parc national). Tout aussi pied nus. Certains uniquement vêtus d'un ravissant slip usé jusqu'à la corde. Une machette à la main. Malheureusement, ils ne parlent que le Bahasa Indonesia, ce qui limite la conversation. Il leur faut environ 2h30, en marchant vite, pour aller ou rentrer du travail !
Nous nous posons sous la tente pour une partie de carte. La pluie tombe violement, mais sous la bâche, nous sommes presque au sec. La partie finie, nous nous glissons dans nos sacs a viande pour dormir. Extinction des feux.
Soudain, un gros bruit. Aussi soudain qu'indescriptible. Erwin allume sa torche (électrique) et la dirige vers la rivière. Le niveau de celle-ci vient de monter d'un mètre en quelques secondes ! Notre guide semble confiant dans les deux derniers mètres qui nous séparent encore du niveau de l'eau. Nous sommes nettement moins rassuré, surtout qu'en 2003, la moitié du village de Bukit Lawang fut détruite et presque 300 personnes sont mortes … à cause d'une crue brutale ! Erwin veille, nous nous endormons et nous réveillons le matin, les pieds au sec : plutôt bon signe. Un petit tour à la piscine, une petite ballade, un déjeuner. Nous profitons de nos dernières heures dans la jungle. Adi arrive avec le raft : 3 chambres à air de tracteur attachées ensemble. Pas de casques, ni de gilet. Les normes de sécurité sont un peu plus laxistes ici (ou elles sont trop sévères en France … au choix !)
Nous mettons nos sacs dans des sacs-poubelles et nous les ficelons sur le rafiot. Les chambres à air semblent résister à notre poids et aux chocs avec les rochers. La descente est amusante et assez mouillante. Nous faisons une petite halte au centre de quarantaine. On y soigne les Orang–Outans. Ceux-ci sont nettement moins fun que ceux dans la jungle. Ca nous attriste un peu de les voir complètement prostrés.
La descente se termine à Bukit Lawang, au milieu des pelles mécaniques qui déblaient encore la rivière depuis la fameuse crue de 2003. Elles ont la gentillesse de lever leur godet pour nous faciliter le passage. Mon appareil photo étant au sec dans mon sac (j'espère), je ne peux pas vous ramener d'images de cette scène assez atypique.
Nous arrivons à Bukit Lawang. Le temps de ce changer et nous partons à la recherche d'un minibus pour rentrer à Medan. Erwin nous accompagne car il va retrouver sa femme et son fils qui vivent là-bas. Le minibus est pire qu'à l'aller. Ça commence par un pneu à plat, puis un essuie glace qui s'arrache alors qu'il pleut des cordes. On descend. On monte dans un autre bus. C'est cool d'avoir Erwin avec nous pour traduire la situation !
Nous finissons par arriver à Medan où nous retrouvons Budi et son épouse qui nous conduisent à une guest house où nous passons la nuit. Réveil matinal, petit déj en vitesse. On file à l'aéroport … à pied ! C'est la première fois que ça m'arrive !
Nous arrivons à Kuala Lumpur. Le temps de me changer et de prendre une douche (plutôt l'inverse) … je grignote une connerie et je cours pour arriver à l'heure au boulot !
Rendez-vous samedi à 6h du mat' à KL Sentral avec Arthur, un français en stage chez Lafarge, pour prendre le bus pour l'aéroport. Embarquement. Comme d'hab', les issues de secours se situent à l'arrière, au milieu et à l'avant de l'appareil et en cas de dépressurisation de la cabine, des masques à oxygène tomberont devant notre gueule. Les gilets de sauvetages sont situés sous nos siéges. C'est rassurant !
Une dizaine de minutes avant d'être parti de KL, nous arrivons à Medan (décalage horaire), sans incident majeur. À la sortie de l'aéroport, une pancarte avec mon nom !?! Une des personnes avec qui je travaille est originaire de Medan et il a demandé à sa femme de me récupérer à l'aéroport. Royal ! Elle nous conduit à la gare de bus, ce qui nous évite de longues heures de négociations sur le prix de la course avec les chauffeurs de taxi. En chemin, nous avons droit à toutes les recommandations habituelles. On a droit à : « l'Indonésie est un pays dangereux », au classique : « Mettez vos sous dans différentes poches » et même au plus enfantin : « Ne parlez pas aux inconnus ». Ce dernier risque d'être plus difficile à suivre … l'esprit maternel est universel.
Pour rejoindre Bukit Lawang, nous montons avec une vingtaine d'inconnus, dans un minibus prévus pour 9. Le chauffeur nous explique que le trajet devrait durer 3h ou 3h30 … pour faire 80 Km. Je vous laisse imaginer l'état des routes. Le point positif, c'est que ça ne coûte que 10 000 Rp (1 euro) !!! Ce minibus se transforme en car de ramassage scolaire quand, à une trentaine de kilomètres de l'arrivée, des gamins en uniformes grimpent sur le toit pour rentrer de l'école !!! Entassés comme des sardines, la proximité favorise les contacts. Nous faisons la connaissance d'Erwin, un indonésien dont la femme et le fils habitent à Medan et qui est … guide à Bukit Lawang ! Méfiant par habitude, nous ne nous jetons pas tout de suite sur l'occasion. Mais au bout de 3h, après avoir discuté de tout et de rien, nous avons un feeling et nous acceptons son offre. Il nous invite chez lui pour le déjeuner, le temps d'attraper ses affaires et d'aller acheter nos pass pour le park national. Nous grimpons tous les 3 avec le chauffeur sur une mobylette convertie en side-car pour aller aux portes de la jungle. Nous traversons un pont de singe et … en route pour l'aventure !
Une ballade dans la jungle ressemble à première vue à une ballade dans une forêt un peu touffue. Au bout de 15 secondes et après avoir sué quelques litres, on sent mieux la différence : environ 200% d'humidité, des plantes très attachantes et une faune démesurée. Ca ne semble pas déranger notre guide qui marche allégrement, sans une goutte de sueur et surtout, sans chaussures !!! Nous marchons quelques heures et, après s'être cassé la gueule un certain nombre de fois, en glissant tantôt sur des racines, des pierres couvertes de mousses, ou tout simplement le sol un peu boueux, nous arrivons au premier campement. Quelques bambous et une bâche posée dessus font office de tente. Le tout au bord d'une petite rivière : le paradis en quelques sortes ! Nous faisons la connaissance d’Adi, un ami de notre guide qui a emprunté quelques chemins de traverse pour venir nous ravitailler. Notre chargé logistique est accompagné de son fils, 13 ans, futur guide selon toute vraisemblance ! Nous sommes les seuls à avoir l'air fatigué, à souffler et à suer comme des bœufs. Elle est belle la jeunesse occidentale !
Un petit plouf dans la rivière nous remet d'aplomb ! Notre guide nous appelle pour le thé. Pas de soucis, l'eau vient de la rivière. Autant s'y habituer ! Pendant ce temps, Adi s'affaire au fourneau pour nous préparer un véritable festin à la mode indésienne. Nasi Goreng accompagné d'un cari de légumes et de deux autres plats assez indescriptibles, mais très bon, à base de poissons et de piments… Puis, la nuit et l'orage arrivant, nous nous installons sous la tente pour une petite partie de cartes. Le sommeil ne tarde pas à nous rattraper et nous nous endormons comme des bébés, au milieu de tous ces bruits assez inquiétants.
Après une bonne nuit, presque complète, nous sommes prêt à attaquer une nouvelle journée de trek. Un brin de toilette dans la rivière. Un petit tour dans la jungle, à la recherche d'un coin tranquille. Alors que je suis accroupi, à méditer, je vois passer, l'air de rien, un scorpion noir plus gros que ma main (et j'ai de très grandes mains). Certainement embarrassé de m'interrompre dans ce moment d'intimité, il s'éloigne discrètement. Une chose est sûre, c'est bien plus efficace que l'Imodium. Heureusement, un p'tit déj' de compet' me remet de mes émotions. Notre guide à une recette de pancake à la banane qui mériterait quelques étoiles dans le Michelin.
Pour gagner du temps, on s'habille avec des affaires mouillées. Au bout de quelques minutes, y a pas grande différence. Nous laissons Adi et nous suivons notre guide qui a décidé de partir pied nus dans la rivière, juste après nous avoir montré un joli serpent qui nagait par là. Nous regrettons les sentiers boueux de la veille et nos vielles chaussures qui finalement ne tiennent pas si mal la route. Mais le décor est époustouflant et suffit à nous faire oublier les chutes récurrentes.
Un peu plus tard dans la matinée, nous apercevons quelques gibons qui se baladent de branche en branche. Le spectacle est magnifique, jusqu'au moment où toute cette horde de gibons commence à s'approcher de nous, de manière un peu agressive, certainement à cause du parfum subtil que dégagent nos sacs : biscuits, bananes et autres fruits … Nous en rescapons indemne, content d'avoir pu les voir de très, très prêt (même si sur le moment, nous n'étions pas très fier !!!). Nous continuons notre trek. Ça monte, ça descend pour remonter ensuite … La vie est un éternel recommencement !
Nous arrivons enfin à notre campement, où nous attend une maman Orang Outan avec son petit. Nous l'observons. La ressemblance avec les humains est frappante. On dirait un vieil Irlandais … Tout aussi roux, mais en plus poilus. La glace est brisée. Nous entamons la discussion … Apparemment, elle a réservé le gîte. Même dans la jungle, le premier arrivé est le premier servi. Nous partons donc à la recherche d'un autre camp, non sans s'être serré la main en guise d'adieu. Différence de culture, ici, on ne se fait pas la bise.
Second campement, même confort, au bord d'une rivière, mais nettement plus boueuse que la veille. Nous posons nos affaires et attrapons nos maillots de bains. Erwin nous conduit à la piscine : une cascade qui se jette dans un bassin suffisamment profond pour nager, au milieu de la jungle, des lianes, des racines, des arbres et de leurs milliers de feuilles qui laissent à peine passer la lumière du jour. Un régal : l'eau est clair et à température idéale.
Nous rentrons au camp pour le thé. Adi prépare le repas. Il nous propose une descente en rafting pour le lendemain. Nous acceptons. Nous croisons quelques autochtones, qui travaillent dans les plantations d'hévéas avoisinantes (nous sommes juste à la limite du parc national). Tout aussi pied nus. Certains uniquement vêtus d'un ravissant slip usé jusqu'à la corde. Une machette à la main. Malheureusement, ils ne parlent que le Bahasa Indonesia, ce qui limite la conversation. Il leur faut environ 2h30, en marchant vite, pour aller ou rentrer du travail !
Nous nous posons sous la tente pour une partie de carte. La pluie tombe violement, mais sous la bâche, nous sommes presque au sec. La partie finie, nous nous glissons dans nos sacs a viande pour dormir. Extinction des feux.
Soudain, un gros bruit. Aussi soudain qu'indescriptible. Erwin allume sa torche (électrique) et la dirige vers la rivière. Le niveau de celle-ci vient de monter d'un mètre en quelques secondes ! Notre guide semble confiant dans les deux derniers mètres qui nous séparent encore du niveau de l'eau. Nous sommes nettement moins rassuré, surtout qu'en 2003, la moitié du village de Bukit Lawang fut détruite et presque 300 personnes sont mortes … à cause d'une crue brutale ! Erwin veille, nous nous endormons et nous réveillons le matin, les pieds au sec : plutôt bon signe. Un petit tour à la piscine, une petite ballade, un déjeuner. Nous profitons de nos dernières heures dans la jungle. Adi arrive avec le raft : 3 chambres à air de tracteur attachées ensemble. Pas de casques, ni de gilet. Les normes de sécurité sont un peu plus laxistes ici (ou elles sont trop sévères en France … au choix !)
Nous mettons nos sacs dans des sacs-poubelles et nous les ficelons sur le rafiot. Les chambres à air semblent résister à notre poids et aux chocs avec les rochers. La descente est amusante et assez mouillante. Nous faisons une petite halte au centre de quarantaine. On y soigne les Orang–Outans. Ceux-ci sont nettement moins fun que ceux dans la jungle. Ca nous attriste un peu de les voir complètement prostrés.
La descente se termine à Bukit Lawang, au milieu des pelles mécaniques qui déblaient encore la rivière depuis la fameuse crue de 2003. Elles ont la gentillesse de lever leur godet pour nous faciliter le passage. Mon appareil photo étant au sec dans mon sac (j'espère), je ne peux pas vous ramener d'images de cette scène assez atypique.
Nous arrivons à Bukit Lawang. Le temps de ce changer et nous partons à la recherche d'un minibus pour rentrer à Medan. Erwin nous accompagne car il va retrouver sa femme et son fils qui vivent là-bas. Le minibus est pire qu'à l'aller. Ça commence par un pneu à plat, puis un essuie glace qui s'arrache alors qu'il pleut des cordes. On descend. On monte dans un autre bus. C'est cool d'avoir Erwin avec nous pour traduire la situation !
Nous finissons par arriver à Medan où nous retrouvons Budi et son épouse qui nous conduisent à une guest house où nous passons la nuit. Réveil matinal, petit déj en vitesse. On file à l'aéroport … à pied ! C'est la première fois que ça m'arrive !
Nous arrivons à Kuala Lumpur. Le temps de me changer et de prendre une douche (plutôt l'inverse) … je grignote une connerie et je cours pour arriver à l'heure au boulot !
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